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OXALATES.

OXALATES.

pore jusqu’à consistance sirupeuse, dans une chaudièreplate en fonte, 50 kilogr. de la dissolution de sulfure desodium ci-dessus, puis on y ajoute une quantité d’arg lelavée, encore humide, correspondante à 12 kilogr. 1/2d’argile sèche, et on mélange»le tout aussi intimementque possible à l’aide d'une forte spatule en fer. Pendantque la masse se laisse encore brasser aisément, on yajoute, par petites portions, une dissolution de 150 gr.de sulfate de fer cristall sé, complètement exempt decuivre, et on mélange le tout avec le plus grand soin ;on peut, si l’on veut, ajouter d’abord la dissolution dusulfate de fer, puis ensuite l’argile. Aussitôt après l’ad-dition du sulfate de fer, le mélange prend une couleurvert jaunâtre, due à la formation du sulfure de fer ; oncontinue à le brasser jusqu’à complète évaporation àsiccité, et, après l’avoir détaché de la chaudière, on leréduit immédiatement à sec en poudre aussi ténue quepossible.

Cette poudre est chargée dans des moufles de 0",50à 0*,60 de largeur sur 0*,30 à 0*,3o de hauteur, et0",80 de profondeur, placées dans des fourneaux à ré-verbère appropriés, de manière à former sur la sole unecouche de0'“,06 à 0®,08 d’épaisseur, ce qui correspondpour chaque- moufle à un poids de 15 à 20 kilogr. Onactive progressivement le feu jusqu’à ce que toute lamasse soit arrivée au rouge, et on la laisse dans cet étatpendant trois quarts d’heure à une heure, en renouve-lant fréquemment les surfaces et en donnant libre accèsà l’air. La masse se colore successivement en brun defoie, rouge, vert et bleu. Cette opération réclame beau-coup d’attention et d’habitude ; une chaleur trop faiblene produit point d’outremer, tandis qu’une chaleur tropforte et trop longtemps prolongée en altère la beauté.

On retire alors la matière de la moufle et on l’épuiseen la lavant avec de l’eau. Les eaux de lavage, qui ren-ferment du sulfure de sodium, du sulfate et du sous-sulfate de soude, n’ont reçu jusqu’ici aucun emploi,mais on pourrait s’en servir pour préparer du sulfurede sodium. Les résidus du lavage sont égouttés dansdes chausses en toile d’un tissu serré, puis desséchés àl'étuve. Leur couleur est le plus ordinairement d’unvert ou bleu noirâtre.

La masse desséchée est ensuite finement pulvériséeet passée au tamis de soie, puis calcinée de nouveau parportions de 5 à 7 kilogr., dans des moufles qui ne ser-vent qu'à cette opération, et qui ont de 0°*,45 à 0",50de largeur sur 0“,80 à 0"*,90 dé profondeur. On entre-tient un feu modéré, et une chaleur rouge peu intensesuffit pour produire la couleur désirée. Aussitôt que lacouleur bleue commence à paraître, on renouvelle cons-tamment les surfaces avec un ringard en fer, jusqu’aumoment où la couleur est devenue d’un beau bleu pur ;l’opération dure de 1/2 à 3/4 d’heure. Il n’y a aucunavantage à la prolonger ou à augmenter l’intensité dufeu. On retire la poudre et on la laisse refroidir, au con-tact de l’air, sur des plaques de granité. Il arrive sou-vent, mais pas toujours, que la couleur acquiert par lerefroidissement bien plus de feu et de beauté.

L’outremer est ensuite broyé sous des meules de gra-nité, puis séparé par lévigation, en diverses sortes quiportent les numéros 0/0, 0, 1, 2, 3, 4, etc...

P. DEBETTE.

OXALATES. Les oxalates sont les sels formés parl’acide oxalique. Lorsqu’on les calcine en vase clos, ilsse décomposent et donnent des carbonates, si les basessont fortes ; des oxydes, si elles sont faibles ; et mêmeles oxydes sont ramenés à l’état métallique, s’ils sontfacilement réductibles : il n’y a jamais de résidu char-bouneux. Chauffés avec l’acide sulfurique concentré,ils dégagent des volumes égaux d’oxyde de carbone etd’acide carbonique. Avec les sels de chaux, ils donnentun précipité blanc.

Le bi-oxalate de potasse est peu soluble dans l'eau.'Si

on neutralise la dissolution par la potasse, on obtientVoxalate neutre de potasse J qui est beaucoup plus solu-ble; si, au contraire, on ajoute un excès d’acide oxali-que, on obtient le quadroxalate de potasse moins solubleque les deux précédents. Le bi-oxalate, plus connu sousle nom de sel d'oseille f se trouve tout formé dans plu-sieurs végétaux, et en particulier dans l’oseille, d’ou onle retire en pilant la plante, en extrayant le jus, luifaisant jeter un bouillon pour le clarifier (1), filtrant atravers une toile, évaporant jusqu’à pellicule, laissantensuite cristalliser dans des terrines, et purifiant lescristaux obtenus en les redissolvant et les faisant cris-talliser de nouveau. On prépare directement en France la plus grande partie de ce sel, en neutralisant une cer-taine quantité d’acide oxalique par une dissolution depotasse, ajoutant une quantité égale d’acide oxaliqueet faisant cristalliser. Le sel d’oseille est très employépour enlever les taches d’encre. On s’en sert pour fairela limonade sèche , qui n’est autre chose qu'un mélangede ce sel avec du sucre en poudre et quelques gouttesd’essence de citron. Les pastilles contre la soif se fonten ajoutant au mélange précédent du mucilage degomme adragante, de manière à en faire une pâtequ’on divise en pastilles au moyen d’un emporte-pièce.

Le bi-oxalate de soude 1 qui peut remplacer le précé-dent, se trouve dans quelques végétaux marins ; onpeut aussi le préparer directement.

L 'oxalate d'ammoniaque se prépare directement, ensaturant l’acide oxalique par de f ammoniaque, évapo-rant jnsqu’à pellicule et faisant cristalliser; il est trèsemployé dans les laboratoires pour séparer la chauxdans les analyses chimiques.

acide OXALIQUE ( arxgl . oxalic acid, ail. klee-saüre). Cet acide se décompose par la chaleur, ou, lors-qu’on le chauffe avec de l’acide sulfurique, en volumeségaux d’oxyde de -carbone et d’acide carbonique sansrésidu, il précipite les sels de chaux en blanc. 11 formedes sels anhydres, d’où l’on tire pour sa composi-tion :

Carbone . 33,77 i rt n3

Oxygène. 66,23 |

Mais isolé, à l’état libre, il renferme toujours aumoins, lorsqu’il est desséché, 1 équivalent ou 19,90pour 100 d’eau, et cristallisé, 3 équivalents ou 42,70pour 100 d’eau.

Ou retire cet acide du sel d’oseille ou bi-oxalate depotasse, en le précipitant par l’acétate de plomb. Ondécompose l’oxalate de plomb obtenu par l’hydrogènesulfuré ou par l’acide sulfurique, en faisant digerer laliqueur, dans ce dernier cas, avec de l’oxalate de barytepour se débarrasser de l’excès d’acide sulfurique.

Le sucre, l’amidon, le ligneux, et, en un mot, la plu-part des matières organiques, se transforment en acideoxalique, quand on les traite par une quantité conve-nable d’acide nitrique. C’est maintenant ainsi qu’onle prépare presque toujours pour les besoins du com-merce. Eu général, on préfère le sucre, quand on veutl’obtenir pur aveo facilité. Avec 3 parties de sucreet 30 parties d’acide nitrique à 1,12 de densité, on peutproduire une partie d’acide oxalique. Il faut chaufferd’abord avec ménagement, puis faire bouillir le mé-lange, et évaporer la liqueur jusqu’à consistance pres-que sirupeuse. Le dégagement de gaz acide carboniqueet de vapeurs nitreuses est très abondant; celles-cipeuvent être employées pour la conversion du soufre en.acide sulfurique. Les cristaux que l’on obtient doiventêtre égouttés et soumis à une nouvelle cristallisation.

L’acide oxalique est employé comme mordant dansla fabrication des toiles peintes, ainsi que pour enleverles taches d’encre et de rouille.

( 4 ) On facilite cette clarification en ajoutant du hlantd’œuf on même du noir animal.