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PAPIER.

PAPIER.

Dans le blanchiment au chlore gazeux, l’appareil estainsi composé : une bonbonne ou tourne de grès, fai*sent office de cornue, est disposée sur un fourneau ; elleest chauffée au bain-marie, à la vapeur ou au bain desable. Un tuyau de plomb est adapté au col de la tou*ri lie, pour amener le gaz qui se dégage sur le défilécontenu dans une caisse hermétiquement close. Laforme de cette caisse est un parallélépipède auquel ondonne une position horizontale ou verticale. Dans cedernier cas, il est indispensable de multiplier le nombredes étages ou tablettes qui doivent porter le défilé.L'ouverture qui sert à l’introduction et à la sortie despâtes est pratiquée sur l'une des faces latérales ; elle estfermée par un volet de 12 mètres de surface au moins ;il pénètre à mi-bois de manière à affleurer extérieure*ment. Le tuyau d’arrivée du gaz pénètre par le milieude la paroi supérieure, un échappement d’air est prati-qué aussi dans le haut, mais le plus éloigné possible del'arrivée du chlore. Les dimensions intérieures sont ré-glées pour 500 kil. de chiffons défilés, sur une capacitéde 3 à 4 mètres cubes. La caisse peut être construite enbois, pierre ou brique. Le bois employé doit être rési-neux, suffisamment sec pour ne plus jouer ou se fendre,d’une épaisseur de 7 à 8 centimètres, assemblé à doublerainure garnie de mastic de céruse, maintenu par destraverses extérieures avec tirants en fer ; l’intérieur estparfaitement mastiqué à la céruse et, pour la conserva-tion, une couche d'huile de lin chaude est passée sur lesparois, puis on les couvre de deux couches au moins<ie peinture à la céruse ; pour la décoration, l'extérieurpourra être également peint En pierres ou en briques,les joints seront faits en ciment romain ou mieux enplâtre, ne contenant pas de carbonate de chaux. Oncouvrira la caisse d’un glacis de même matière, ou, cequi est plus propre, d’un revêtement de plaques defaïence ou de briquettes vernissées.

Le défilé n’étant ni trop sec ni trop mouillé, maiségoutté de manière à ce que, par la pression de lamain, on ait peine à en exprimer une goutted’eau ; on le distribue sur les tablettes, dans la caisse,par morceaux du poids de 200 grammes environ ; onferme le volet dont on lute les joints en collant desbandes de papier dans toute leur étendue.

Pour blanchir 500 k de chiffons défilés, il faut, selonle cas, produire un dégagement de 2 mètres jusqu’à5 mètres cubes de chlore ; tout ce volume n'est pasutilisé, on a à tenir compte d’une perte constante dueàlacapacité des tuyaux, des tourilles, et aussi par lacaisse qui doit contenir après l’opération un léger excèsde gaz. Le manganèse d'Allemagne , bonne qualité, pro-duit par kilogr. 240 litres de chlore ; celui de Roma-nèche150 litres, donc 5 kil. du premier donnent unproduit équivalent à 8 du second. Pour obtenir une pro-duction moyenne de 3.500 litres environ, on prend avec24 kilogr. de manganèse, 70 kilogr. d’acide liydrochlo-rique à 22°; ou 10 kilogr. d’eau, 10 kilogr. d’acide sul-furique à 66°, et 40 kilogr. d’acide hydrochloriqueà 22°; ou encore, 26 kilogr. d’eau, 26 kilogr. d’a-cide sulfurique et 18 kilogrammes de sel marin, tou-jours avec la même quantité de manganèse deKomanèche ou avec 15 kilogr. de manganèse d’Al-lemagne . Nous ferons observer que les manganèsespeu riches présentent l’inconvénient d’absorber enpure perte une certaine portion d’acide pour la sa-turation des carbonates qu’ils contiennent, et qu’ils pro-duisent fréquemment un culot très dur, formé degangue et de sels insolubles, dont l’adhérence an fonddes tourilles est une cause de casse ou les met hors deservice. ,Le manganèse doit être employé en grenailles etnon en poudre, il est moins exposé à s’agglutiner, semouille uniformément, donne un dégagement de gazmoins brusque, et les parties non attaquées sont plusfaciles à recueillir après l’opération. La cornue est

d’une capacité double de la masse qu’elle doit contenir,c’est-à-dire fonctionnant à demi pleine ; il faut qu’ellepuisse résister à une température qui s’élève progressi-vement jusqu’à 120°, et il est nécessaire qu’elle «oitinattaquable par les acides ou le chlore, conditions quine sont guère remplies que par la poterie de grès.

Lorsqu’on veut opérer, on charge une ou plusieurstourilles correspondantes à la caisse préparée ; on intro-duit dans l’ordre suivant, d’après le mélange adopté :manganèse, acide hydrochlorique ; eau, acide sulfu-rique, manganèse, acide hydrochlorique; eau, se] ma-rin et manganèse mêlés, acide sulfurique. Tout étantpréparé à l'avance, on adapte promptement le tuyau àla tubulure de la tcurille et on lute avec soin ; unedemi-heure après on commence à chauffer modérément,puis aussitôt que l’on s’aperçoit de la fuite du chlorepar l’échappement d’air, on ferme celui-ci. La tempéra-ture portée à 100° au moins est soutenue à ce pointpendant 8 ou 10 heures, temps après lequel le dégage-ment doit être à peine sensible. Le défilé reste sousl’action du gaz 18 à 24 heures ; si on réduit le temps,il faut augmenter la dose de chlore. A cette occasion,disons que cette dose*ne doit pas se mesurer par ledegré de blanc que l’on veut obtenir, mais par la quan-tité approximative de matière colorante à détruire;ce qui excède la proportion nécessaire à cet effet, at-taque le ligneux* lui-même, le roussit et l’énerve. Voicil’ordre que suivent les pâtes dans leur capacité d’ab-sorption pour le chlore en commençant par les plus fai-blement douées : Cotou blauc (blanc éclatant), fil finusé (blanc), coton écru et fil fin non usé ( blanc terne ),gros fil non nsé et cordes (blanc légèrement gris),toiles neuves bises et bises ordinaires (jaune paillepâle), toiles grossières et chevrotteuses (jaune saumonclair), cçtonnes de coulenr foncée (jaune fauve terne ).En essayant d’indiquer aussi le degré de décoloration,nous ferons remarquer qu’il s’éloigne d’autant plus dublanc qu’il faut plus de temps et de chlore pour l’obte-nir, ce qui revient à dire, que plus il y a de matièrecolorante à décomposer et plus il en restera des tracesvisibles, la décoloration n’étant pas absolue. La nou-velle substance colorante enveloppe encore le ligneux,avec cette différence qu’elle est soluble dans les alcaliset même en grande partie dans l’eau froide, c’est doncpar dissolution qu’on s’en débarrassera ; mais, c’esttoujours au lavage à froid par les cylindres qu’on arecours ou à la pile spéciale nommée élaveuse.

Nous ne nous arrêterons pas à décrire des dispositionsparticulières de l’appareil de production et les diversmoyens de luter les raccords ; disons seulement que lesfermetures hydrauliques sont préférables à toutes autre»,lorsqu’il n’y a pas de pression ; elles concourent aussi àcondenser l’acide hydrochlorique entraîné dans le déga-gement du chlore; à cet effet, il est bon d’adopter unedisposition pour l’arrêter; le plus simple est de placerun plat évasé, plein d’eau, dans l’intérieur de la caisse,immédiatement au-dessous de l'arrivée du gaz.

Parmi les chlorures alcalins, ceux de soude et dechaux sont les seuls dont on fasse usage ; le chlorure dechaux étant d’un emploi plus général nous nous en oc-cuperons plus particulièrement. Sous forme solide il al’avantage d’être d’un transport moins dispendieuxqu’en dissolution dans l’eau ; mais comme il faut envenir à l’employer sous cette forme, il y aurait avan-tage, si on le faisait soi-même, à le fabriquer liquide.(Voyez CHLOKURESdécolorants).

Le pouvoir décolorant de 1 kilogr. de chlorure sec està peu près égal à celui de 20 litnfe d'une dissolution mar-quant 5° au pèse-sel.

Pour le blanchiment de 500 kilogr. do chiffons dé-filés, la dose varie entre 8 et 10 kilogr. de chlorure see.Le mode d’emploi le plus simple consiste à le verserdans une pile en travail à la fiai du. défilage ou au com-