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PAPIER.

PAPIER.

colorante dénaturée; l’élimination par lavage, ainsi élo-dée, ne satisfait pas entièrement.

Le carbonate de soude, introduit dès le commen-cement du lavage, neutralise l'acide hydrochlorique, etaide à la dissolution de la matière colorante ; qu’il soitajouté à la fiu de Topération une certaine proportiond’ammoniaque, ou d'un sel ainmouiacal à acide faible,le cai bonate d’ammoniaque par exemple, le chlore restantsera masqué et les produits de la réaction inoffensifs.En procédant de cette manière, on gagne un peu detemps, et on a la certitude de n’éprouver aucuneentrave de la part du chlore. Du reste, quoi que l’onfasse en ce genre, il y aura toujours présence de chloredans les papiers de pâtes blanchies, soit à l'état de sels,soit combiné à la matière colorante en substitution deson hydrogène, laquelle ne saurait être expulsée à froidd’une manière rigoureuse, soit enfin par le tissu ligneuxqui le condense, et le dérobe à l’action des agents dis-solvants et réactifs. Des circonstances fortuites ou letemps seul, pourront développer de nouvelles tendancesde la part du chlore, tenu pour ainsi dire à l’état latent,et affecter par une action lente l’organisation textile duligneux. Bien que cette présomption se fonde sur quel-que vraisemblance, aucune expérience assez précise n’aprouvé jusqu’ici qu’il en soit exactement ainsi. On aattribué la destruction lente de quelques papiers demachine aux procédés de blanchiment ; l’abus ou plu-tôt l’ignorance, qui a dû présider d’abord à leur appli-cation, en était seule coupable : les mêmes moyens,entre les mains de fabricants capables, n’ont jamaisproduits de semblables résultats. Quoi qu’il en soit, lemeilleur antichlore et le meilleur lavage se réduirait,selon nous, à un l ssivage du défilé blanchi.

Raffinage. La trituration des chiffons, suspendue pourpermettre le blanchiment ou le mélange des diversespâtes, est reprise et achevée par la pile raffineuse. Lapile remplie convenablement d’eau est fournie en défilépar espèces et proportions déterminées. Le gouverneurfait appuyer graduellement le rouleau sur la platine,jusqu’à ce qu’enfin il y porte presque de tout sou poids ;le gouverneur maintient le cylindre dans cette position,jusqu’à ce qu'il ait reconnu que la pâte est suffisammentbattue ; mais comme elle offre des boutons de pâte, pourles faire disparaître, il affleure. L’affleurage consisteà tenir le rouleau au point juste où ses lames touchentà peine, effleurent celles de la platine ; par là, les fila-ments sont plutôt étirés que coupés, et tout ce qui ex-cède leur épaisseur moyenne est, au contraire, forte-ment atteint. Le gouverneur s’étant assuré par unnouvel examen du bon aspect de la pâte, il lui douneissue par des conduits qui se rendent au réservoir oucuvier de machine.

Pendant toute la durée du raffinage, qui peut être dedeux à quatre heures, on doit spatuler fréquemment;car, la matière qui chemine sur le fond et le long desparois de la pile est mise en retard par le frottement,ou par la longueur du parcours, qui excède de beaucoupcelui qui s’opère autour de la cloison ; il en résulte unerépétition inégale d’action, de la part des lames, surdiverses portions de la pâte.

Lorsque le papier doit être collé ou coloré, on intro-duit ordinairement dans la pile les matières préparées àcet effet, un peu avant d’affleurer. .

C’est ici le lieu de rappeler ce qui a déjà été ditau défilage, à l’égard de l’état des lames de rouleauxet de platines; cette condition a la plus grande in-fluence sur la solidité du papier. Un raffinage précipitédonne un papier mou, sans ténacité, d’un mauvaistransparent et d’une surface plucheuse. Dans ce cas,la pâte retient peu d’eau lors de son feutrage ; elle estdite sèche ou eurge. Si, au contraire, l’emploi du tempset des machines est bien ménagé, la pâte, quoiquelongue, donne des feuilles d’un transparent uniforme;

ses surfaces sont unies, sa substance dense, soupleet carteuse; cette pâte retient beaucoup d’eau, carac-tère que l’qn exprime par les noms de pâte verle ougrasse. Règle générale : sont surges, les chiffons ten-dres, notamment les cotons ; les chiffons battus brus-quement, battus avec des lames tranchantes ou dures;ceux blanchis énergiquement au gaz ; ceux enfiu tri-turés par une pile faiblement fournie en défilé : sontgras, les chiffons durs, neufs ; ceux battus longuementavec des lames douces un peu usées ; ceux non blanchisou blanchis aux chlorures ; ceux battus en pilée copieu-sement fournie.

Maintenant que nous avons amené le ligneux duchiffon à l’état de pureté presque parfaite, et rendupropre à prendre la forme de papier, disons quelquesmots des substances qui y entrent en mélange ou encombinaison, toutes les fois qu’il s’agit de douer lepapier de nouvelles propriétés. Les principales sont :l'encollage et la coloration.

Colle animale. Les matières employées dans la pré-paration de la colle animale ou gélatine sont : les ro-gnures de peaux non tannées provenant des corroyeurset des bourreliers, les tendons, les cartilages et plusparticulièrement les pieds de mouton, de chèvre et dechevreau (voyez colle forte, gélatine). On préparecette colle de la manière suivante : ces débris ayant étéchaulés, ils subissent une macération de deux jours dansl’eau pure, puis ils sontparfaitementlavésàl’eau aciduléeet débarrassés des malpropretés dont ils sont toujourschargés ; on les introduit dans une chaudière de cuivreavec dix fois leur poids d’eau, en les plaçant dans unpanier, afin que dans la cuisson ils ne puis>ent s’atta-cher aux parois. Le feu se conduit graduellement et demanière à éviter l’ébullition; on projette une petitequantité de chaux vive en poudre pour absorber lesgraisses, on écume et l’on recommence ce traitementjusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’écume produite ; à cepoint on laisse baisser un peu la température du liquide;six heures après, si on en verse un peu sur une assietteet qu’il s’y fige en quelques instants, il est bon à êtresoutiré ; on le passe à travers une chausse ou un drapde laine, étendu au-dessus d’uu cuvier large et peuélevé faisant office de réservoir. Cette première cuiteterminée, on recharge aux deux tiers la chaudièred’eau, on fait bouillir doucement; et si on ne veut pasfractionner les produits, on réunit celte dernière cuiteà la précédente ; laissant reposer et refroidir, on a pourrésultat une gelée transparente presque incolore; elledoit être conservée dans un lieu frais et aéré; s’il arrivequ’elle tourne par un temps chaud ou orageux, on yremédie en la faisant chauffer et ajoutant de l’acétatede plomb; on agite, puis on laisse déposer; il est facilede prévenir cet inconvénient en ajoutant l’acétate deplomb aussitôt après le soutirage, cela contribue encoreà une prompte clarification.

Pour préparer une cuve ou mouilloir, on mêle à100 kilogr. de gelée maintenue liquide par une chaleurconvenable, 1 kilogr. d’alun, et lors des grandes chaleursoù le collage est plus difficile, on ajoute 30 grammerd’hydrochlorate d’ammoniaque ou de sulfate de zinc.

On conseille, pour la fabrication de la gélatine inco-lore, l’emploi d’un bain d’acide sulfureux dissous dansl’eau, après fermentation légère à l’eau pare des colles-matières ; mais cette gélatine est plus exposée à sedécomposer par l’influence de l’air chargé des odeursde la floraison des plantes on de leur dessiccation.

La mise en colle des papiers exige, de la part del’ouvrier qui en est chargé, une certaine habitude demaniemeut et des attentions particulières en raison del'épaisseur, de la nature, de la sécheresse de la pâte etde l’état de l’air atmosphérique. Le colleur prend unepoignée de 100 feuilles de papier ou plus, il les plongedans te colle et les écarte avec so*n pour les en impré'