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PAPIER.

PAPIER.

guer également ; la colle superflue est expulsée par unemise sous presse; les feuilles, transportées dans unesalle nommée étendoir, sont séparées et étendues surdes cordeaux pour y être séchées. Une dessiccation ra-pide atténue la faculté collante de la gélatine; il suffitde remouiller et matricer le papier manqué de colle parcette circonstance, puis de le faire sécher lentement pourvoir reparaître la colle avec son imperméabilité. Cefait est la conséquence d’un phénomène de capillaritéqui transporte insensiblement la gélatine contenue dansl’épaisseur die la feuille vers ses surfaces, lesquellessont rendues absorbantes par la déperdition d’humiditéqu’elles éprouvent sans cesse ; les liquides ainsi appelésà la superficie y charrient les matières dissoutes qui s'yooncrètent en une sorte de pellicule imperméable. Ladessication prompte produit une concentration brusquequi interrompt ce mouvement.

Le collage h la gélatiue s’effectue difficilement, maisil fournit pour les papiers de luxe des produits si su-périeurs que les Anglais n’ont jamais voulu l’aban-donner et sont parvenus à l’exécuter à la suite de lamachine. Le procédé consiste a faire passer le papierséché comme à l’ordinaire dans la colle, puis à le sé-cher de nouveau à une température qui ne dépas>opas*25° pour ne pas altérer la colle, et cela en lui fai-sant parcourir une grande étendue sur 25 ou 30 tanibourg à claire-voie dans lesquels tournent des ventila-teurs qui projètent de l’air chaud.

Colle réyétale ou «aron de résine. En voici la prépa-ration . dans une dissolution de soude partiellementcaustique et tenue en ébullition, on introduit par portion de la colophane concassée en petits morceaux;on agite continuellement. Sur une masse totale de500 kilogr., la cuite s’effectue en cinq heures en-viron.

Les proportions des matières employées sont :

400 colophane;

80 cristaux de soude ;

80 eau ;

40 chaux.

La chaux étant éteinte est délayée dans la dissolu-tion de soude très chaude, ou mieux en ébullition ;après repos, ou tire au clair la lessive que l’on verseimmédiatement dans une chaudière en cuivre chaufféeà feu nu ou au bain-marie ; puis, ajoutaut la colophanecomme il a été dit, on obtient pour résultat 200 kilogr.de colle ainsi composée :

400 colophane;

20 soude cau.'tique ;

80 eau.

D’un autre côté, il reste dans le dépôt de chaux car-bonatée une certaine quantité de soude assez incommodeà séparer et qu’il vaut mieux consacrer au lessivage ;la quantité d’eau est diminuée aussi par l’évaporation,et les cristaux de soude en fournissent, puisqu’ils con-tiennent 64 pour 400 d’eau. Il est clair qu’il faudradiminuer proportionnellement le chiffre du carbonatede soude lorsqu’on l’emploiera calciné (sel de soude) etaugmenter celui de l’eau.

La cuisson à feu nu nuit à la blancheur de la colle,l’action des coups de feu étant immédiate; l’emploide la vapeur, quoique préférable, présente l’incon-vénient d’augmenter le volume d’eau faisant partiede la colle et d’apporter plus de lenteur dans la com-binaison ; un bain-marie salin est préférable de beau-coup, en ce qu’il obvie à tous ces inconvénients etdonne une température fixe et supérieure à 4 00°. Onpeut abréger cette opération en fondant à une chaleurdouce la résine au lieu de la pulvériser, et la versantlentement dans la lessive chaude vivement agitée ; lacombinaison se fait ainsi presque instantanément, et ilne peut rester aucun grain de résine non dissous. Dans

tous les cas, la chaudière où se font les cuites ne doitêtre remplie qu’aux deux tiers, et porter à sa partiesupérieure une large ouverture ou trop plein pour l’é-coulement de la colle lorsqu’elle est exposée à déborderpar l’effet du boursouflement.

Du galipot peut être ajouté à la colophane lorsquecelle-ci est reconnue trop sèche.

Pour enlever une grande portion de la matière colo-rante de la résine, on augmente la proportion de soudeet d'eau ; par le refroidissement et le repos, la colleproduite se sépare en deux matières, l’une molle, d’unjaune pâle, l’autre liquide, brune et très alcaline ; par ladécantation, ou sépare l’une de l’autre, on colle avec lasubstance solide et l'on fait rentrer la liqueur brunedans la fabrication d’une colle inférieure, ou on lacaustitie par la chaux pour s’en servir au lessivage. Ona reconnu, par expérience, que la colle préparée long-temps d’avance est d’un meilleur emploi que la collerécemment fabriquée.

Quand on procède à l'encollage du papier, on dissoutla colle dans un cuvier d’eau bouillante; on laisse repo-ser, on décante dans un cuvier inférieur et on passe enmême temps au tamis de laine. Dans un grand nombrede fabriques, on saisit ce moment où la colle filtrée estencore très chaude pour y faire crever de la fécule dé-layée d’avance à l’eau tiède ; d’autres préfèrent cuire lafécule à part pour être plus maîtres d’en augmenterla dose.

La dissolution prête est versée lentement dans la pileraffineuse et spatulée ; cinq minutes après, la dissolu-tion d’alun étant ajoutée, l'encollage est effectué.

Soient les dissolutions préparées sur 400 partiescomme suit :

40 colle. 40 alun.

90 eau. 90 eau.

Pour coller 400 kilog. de pâte, on preud 40 litres decolle et ensuite 40 litres d’eau alunée, ce qui équivautà 4 kilog. de colle et 4 kilog. d’alun, quantité suffisanteavec des eaux de bonne qualité et pour des papiers doforce moyenne ; cette dose sgra forcément de beaucoupaugmentée dans les eaux calcaires. L’encollage ainsiopéré laisse dans le papier 33 pour 400 des matières so-lides employées; il augmente le poids produit en papierde 3 pour 400 environ, tandis que la colle animale luirend 6 pour 4 00 au moins.

Le sulfate d'alumine est substitué avec quelque éco-nomie à l’aluu ; ou l’emploie ordinairement dans lerapport approché de 2 4 /2 pour 4 d’alun, car il contientplus ou moins d’eau; rarement il est exempt de fer.

Si l’alun est reconnu légèrement ferrugineux, l’ad-dition d’une quantité convenable de prussiate dépotasseentraîne le fer sous la forme d’un précipité de bleu doPrusse; si la proportion était considérable, il faudraitrenoncer à son emploi dans les papiers blancs ou teintsen couleurs végétales tendres.

Quant à la fécule, elle doit être parfaitement blancheet pure; sous ce rapport, la fécule verte offre plus dechances de propreté que celle qui est sèche ; en tous cason la tamise dans l’eau sur une toile métallique fine,afin d’être assuré de sa parfaite division; le moindregrumeau ferait tache dans le papier. Quand on cuit avecla colle, on ne peut dépasser 40 kilog. pour 40 kilog.de colle, et, cuite à part, la pâte pourra en être chargéesans incouvénient grave jusqu'à 6 pour 100 La gelée defécule doit couserver un ton opalin ; lorsqu’elle est par-faitement transparente, elle est trop cuite et fait collerle papier sur les cylindres sécheurs.

La fécule rapproche et unit les fibres du papier, ellele rend plus dense, plus ferme et moins spongieux ; larésine, combinée à l’alumine, lui donne seule la propriétéhydrofuge.

Les eaux séléniteuses sont un obstacle à la réussitede l’encollage; les sels de chaux et quelques autres en

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