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ORSEILLE.

ORSEILLE.

et dans le cours meme de cet article. Nous dirons seu-lement que le travail du tour consiste à couper la plaquede la grandeur et de la forme convenables ; à la placersur le tour, sur un mandrin en bois, et, à l’aide d’unbrunissoir en acier poli et trempé dont le manche faitlevier en s’appuyant contre une cheville placée dans untrou dont on est libre de varier la position, à forcer laplaque à s’adapter exactement sur toutes les parties dumandrin. En changeant de mandrin plusieurs fois, onobtient la forme voulue. Il faut recuire la pièce toutesles fois qu’elle en a besoin , afin qu’elle puisse se ra-mollir au point de suivre toutes les dépressions et ren-flements du mandrin ou moule sur lequel on l’applique.A l’emploi du tour circulaire, on peut joindre aussil’emploi du tour ovale, machine ingénieuse dont laplate-forme en cuivre jaune offre au milieu une piècelongue à coulisse, en acier, qui, se décentrant à chaqueinstant par l’effet du va-et-vient que son propre poidslui imprime, donne le moyen de tourner les ovales desplus grandes dimensions, et de faire les plateaux, lesplats, etc. Les diverses pièces sont soudées entre elles,et les pieds, les anses, sont attachés par des écrous; desbâtes, c’est-à-dire des cercles de renfort ornés ou nonornés, sont placés à tous les endroits sujets à être fati-gués. Le fabricant reconnaîtra d’ailleurs que chaquefois que les pièces additionnelles seront nécessairespqur obtenir la solidité des objets produits, elles serontaussi indiquées par les principes de l’art et du bongOÛt. BARftAL.

ORPIMENT. Sulfure jaune d’arsenic. Voyez ar-senic.

ORSEILLE. On donne le nom d T orstille à une ma-tière colorante obtenue par l’action simultanée de l’air,de l’humidité et de l'ammoniaque, sur plusieurs varié-tés de lichens : le nom d’orseille est du reste .donnéaussi aux lichens qui servent à la préparatiou de la ma-tière colorante. La couleur de l’orseiUe est généralementviolette, susceptible d’ailleurs d’être modiliée, commetoutes les couleurs végétales, par les acid«3 et les alca-lis. Ses tèintes vives et éclatantes la font rechercherpour certaines teintures, et son emploi a pris depuisquelques années une assez grande extension. L’avan-tage que présente cette matière colorante est de fournirii bon marché des couleurs qui flattent l’œil, mais quimalheureusement manquent de solidité ; et la causepeut-être (suivant Cocq) qui a donné une certaine im-portance à sa fabrication en Auvergne et dans le Midi ,c’est de procurer aux habitants de ces contrées le moyende teiudre en belle couleur les étoffes grossières dont ilsfout leurs vêtements journaliers.

Historique. On employait déjà en teinture, du tempsdes Romains, l’orseille et les lichens, car Pline en faitmention. On croyait alors que la couleur de pourpreDrovenait des lichens qui lui servent de nourriture.

Après l’extinction de l’empire romain, on perdit enteinture l’usage de l’orseille. Au commencement duquatorzième siècle, un Florentin de race allemande,nommée Federigo, qui avait découvert par hasard dansle Levant ses propriétés tinctoriales, en introduisit l’u-sage à Florence , et acquit par là une si grande fortunequ’il devint le chef d’une famille puissante qui prit lenom d’Oricellarii (plus tard RucellariietRucellui). Pen-dant plus d’un siècle, l’Italie produisit exclusivementl’orseille; on la recueillait sur les côtes et les îles dela Méditerranée.

Depuis 1402 on tira en grande partie les lichens àorseille des îles Canaries et plus tard aussi du Cap-Vert . Les orseilles préparées avec ces derniers présen-tent pour les teinturiers de laiuo eu flottes un avan-tage, c’est que les brins du lichen s’attachent moins àla laine que les lichens des Canaries , sans pour celaêtre plus riches en couleur, au contraire, on les tromcmoins riches.

Sur les côtes de Suède, d’Ecosse, d’Irlande, du paysde Galles , les habitants emploient depuis un tempsimmémorial le lichen pour teindre en rouge.

La fabrication de l’orseiUe est restée bien longtempssoumise à un véritable empirisme; c’est en 1812 seule-ment que M. Cocq, commissaire des poudres et sal-pêtres à Paris , publia (1) sur la matière un mémoireintéressant, dans lequel il dit n’avoir obtenu qu’avec lesplus grandes difficultés des détails sur les manipulationsauxquelles sout soumis les lichens, los fabricants d’orseille cachant avec un soin extrême les opérations doleurs ateliers. M. Cocq regarde avec raison cette con-naissance imparfaite des procédés suivis, commelacauseimmédiate du peu de progrès que la science a fait faireà ce genre de travail. Cette réflexion de M. Cocq noserait pas, jusqu’à un certain point, déplacée aujour-d’hui, car depuis la publication de son mémoire, en1812 jusqu’en 1829, la théorie de la fabrication ne fitaucun pas. Ou était encore dans l’ignoniuce la pluscomplète sur la nature de la matière colorante, lorsqueRobiquet vint soumettre l’étude des lichens à ses sa-vantes investigations (2).

Robiquet isola d’uu lichen, ou mieux d’une vnriolaire[variolaria dealbata ), un principe immédiat qui se pré-sente sous l’aspect d’une matière blanche, cristalline,soluble dans l’eau , et auquel il donne le nom d’orrinr.Cette orcinc étant imprégnée d’ammoniaque, si on laplace sons une cloche remplie d’oxygène, sa couleurdevient fauve et ensuite violet foncé, sa dissolutionfournissant une très belle teinte rouge viofacée. Maiscette orciue ne peut pas être considérée comme un prin-cipe colorant, car dans un travail particulier (•!; Robi-quet reconnut que cette orcine se transformait, sousl’influence de l’ammoniaquo, en une substance brune,insoluble dans l’eau, qu’il considère comme le principecolorant de l’orseille, auquel il a donné le nom d’or-céinti.

Rien que Robiquet indique la présence simultanée dol’air, de l’humidité et de l'ammoniaque, comme néee -saire à la coloration de l’orcine, il pense que l’ammo-niaque exerce la plus grande part dans cette transfor-mation; et, suivant lui, ce n’est pas en se combinanta\ec l’orcine, comme il pourrait le faire avec un acide,qu’agit cet alcali, mais par suite de la fixation doseséléments , et il fait observer que de tous les alca-lis, l’ammoniaque seule exerce cette action sur l’or-cine.

M. Schuncke, en évaporant la liqueur de couleurverdâtre provenant de l'action de l’éther sur les lichensconturés, a obtenu, par le refroidissement, de petitscristaux verdâtres M. Schuncke a donné à ce produitle nom de lécanorine\ elle est insoluble dans l’eau, peusoluble dans l’alcool froid, soluble dans l’éther etl’acid* acétique. Sous l’influence des alcalis et de lachaleur, la lécanonne se transforme on acide carbo-nique et en orcine.

Cela posé, disons d’abord quelques mots des lichensemployés à la fabrication de l’orscille, et auxquels oudonne très souveut, mais improprement, le nom d’or-seilie.

On distingue dans le commerce plusieurs espècesd’orseille, et notamment celle dite des iles et celle con-nue sous le nom à’orseille de terre. La première, qui estla plus estimée et la plus chère, nous vient des Canaries et du Cap-Vert; on en reçoit aussi d’Angola, de Ma-dagascar , des Açores , de Madère, de la Corse et dela Sardaigne . Bertholiet rapporte cette espèce au li-chen rocella, dont les botanistes distinguent plusieursvariétés. La seconde se récolte sur nos montagnes

(D Annales de Chimie, tome LXXXI.

(2) Annales de Chimie et de Physique, t. XL1I, 2* série.

(3) Annales de Chimie et de Physique, t. LV111, 2* séné.