PAPIER.
PAPIER.
de deux lames, soit trente-huit lames pour un dia-mètre de 0",60 avec platine de douze lames. Laraftmense porte en tout dix-huit paquets à trois la-mes, soit cinquante-quatre lames, avec platine de quinzelames ; le premier cylindre marche avec une vitesse de475 révolutions par minute et le second à 200 ; dans cetemps, il y aura pour l’un 80.000 rencontres de lames,et pour l'autre 16.0,000, ou 2.600 par seconde. Ici lescoutacts doublement fréquents réduiront de moitié l'é-nergie de chacun d’eux. Ce travail réclame l'applica-tion d'une force de cinq chevaux par pile.
Une pile défileuse en travail coutient 4.200 litresd'eau, et est fournie en moyenne par 40 kilog, de chiffons.Une raffinense de même contenance peut recevoir en dé-filé l'équivalent de 55 kilog. de chiffons, soit 40 kilog.de papier.
On distingue encore un autre genre de pile nomméeélaveuae , qui a pour fonction de blanchir les défilés à lapile à l'aide d'un chlorure décolorant et d'un acide, deles laver ainsi que ceux qui sortent des blanchimentsau chlore ou au bain de chlorure. Sa constructionest légère et la force qu'elle emploie est à peine d'uncheval. Son rouleau est ordinairement garni de lames debois ; lorsqu'elles sont en bronze, on peut les approcherd'une platine usée, également en bronze ; il en résulteune légère friction qui tend à faire dégorger le défilé, àen faire exprimer les matières colorantes et salines quirésident dans le défilé blanchi.
La réunion de plusieurs piles constitue une batterie ;elles sont diversement distribuées, selon l'exigence deslocalités ou du travail. Tantôt les piles sont groupées demanière à se vider les unes dans les autres, ce quiépargne la main-d'œuvre lorsqu'on blanchit à la pile ouque l'on ne fait pas de mélanges de pâtes ; tantôt cha-que espèce forme une batterie particulière, entièrementindépendante des autres.
L’ouvrier chargé de la direction d’une batterie portele nom de gouverneur ; suivons-le dans la conduite dudéfilage. Après a*oir, à l’aide de la manivelle, élevé lerouleau d'un centimètre au-dessus de la platine et remplid'eau la pile, il y répand les chiffons lessivés en évitantqu'ils ne s'accumulent sons le rouleau ; le robinet four-nit de l'eau en abondance, et les faux châssis étant le-vés, les châssis de lavage fonctionnent. Le gouverneurayant aidé à la distribution égale des chiffons avec unespatule, abaisse le rouleau à quelques millimètres de laplatine, de sorte que les chiffons soient rudement frois-sés sans être coupés ; trois ou quatre tours de pile suffi-sent ainsi pour en faire ressortir les malpropretés. Ilrelève le rouleau comme an début et ne fait plus qnelaver, il nettoie le sablier, puis, baissant graduellement,il arrive, tout en continuant à élaver, à le faire porterlégèrement sur la platine ; il spatule fréquemment pourobtenir une trituration uniforme, et lorsqu'il la jugesuffisamment avancée, c’est-à-dire offrant une pâle sanstrace de tissus ni de fils tordus, il lève la bonde qui fermait le conduit, et la pile se vide par cette issue.
La durée de l’élavage et du défilage n’est pas moindred'une heure et demie, dans le cas où, ayant affaire à unepâte tendre, on ne tient pas àla ménager ; elle n'excèdepas quatre heures pour une pâte bien allongée, sauf, cequi est rare, les cas de fabrications particulières.
La beauté du défilé, dans le travail au cylindre, dé-pend de la limpidité de l'eau, du temps que l’on con-sacre au lavage et à la trituration, de la matière et del'état des parties tranchantes, et enfin, évidemment, dessoins particuliers de l’ouvrier, que la pratique seule en-seigne. Le lavage par l’eau trouble ne peut donnerqu’une pâte terne, difficile à blanchir, à colorer et àencoller; le filtrage devient indispensable ( voyez cemot). A défaut d'appareil de filtrage, il sera bien denouer des sacs de flanelle aux robinets, précaution qui,dans tous les cas, n'est pas à négliger pour les belles
sortes. Le battage sur la platine ne doit commencer qu'aupoint où l’eau de lavage finit par n’être plus louche. Plusle battage est brusque, et plus les filaments sont rac-courcis ; plus il est prolongé avec ménagement, et plusces mêmes filaments s'effilent sans se tronquer ; ceux-cisont, pour ainsi dire, longs et minces ; ceux-là courtset épais. Les lames de platine et de cylindre, tranchanteset d’acier, énervent en coupant ; celles qui sont uséesou en bronze, allongent la pâte en l'écrasant. D'aprèscela, les rouleaux et platines à tranchant dur et acéré,ne conviennent qu'aux chiffons durs ; les lames douceset usées aux chiffons tendres. Parfois on devra appuyerle rouleau sur les premiers, mais on le tiendra toujoursun peu soutenu sur les seconds, et on fournira la pile d'unemoins grande quantité de matière dure que lorsqu'elleest tendre; enfin, si le temps le permet, il ne faut pascraindre d'allonger les pâtes en modérant l'action du cy-lindre ; elles font moins de déchet, blanchissent promp-tement, restent nervenses, sont sans boutons et se raffi-nent aisément. Il faut prendre garde de ne pas allongerles pâtes dures plus que les tendres ; il en résulterait,lors de leur mélange dans la raffinense, un raccourcisse-ment tel, que celles-ci serviraient plutôt de remplissageque de lien.
Lorsqu’on veut blanchir au chlorure de chaux, onverse quelquefois 200 à 300 grammes d’acide sulfuriquedans la pile cinq minutes avant de l’employer ; on fermeaussitôt les faux châssis ; le peu d'acide qui reste dansla pâte égouttée suffit pour accélérer la décoloration.
Le chiffon défilé, à moins d'être soumis immédiate-ment au raffinage, est séparé de l'eau dans laquelle ilnage, soit par l’égouttage, soit aussi par la pression, liest envoyé dans des caisses pouvant contenir plusieurspilées ; elles sont garnies de châssis de toiles métalliquesou doublées de zinc percé de trous; cette dispositionoccupe beaucoup de place, et demande un temps assezlong pour le départ suffisant de l’eau. L’emploi d’unepresse disposée convenablement pare à ces inconvé-nients; la pressée se fait eu 20 minutes, pilée à pilée,et produit un pain compacte de pâte peu exposé à se saliret d’un transport facile. La presse hydraulique appli-quée à ce système, montée par M. Chapelle, est d’anservice parfait. Ce pressage par pilée est aussi d’ungrand secours dans le contrôle et la surveillance journa-lière de fabrique. Nons citerons encore un ingénieux ap-pareil dû à M. Ferrand-Lamotte, de Troyes , dans ladescription duquel, faute d'espace, nous ne pouvons en-trer. C'est en quelque manière la table de fabricationde la machine à papier, disposée pour pouvoir donner,au lieu d’une feuille de papier, une sorte de matelas oufeuille excessivement épaisse de défilé ; sous cette formeil est moins transportable que sous celle de pain, maisil est mieux disposé pour le blanchiment.
Blanchiment du défilé ou demi-pâte. Travail qui modi-fie la substance des chiffons par la dissolution ou la des-truction plus ou moins complète de la matière colo-rante qui lui est inhérente ; ces altérations sont produitespar l’emploi d’agents chimiques, tels qu’alcalis, acideset chlore ; le rôle de ce dernier est essentiellement des-tructif. Les autres ne sont, en quelque sorte, que commedes accessoires propres à graduer l’énergie de ses pro-priétés ou à opérer des dissolutions, soit après, soitavant son action.
Un chimiste allemand , M. Fnchs, propose l’applica-tion de la découverte dont il est l’auteur, laquelle con-siste à blanchir la plupart des substances organiques àl’aide de l’électricité. Les détails de son procédé n’étantpas encore parvenus à notre connaissance, nous ne pou-vons qu’éveiller l’attention de nos fabricants sur unoquestion si pleine d’intérêt pour tous, et si importante àtous égards.
Le chlore s’emploie sous deux formes, gazeux ou li-quide ; do là deux manières différentes de procéder.