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OUSEILLE.

OUSEILLE.

d'Auvergne, des Alpes, des Pyrénées et de la Lo-zère .

Tous les documents recueillis jusqu’à ce jour sem-blent démontrer que l’orseille est principalement com-posée de vaviolaires, et le nom de pareils, que lui don-nent en France tous ceux qui s’occupent de sa récolte,n pu induire en erreur et faire attribuer l’orseille aulichen parella; mais il n’en est rien, la ressemblancedes noms est la cause de la confusion qu’on a pu faire,du moins c’est là l’opinion de Cocq, opinion que Ko-biquet n’a pas coutredite.

Nous pensons qu’il n’est pas inutile d’entrer ici dansquelques détails intéressants donnés par Cocq.

Le lichen qui produit l’orseille se trouve sous leslaves volcaniques, où toutes les pierres bouleverséesprésentent diverses surfaces à tous les aspects, et per-mettent au lichen de choisir la position qui convient lemieux à son accroissement, tandis que les sels contenusdans les laves contril uent suns doute au développementde ses parties.

Tous les lichens, semblables en apparence, végétantsur la même pierre, confondus sur le même mamelon,ne possèdent pas les mêmes principes colorants, desorte que l’orseille qu’on vient vendre aux fabricantsse trouve composée d’un certain nombre de crypto-games dont on ignore les qualités tinctoriales indivi-duelles, et souvent sans qu’on puisse savoir, par con-séquent, quels sont les plus favorables ou les plusnuisibles. On assure même que les ouvriers chargésde cette récolte les mélangent à dessein pour augmen-ter leur bénéfice, et ils le peuvent impunément, puis-que ceux qui les payent ne savent pas précisémentquelles sont les espèces auxquelles il doivent accorderla préférence.

Nous pensons que ees diverses considérations, émisestant par Cocq que Robiquet dans leurs mémoires, ontdû éveiller, au moins pour ce qui se passe eu France ,l’attention des intéressés, qui doivent être probable-ment plus à même de reconnaître les meilleures qua-lités des lichens qu’on leur présente.

La variolaria orcina a donné à M. Cocq la belle etvive couleur amarante que les teinturiers d’Auvergne on tirent. Ce lichen, constamment et exclusivementnommé parelle t reçoit en outre divers surnoms suivantles divers états où on la trouve. Par exemple, on lanomme corenne quand elle se rencontre sur le granit;alors elle est plus lisse, moins fendillée, et ses glomé-rules fructifères sont moins proéminents. Les ouvriersassurent que cette variété fournit une couleur plus vive,mais elle est rare dans ce pays-ci.

On trouve plus communément la parelle sur les la-ves, et l’on nomme pucelle celle qui est recueillie pourla première fois ; la parelle maîtresse est celle qui a pristout son accroissement, et qu’on ne récolte qu’aprèscinq ou six ans de végétation.

Les hommes qui s’occupent de récolter les lichens enFrance , le3 râclent sur les rochers au moyen d’un cou-teau à lame mince d’une forme particulière. Ils pré-fèrent pour se livrer à ce travail un temps de pluie,parce que le lichen est arraché plus facilement. Laquantité qu’ils récoltent peut s’élever à 2 küogr. parjour. Les fabricants d’orseille à qui ils présentent àacheter le fruit de leur récolte, soumettent un échantil-lon de ces lichens à un essai pour apprécier leur qua-lité. Pour cela, ils en mettent un peu dans un verrecontenant de l’urine avec une petite addition dechaux.

Lorsque les parelles sont mouillées, ce qui arrived’autant plus souvent que les récoltes se font plus fa-cilement par un temps de pluie, il est nécessaire deles* faire sécher pour les conserver saines et les pré-server de la fermentation qui altère singulièrementleu rs qualités tinctoriales ‘ r pour cela, on les éteud dans

un grenier bien aéré en couches qui ont 5 à b centi-mètres d’épaisseur au plus. Ainsi séchées elles sc con-servent bien; on prétend cependant qu’au printempselles éprouvent encore une réaction sensible. C’est dc&soins qu’on met à les conserver que dépendent les ré-sultats de la fabrication de l’orseille.

Les licheus du Cap-Vert et des Canaries offrent degrandes difficultés dans leur récolte, les roohers surlesquels ils croissent ayant leurs pieds baignés par lamer. Les hommes qui s’occupent deoe travail plantentau sommet des roches l’extrémité d’une corde à noeuds,à laquelle ils se suspendent comme les badigeon ncursde Paris pour aller cueillir les plantes qui croissent surles parois.

Les lichens récoltés d’une manière ou d’une autresont toujours mêlés avec de la mousse qu’il est facilede séparer; pour cela on les place en lits de peu d’é-paisseur, et on passe sur eux des étoffes de laine àlopgs poils après laquelle la mousse s’attache.

Depuis nombre d’années les lichens de France nesont plus employés dans la fabrication de l’orseille, à>cause de leur faible richesse en matière colorante.Longtemps on a employé presque exclusivement leslichens des Canaries et du Cap-Vert , mais depuisquinze ans ces lichens ne sont plus employés, leurqualité ayant singulièrement dégénéré; on attribue-cette infériorité à la trop grande fréquence des récol-tes, qui ne permettait pas aux plantes d’arriver à undéveloppement désirable. C’est depuis cette décadencequ’on tire d’Angola et de Madagascar toute l’orseilluqu’on travaille en France ; les lichens qui arrivent dece pays retiennent à leurs extrémités, non pas de pe-tits cailloux, mais de petits morceaux de bois, ce quidonne à penser qu r on les récolte sur de3 arbres ou desronces au lieu de rochers. Taylor dit qu’en Angleterreon fait aussi usage des lichens de Barbarie et du paysde Galles . ,

Leuchs, dans son Traité des Matières tinctoriales, in-dique comme étant employés de préférence à la fabri-cation de l’orseille les lichens suivants : le parella ro-cella , le lichen tartareus, et la cariolaria oroina; ilajoute qu’on peut cependant employer aussi les lichenssuivants : pellttus, calcarius , jufoafu*, farinaceus , lac-teus t muscorum , omphaIodes, impressu s, parella prunas-tri , caparatus , deustus, bacomyces cocciferus, argenlata,parella saxatilis.

Cocq conseille aux fabricants d’orseille d’user, avantla mise en fabrication, de la précaution suivante pourdébarrasser les lichens des parties terreuses qu’ils ren-ferment toujours en plus ou moins grande quantité,c'est de les laver dans l'urine ou de l’alcali volatilétendu, suivant qu’on emploie l’un ou l’autre de cosliquides dans le travail. De cette manière l’orseille fa-briquée est tout à fait débarrassée de matières ter-reuses qui ne peuvent que nuire à son emploi dans lateinture. C’est surtout pour les lichens réooltés euFrance qu’il donne ce conseil, et il prétend qu’aveccette précaution les lichens de notre pays valent toutautant que celui des îles.

Fabrication. Nous avons maintenant à parler desprocédés de fabrication de l’orseille; nous ne pour-rons donner à cet égard tous les détails qu’on pour-rait désirer sur ce sujçt; car aujourd’hui, comme en4842, époque à laquelle Cocq écrivait son mémoire,les fabricants ne tiennent pas le moins du mondeà faire connaître les détails de leur travail, dans lacrainte plus ou moins fondée de livrer à leurs, con-currents, présents ou futurs, les perfectionnementsqu’ils peuvent avoir apportés dans les procédés de fa-brication.

Ce qui est positif c’est qu’on place dans dos auges,appelées barques par les gens du métier, les lichens etl’urine ou l’alcali volatil, de mauière que les plantes