Band 
G-Z.
JPEG-Download
 

0RSE1LLE.

ORSE1LLE.

soient baignées dans le liquide. Voici ce que nous in* |cliquent les anciens auteurs sur le travail à l’urine. Onmet 400 kilogr. de lichen bien propre et débarrassé,autant que possible, de substances étrangères, daus unebarque dont la dimension est ordinairement de 2 mè-tres de long sur 6 à 7 de profondeur ; sa largeur aufond étant de 4 décimètres ; un couvercle la ferme assezexactement; on arrose avec 420 kilogr. environ d'urine.Pendant deux jours et deux nuits, on remue, on brassej le mélange toutes les 2 à 3 heures ; les caisses étantfermées exactement dans l’intervalle. Le troisième jourde l’opération on ajoute au mélange 5 kilogr. de chaux,

4 25 grammes d'acide arsénieux et autant d’alun. Pourrendre bieu intime le mélange de l’urine et des matièresajoutées, on relève les plantes de chaque côté pour lesreplacer après l’introduction des ingrédients.

Une fermentation, qui n’est probablement autrechose que le dégagement de l’ammoniaque de l’urineproduit par la chaux, ne tarde pas à se manifester, çt,à ce moment, il faut brasser la matière avec beaucoupde soin. Pour rendre le brassage facile on ne remplitles caisses qu’à moitié. Si la fermentation (toujoursen supposant ce uom bien applicable ici ) est prompteles brassages doivent se succéder de demi-heure eudemi-heure ; si elle est lente, c’est d’heure en heure,mais toujours de manière à empêcher la formationd’une croûte à la surface.

Après 48 heures cette fermentation éprouve un ra-lentissement; on lui rend une certaine activité en ajou-tant alors 4 kilogramme de chaux, et on brasse d’au-tant moins souvent que la fermentation se ralentit da-vantage. On laisse ainsi passer quinze jours, puis onne brasse plus que de 6 heures en 6 heures. Au boutde vingt-trois jours toute l’intensité de couleur est ob-tenue. En général, l’opération dure trois semainesquand les plantes sont de qualité médiocre, et unmois lorsqu’elles sont très bien choisies.

L’orseille en pâte n’est autie chose que la substancequi se trouve dans les caisses, substance résultant del’action réciproque des diverses matières mises en pré-sence; elle renferme nécessairement toute la partie li-gneuse, plus ou moins intacte, des lichens. Cette pâted’orseille est conservée dans des tonneaux; au boutd’un an elle a acquis son maximum de teintes, ce quiindique une continuation d’action ; à la troisième annéeelle s’altère.

D’après Taylor, quand l’orseille n’est pas assez rougeon ajoute 500 grammes d'alun par 50 kilogr. de pâte,ou un peu de nitrate d’étain ; mais si on veut la rendreplus bleue ou violette, on ajoute 500 grammes de po-tasse calcinée.

Voilà ce que nous pouvons indiquer sur le procédéde fabrication, lorsqu’on fait nsage d’urine. Disonsmaintenant quelques mots sur la théorie de cette opé-ration.

D’abord, il est de toute évidence que l’urine n’estemployée que comme matière première d’ammoniaque,que l’on fait dégager au moyen de la chaux ; maiscomme on emploie toujours un grand excès de chaux,cet excès ne peut manquer de devenir préjudiciable. Deplus, l’urine ne renferme pas seulement du carbonateet autres sels d’ammoniaque, elle contient encore d’au-tres substances salines et des matières organiques ; or,il n’est pas douteux que si quelques-uns de ces corpsétrangers à l’ammoniaque peuvent jouer un rôle utiledans la réaction (ce qui est encore, une hypothèse),d’autres doivent jouer un rôle secondaire, d’autres enfinnn rôle nuisible. En effet, les sels déliquescents querenferme l’urine doivent nécessairement se retrouverdans l’orseille ; de plus, l’urine contient des principesazotés putrescibles qui finiraient par entraîner, dansleur décomposition, toute la matière organique végé-tale, si on n’y prenait garde; c’est pour remédier à cet

inconvénient qu'on emploie do l’alun et de l’acide ar-sénieux; du moins c’est là l’opinion de Kobiquet. Etencore ces matières ne suffisent-elles pas toujours pourpréserver de la putréfaction ; aussi est-on quelquefoisobligé, pour la prévenir et l’arrêter, d’ajouter, à l’or-seille préparé, un peu d’oxyde rouge de mercure quiest un anti-putride très-puissant.

L’alun qu’on emploie dians cette fabrication se trouvenécessairement décomposé par les alcalis, de sorte quel'alumine précipitée et la chaux augmentent sans né-cessité le poids de l’orseille et absorbent en pure pertoune quantité notable de matière colorante.

Kobiquet pense, avec raison, qu’unf des fonctionsspéciales de l’ammoniaque, dans la fabrication del’crseiiic, est de saponifier les matières grasses ou ré-sinoïdes qui enveloppent le lichen et le rendent im-perméable. Ce savaut chimiste n’admet pas qu’unefermentation se manifeste dans l’opération; tout seborne, d’après lui, à une réduction qui est naturelle-ment plus prononcée et plus prompte lorsque la tem-pérature est plus élevée. On sait que le froid contrariole travail des fabricants d’orseille; on peut remédier àl’inconvénient d’une basse température en chauffantles ateliers contenant les barques. Si les fabricantsd’orseille devaient aujourd’hui travailler les lichensavec de l’urine, ils ne suivraient pas tous les erre-ments indiqués par les anciens auteurs, et se passe-raient entre autres choses de l'acide arsénieux et del’alun; nous n’eu voulons pas d’autres preuves quel’assertion de M. Ch. Mottet, un des bons fabricantsde Paris .

La théorie que nous venons d’exposer pour la fabri-cation de l’orseille, la seule d’ailleurs proposée, et parsuite admise aujourd’hui, indique évidemment quel’ammoniaque, ou l’alcali volatil, remplacerait trèsbien, avec avantage même, l’urine dans l’emploi qu’onen fait. L’urine, outre les inconvénients déjà cités, aencore celui de ne pas être d’une force régulière, etCocq conseille aux fabricants de ramener par l’évapo-ration les urines dont ils font usage a un degré con-stant, de manière que la dose à employer soit toujoursla même, ce qui éviterait nécessairement des tâtonne-ments et rendrait le travail plus normal.

L’ammoniaque n’a pas cet inconvénient, aussi Cocqa-t-il, dès 4842, insisté fortement pour son emploi;mais il paraît que ses conseils furent, sur ce point dumoins, longtemps dédaignés, car Kobiquet dit,.en4829, que l’emploi de l’alcali volatil n’a commencé às’introduire, dans la fabrication de l’orseillc, que de-puis quelques années.

La routine, le haut prix de l’alcali volatil ont d’a-bord empêché les fabriques d’orseille d’entrer dans cettevoie nouvelle; c’est depuis vingt ans environ que nosfabricants emploient des quantités considérables d’am-moniaque. L'alcali volatil leur donne des nuances plusvives et plus éclatantes; quelques-uns ont bien pré-tendu que les couleurs d’orsuillc fabriquées avec del’urine ont plus de fonds; et que le prix de l’alcalivolatil, si bas qu’il fût, ne serait pas pour eux unecause pour revenir entièrement à l’emploi de l’urine;mais les avis sont partagés, et la majorité des fabri-cants ainsi que la théorie donnent entièrement tortà l’urine. Du reste, des expériences directes donne-raient sans peine la solution de cette question, qui in-téresse la fabrication de l’orseiile; c’est aux fabricantséclairés qu’;l appartient de décider par des essais com-paratifs. La salubrité publique est, elle aussi, intéresséeà ce que tous les doute-* soient éclaircis, car la putré-faction de l’urine est la cause, pour le voisinage desfabriques d’orseille, d’émanations très incommodes,sinon malsaines, à tel point que, dans plusieurs Cir-constances, le conseil de salubrité de Paris a menacéles fabricants de la fermeture de leurs usines, s’ils per-