PAPIER.
PAPIER.
leur adoption. Une température de 120 à 430° seraittrès favorable à la désagrégation des faisceaux de fila-ments en attaquant les autres produits de la végétationqui les enveloppe et les unit. On obtient, mais impar-faitement, un résultat analogue en abandonnant leschiffons lessivés ou seulement mouillés à la fermenta-tion ; celle-ci est d’abord acide, puis putride, il faut l'ar-rêter à point sous peine d’éprouver des pertes notables ;ce procédé, comme on le verra à l’article papier a lamain, demande plus de main-d’œuvre, de temps, etd'emplacement ; du reste, lorsque le local le permet, rldevient d’une bonne application aux toiles non décolo-rées et grossières, surtout si elles sont dures et si laforce motrice disponible est faible.
Le lessivage a une influence remarquable sur la sub-stance du papier, la blancheur, les colorations, l’encol-lage et la solidité en sont modifiés. En effet, le chiffonsouillé d'une multitude de matières hétérogènes, qui,}>our la plupart sont grasses et acides, en offre quel-oues-unes qui résistent longtemps aux agents dissol-vants; si doue, on considère entre autres, un pinceaude fibres enveloppé d’une sorte de vernis préservateurou genre dont nous parlons, le chlore devient sans ac-tion sur la matière colorante, une matière colorantenouvelle ne saurait y être retenue, la colle ne peut s’yfixer, et les filaments sont moins serrés dans leur feu-trage.
Nous avons aussi à constater l’action décolorante,peu puissante il est vrai, du lessivage ; il faut donc avoirl'attention de diminuer ou de supprimer l’emploi desalcalis lorsqu’on voudra conserver les couleurs; si, aucontraire, on voulait utiliser cette propriété, deux lessi-vages consécutifs, le premier à la soude, le second à lachaux, pâliraient et dissoudraient un grand nombre deteintes.
Lavage des chiffons. A proximité de l’atelier du lessi-vage ou des cylindres défileurs est disposé un appareilpropre au rinçage du chiffon lessivé : c’cst une caissequadrangulaire en bois, élevée sur quatre pieds à(r,25 du sol, ayant 0“*,6o do profondeur, O 1 ",90 delong et 0 W ,50 de large; un grillage métallique, suivantces dimensions, est soutenu à l’intérieur à 0“,15 dufond', une autre grille, mais plus légère, à mailles trèsouvertes, est fixée sur un des grands côtés à 0“,20 au-dessous du bord de la caisse, de manière à se lever et sebaisser comme un couvercle à charnière. L’un des boutsde la caisse porte une ange qui règne dans toute sa lar-geur , un peu en contre-haut du bord, à l’autre extré-mité est pratiqué une vanne plongeant à 0 m ,10 encontre-bas des bords. La caisse étant remplie d’eau jus-qu’à 0**;+0 du bord, l’ouvrier y plonge une poignée dechiffons de 2 à 3 k , l’y agite en tous sens, rabat la grillesnpérièure qui était levée, donne de l’eau dans l’augetqui déverse dans la caisse; il ouvre, un moment, lavanne, puis arrêtant l’arrivée et le départ de l’eau; ilrelève la grille supérieure, enlève à la main ou avec unbâton le chiffon lavé ; prenant une nouvelle quantité dechiffons, il continue à procéder de la sorte, jusqu’à ceque l’eau de la caisse devenant trop sale, l’oblige A lavider complètement ; une vanne ou une bonde est percéeà- cet effet, à fleur du fond de la caisse. La dispositiondes deux grilles permet d’expulser la majeure partiedes impuretés solides ; ainsi, le sable qui tombe resteau fond en traversant celle du bas destinée à porter leschiffons; la grille supérieure étant abaissée, empri-sonne les chiffons pour qu’ils ne soient pas entraînés audehors par le courant d’eau avec les pailles, plumes, etc.,lesquelles étant plus légères que l’eau traversent lagrille et viennent surnager à la surfaee.
On a essayé de plusieurs moyens mécaniques pouropéreravec plus de célérité et d’économie ; des tamboursimmergés en partie ou en totalité, des lavoirs à lainesmodifiés, sont des moyens excellents de rinçage, mais
insuffisants pour enlever des corps légers- Nous devonsfaire remarquer qu’il devient impossible d’isoler ces im-puretés au milieu de toutes les opérations subséquentes,tandis que la crasse dissoute et les matières lourdespeuvent être parfaitement écartées. C’est à tort que,par un motif d’économie de main-d’œuvre;, l’on négligegénéralement l’usage de cette préparation si simple ;dans le cas où l’on faire tient elle est évidemment in-dispensable ; siTon veut faire beaucoup, il est clairqu’elley conduit en abrégeant le temps de lavage de3 cylin-dres, et, en conséquence, diminue la perte de pâte quise produit pendant le lavage et la trituration.
Défilage des chiffons. Iei commence la fabricationproprement dite : il s’agit de changer la forme de lamatière première, détruire des tissus, désassocier desfibres textiles, les nettoyer totalement, puis les mêlerentre elles de telle sorte qu’elles ne se présentent plusque sous l’apparence d’un tout homogène. On désignece produit par les noms de pdte ou d 'ouvrage, dont onfait une distinction'-d'après son degré de trituration endéfilé ou demi-pâte, et en raffiné ou pâte. La pile de cy-lindre est l’appareil dont l’heureuse disposition concourtle mieux à produire ces résultats : donnous uue idée desa coustruction.
Suivant les localités, les piles se construisent soit enbois; en pierre ou en fonte ; les deux premiers genres deconstruction ontqnelques inconvénients que n’a point ce-lui en fonte, ce dernier réunit surtout l’élégance à la so-lidité.
Le cylindre A (fig. 1969 et i 970) garni de lames estmis en mouvement par la roue B r montée sur son ar-bre C, lequel tourne dans deux paliers dont tin fixe D,et l’autre à coulisse E, tous deux fixés sur des consolesfondues avec les parois de la pile F. Celle-ci est diviséeselon salongueur par une cloison G. Le côté qui reçoitle cylindre A est garni de deux plans inclinés ffztgg'idans les nftisses de bois formant ces deux plans, estménagé une rainure quadrangulaire qui reçoit la pla-tine H, composée de lames liées entre elle» par des bou-lons. Une autre rainure, le sablier, pratiquée en N, estrecouverte d’une plaque de cuivre percée de petitesfentes, dirigées en tous sens, au travers desquelles pas-sent le sable, les épingles, boutons, etc., qui peuventse trouver dan» les chiffons. La paroi antérieure de lapile est percée en n pour donner passage aux ordures ;pendant le travail, cet orifice est fermé par un bouchon.Le cylindre A cstrecouvert par une caisseenbois J, ap-pelé chapiteau , qui porto quatre châssis en bois, dontdeux K garnis de toiles métalliques pour laisser passerl’eau et retenir la pâte, et deux autres K’ pleins oufaux ehâssis pour suspendre, au besoin, le service desdeux premiers. L’eau est reçue dans les dalots ou ché-neaux K, d’où aile se rend au dehors par les conduits L.Un robinet en R sert à l’alimentation de la pile F, quiest rempli d’eau au moins au deux tiers et alimentéecontinuellement par le robinet R. C’est entre les lamesde la platine H et celles du cylindre A que s’opère latrituration du chiffon, ces dernières font aussi office depalettes ; par leur mouvement elles entraînent, dansl'intervalle qui existe entre elles, un certain volumed’eau et de chiffons, que la force centrifuge excitée parla rotation rapide du cylindre, lance contre la voûte duchapiteau J et contre les châssis K, qui, comme nousl’avons dit, laissent passer l’eau et arrêtent les chif-fons ; ceux-ci, dont une grande partie descend le planincliné g g\ retombent tous dans la pile. En très peude temps le mouvement du cylindre A élève beaucoupde chiffons et d’eau dans cette partie de la pile, tandisque de l’autre côté il y a abai&ement; la tendance àl’équilibre communique aux matières un mouvementcirculatoire lent, qui les fait passer dn plan incliuédescendant autour de la cloison G, et elles vont atteindrele pied du plan incliné f f, et passent ainsi entre la pla-