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OUTREMER.

OUTREMER.

OUTREMER {angl. et ail. ultramarin). Ou extraitcette couleur, qui possède uhe teinte bleue extrême-ment riche, du lapis-lazuli ou lazulite , miuéral assezrare qui nous arrive surtout de la Bucharic, par lavoie d’Orenbourg , et qui est composé, d’après War-rentrapp, de :

Silice. 45,40

Alumine. 31,67

Soude. 9,09

Acide sulfurique. 5,89

Soufre. 0,95

Chaux., 3,52

Fer. 0,52

Chlore. *.0,42

Eau. 0,12

97,92

Le lapis-lazuh se présente en masses peu volumi-neuses, dont la densité ~ 2,75 — 2,95, d’un bleu d’a-

zur très brillant, d’une texture grenue et légèrementlamelleusc. L’on y trouve presque toujours disséminésdes grains de pyrites d'un beau jaune d’or, qui, ressortant sur le fond bleu delà pierre, font un bel effet commeobjet d'ornement. Le lapis-lazuli fond au chalumeau eudonnant un émail blanc; sous l’influence des acides, ilperd également sa couleur et donne de la silice gélati -neuse.

On extrait l’outremer naturel employé en peinture,des échantillons de lapis-lazuli les moins beaux et lesmoins riches, de la manière suivante : oi) concassegrossièrement la pierre et on trie à la main tous lesmorceaux de gangue stérile que l’on rejette; on intro-duit le reste dans un creuset et on le*cbauffe au rougesombre, puis on l'étonne en le jetant encore rouge dansdu vinaigre, où on le laisse digérer plusieurs jours pourdissoudre la chaux mécaniquement mélangée. On por-phyrise alors avec soin le lapis-lazuli, et on l’incorporeavec son poids d’un mélange fondu composé de 8 par-ties de résine, 4 p. de cire vierge, 5 p. d’huile de lin et3 p. de poix de Bourgogne . On lave ensuite la pâte ainsiobtenue, dans de l’eau chauffée à 32“ environ, en la ma-laxant ; l>au sépare une partie de l’outremer, on décantel’eau et on laisse déposer la couleur. On traite le résidupar de nouvelles quantités d’eau, et on obtient ainri del'outremer de moins en moins brillant ; les dernièresportions sont d’un gris à peine teinté de bleu ; on les dé-signe sons le nom de cendres d'outremer. de lapis-la-zuli, valant actuellement environ 1 20 à 150 fr., donnede 500 à 600 grammes d’outremer et de cendres d’outre-mer, ce qui porte le prix de cette couleur à un tauxtrès élevé ; il a même été jusqu’à 1.500 francs les500 grammes.

La Société d’encouragement pour l'industrie natio-nale. ayant proposé un prix de 6.000 fr. pour un pro-cédé propre à donner de l’outremer artificiel ne coûtantpas plus de 200 fr. les 500 grammes, M. Guimet l’ob-tint, et parvint, dès 1827, à livrer au commerce un ou-tremer artinciel d'une teinte bleue magnifique, plus richeque celle du plus bel outremer, mais un peu violacée.Tout récemment, M. Courtial, fabricant à Grenelle, estparvenu à faire de l’outremer tout aussi beau que celuide M. Guimet, avec lequel il s’est associé depuis ; maisles procédés que suivent ces deux fabricants ont été te-nus secrets et ne sont pas connus.

M. Gmeliu et Robiquet ont fait également des re-cherches à ce sujet et ont publié leurs procédés, maisen suivant leurs prescriptions, l’outremer que l’on ob-tient a presque toujours une teinte verdâtre plus oumoins prononcée.

On fabrique actuellement en Allemagne , depuis quel-ques années, aux environs de Nuremberg , une grandequantité d’outremer artificiel pour les besoins du com-

merce. Nous allons en indiquer sommairement, d’aprèsM. Pruckner, les procédésdefabrication (Voir, pour plusde détails, la note que nous avons insérée dans les An -nales des mines, 4* série, tome VI, pages 493 et sui-vantes.) «

On prend de l’argile très alumineuse, aussi exemptede fer que possible, et grossièrement concassée avec unpilon de bois, que l’on met dans des cuves rectangulairesde 2“ de longueur sur 1 “ de largeur ; ou l’arrose d’eauet on l’abandonne à elle-même pendant quelques jours.Elle se délite et se réduit en bouillie, que l’on purifiepar lévigation et dépôt, de la même manière que dansles fabriques de porcelaine, pour en séparer le sable etles parties les plus grosses. On la conserve ensuite dansdes cuves placées sous un hangar couvert, à l’état d’unepâte molle, dont on détermine rigoureusemeut par unessai la teneur en argile sèche, chaque fois qu’on veuts’en servir pour la préparation de l’outremer.

D’un autre côté, on prend le sulfate de soude impur,résidu de la fabrication de l’acide hydrochlorique, on leconca-se en morceaux de 1 décimètre cube environ, quel’on plonge un instant dans l’eau, parce que l’expériencea prouvé que l’acide libre se dégage beaucoup plus aisé-ment d’un sel humide que d'un sel desséché ; puis on lescharge sur la sole d’un fourneau à réverbère, que l'onremplit presque jusqu’à la voûte, en disposant Lis mor-ceaux de telle sorte, que la flamme puisse circuler aisé-ment sur leurs faces. On chauffe graduellement jusqu’aurouge naissant, et jusqu’à ce que tout l’acide libre aitété expulsé. Le sel calciné est aussitôt pulvérisé au bo-card à sec ou entre des meules, en grains de la grosseurde ceux de la poudre de mine, et mélangé dans un ton-neau tournant sur son axe, avec du charbon et de lacbaux éteinte, dans les proportions suivantes :

Sulfate de soude. ..... 100 parties

Charbon de bois pulvérisé. . 33 —

Cbaux éteinte à l’air. ... 10 —

Ce mélange est introduit sur la sole d’un fourneau à ré-verbère et recouvert de 3 à 4 centimètres de chauxéteinte, que l'on tasse dessus avec une pelle de fer. Onferme alors toutes les portes du fourneau, et dès que lamasse est en pleine fusion, on la brasse vivement, en yrejetant quelques pelletées de charbon pulvérisé, puis onlaisse reposer quelque temps, jusqu’à ce qu’il ne se dé-gage plus de gaz enflamnpés de la surface du bain. Onpuise alors le sulfure de sodium avec des poches, et onle verse dans des* moules plats en fonte où il se so-lidifie.

On dissout dâns l’eau bouillante le sulfure de sodiummélangé de carbonate de soude ainsi obtenu, puis onlaisse clarifier la dissolution, à l’abri du contact de l’air,dans des cuves de dépôt, où elle abandonne du carbo-nate et uu peu de sulfate de chaux, souvent un peu desulfate de soude cristallise, qui est calciné et retraitécomme il vient d’être dit, et du charbon très divisé quine se dépose qu’au bout de quelques jours. Il est trèsimportant de laisser reposer le plus longtemps possible,parce que les moindres particules de charbon suffisentpour altérer le feu de Tontremer. On sature ensuite àchaud, cette dissolution décantée, avec du soufre réduiten poudre, et on la concentre par l’ébullition jusqu’à cequ’elle renferme 25 pour 100 de bi-sulfure de sodium sec ;elle a alors une densité d’environ 1,30 et marque 25° àl’aréomètre de Baumé. On emploie 40 à 50 parties desoufre par 100 parties de proto--ulfure de sodium fondu.Après avoir laissé la dissolution de sulfure de sodiumdéposer le léger excès de soufre qu’elle renferme, on latransvase dans de grandes cruches en verre, que l’onbouche avec soin, pour la préserver du contact de l’air,et pouvoir la conserver jusqu'au moment où on doitl’employer.

Les matières premières étant préparées, on procèdecomme il suit à la fabrication de l’outremer : on éva-