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PAPIER.

PAPIER.

présence du savon résineux échangent leurs acides etleurs bases, et donnent pour produit un précipité noncollant qui ternit la blancheur du papier et augmenteles difficultés ultérieures de la fabrication ; dans ce cas,nous conseillons de verser l’alun en premier dans la pile,on évitera une petite perte de colle, puis l’embarras duboursouffleméht de la pâte, quelquefois si considérablequ’elle ne tourne plus dans la pile. L’emploi d’une dis-solution de verre soluble (silicate de soude) nous sembleoffrir le réactif le plus propre à transformer les selscontenus dans les eaux douces en des composés inco-lores et sans action sur la colle résineuse comme surles matières colorantes. Il arrive parfois à la colle dedonner lieu à une grande production de mousse, la causepeut en être attribuée à la colle elle-inême qui n’est pasassez cuite ou trop nouvelle faite, aux défilés mal éla-vés, à certaines couleurs dont on a teint la pâte, et enfinà la nature des eaux ; lorsqu'on ne peut écarter la cause,on remédie par l’addition dans la pile de quelques gram-mes d’huile d’œillette ou par quelques décilitres de lait,remèdes dont il faut le plus possible s’abstenir de faireusage.

coloration des pates Les limites de cet ouvragenous interdisent de traiter cet article avec tout le déve-loppement désirable, vu la multiplicité de détails dontil y aurait à le charger; nous nommerons seulementici les couleurs dont l’emploi est le plus fréquent. Quantaux chiffres de dosage, ils doivent être pris pour guideet non comme termes absolus ; le degré de pureté desproduits de l’industrie, et la richesse de ceux qu’offrela nature est bien loiu d’être invariable, c’est donc aufabricant à faire un essai préparatoire, afin de s’assu-rer qu'il n’y a pas excès d’une substance sur une autre,quand elles doivent entrer en combinaison; excès quiest toujours une perte réelle, lors même qu’il ne portepoint de trouble dans la fabrication. Les substancesminérales sont employées en dissolution dans l’eau ;les substances organiques sont extraites par décoc-tion.

bleu. Bleu de Prusse . Il s’obtient par 95 de sulfatede fer et 100 de prussiate de potasse; sa teinte variedu bleu verdâtre au bleu violacé, selon son degré d’oxy-génation. Si le sulfate de fer ne contient pas de cuivre,et que le précipité se fasse au sein d’une liqueur acideet ensuite parfaitement lavé, la vivacité et la pureté dela teinte en sera augmentée.

Bleu au bois d'Inde, 6 de sulfate de cuivre ; 4 00 debois d’Inde en copeaux.

Bleu de cobalt y pulvérulent, d’un grand éclat, inal-térable. Il suffit, au moment de s’eu servir, de le dé-layer dans l’eau et de le passer à un tamis tin.

Bleu d'oulre-mer ou bleu Guimet y plus riche que leprécédent, également en poudre, moins dense, décom-posabîe par les acides : ces deux espèces de bleu sontburtout consacrées à l’azurage des pâtes blanches detelle qualité.

jaune. Chrâmate de plomb. S’obtient par 40 de bi-chromate de potasse et 100 d’acétate de plomb. Lors-qu’on verse la dissolution de bi-chrômate dans celled'acétate, on obtient la nuance citron; si, au contraire,c’est l’acétate qui est versé dans le bi-chrômate,* il enrésulte un jaune bouton d’or.

rouge on rose. Les bois de Sainte-Marthe et deFernambouc sont employés dans le rapport approché de100 avec 5 de sel d’étain, ou, ce qui est préférable, avecune dissolution de 2 d’étain pur faite dans un mélangede 6 d'eau, 6 d’acide nitrique et 3 d’acide hydrochlori-que, en ayant soin d’éviter l’échauffement pendant ladissolution. Le tannin que contiennent tous les bois deteinture doit être préalablement isolé au moyen del'addition de 1 kilogr. environ de gélatinq : négligercette précaution serait exposer la couleur à noircir enprésence de la plus petite quantité de fer.

vert. Mélangé de bleu de Prnsse verdâtre et dechrÔmate de plomb jaune citron.

violet. Bois de Campêche et aiun.

lilas. Bois de Campêche et sel d’étain. L’additionJe lait écrémé à la décoction en sépare une matièrecolorante fauve que l’on retient par la filtration : onobtient ainsi une nuance plus fraîche.

jaune chamois. S’obtient par 85de sulfate de fer et400 de cristaux de soude ; puis dissolution aqueuse dechlore en suffisante quautité pour faire tourner la cou-leur du vert au jaune ; pour les papiers communs,on emploie l’ocre jaune.

Par l’azurage, on n’a pas toujours pour objet de co-lorer légèrement en bleu, mais, le plus souvent, demasquer un défaut de blancheur par l’addition d’uneteinte complémentaire. Le ton à corriger étant commu-nément jaunâtre, on a recours, pour le faire dispa-raître, au bleu ou au violet ; lorsque la proportion n’enest pas excédante, le papier demeure blanc mat ; si ellela dépasse, il est dit azuré.

Le rose de Fernambouc, le lilas de Campêche etle bleu de Prusse servent pour l'azurage des pâtesblanches ordinaires; les bleus de cobalt et d’outre-mer,pour les qualités supérieures. Le cobalt présente l’in-convénient de se déposer sur le revers de la feuille, etde donner ainsi un azur plus intense sur une faco quesur l’autre; il est particulièrement employé, lorsqu’ondoit encoller à la gélatine. Le second a plus de feu etne se dépose pas sensiblement ; mais il est peu stable A tse décolore, si l’eau dans laquelle on travaille n’est paspure de chlore, d’acide ou d’un excès de sel acide, telque l’alun. Pour un azurage léger, on compte 3 kilogr.de bleu de cobalt, ou 4 kilogr. de bleu d’outremer, pour100 kilogr. de papier.

L’azur se met dans la pile après l’encollage ; le mêmeordre est généralement suivi pour les autres colo-rations.

Les papiers de couleur, collés à la gélatine et séchésà l'air, sont d’un ton plus éclatant et plus frais queceux collés à la résiue et séchés à la machine ; on doitremarquer aussi que le satinage, ou apprêt à la lisse,fonce les teintes.

MACHINE A FABRIQUER LE PAPIER CONTINU. Lupâte convenablement préparée étant réunie dans ungrand cuvier placé eu tête de la machine, on la faitarriver par un robinet ou un appareil régulateur, donton règle la dépense en raison des besoins, dans lepremier compartiment de la cuve à ouvrage ou vat A(fig. 4971), doublée en zinc, dans laquelle tourne unagitateur a qui mêle la pâte avec l'eau versée parle robinet; quatre vannettes b la distribuent sur l’épu-rateur B, composé d’un cadre en cuivre à quatre com-partiments «contenant quatre autres cadres ou tamis 6*également en cuivre ; un mouvement oscillatoire estimprimé à l’épurateur par une roue à rochet b'*, dontles dents font lever et baisser les branches B’. Cetépurateur retient les boutons, et laisse passer la pâteau travers du tamis b* dans le second compartiment A’,où elle est de nouveau remuée par l'agitateur a ’ ; de làelle passe par la vanne C, dont l’ouverture est régléepar le levier c; elle traverse ensuite plusieurs coulisses c”\ qui l'obligent à s’étendre en largeur, etarrive dans la caisse D, où elle dépose le gravier dontelle peut être chargée; de là, maintenue à droite et agauche par les règles d, elle se répand sur la toilemétallique E, portée, dans une partie de sa course, surles petits cylindres en cuivre c’, engagés, par leurstourillons, dans les règles e. L’ensemble de la toile etdes rouleaux est ce qu’on appelle la forme ou la table! de fabrication.

| La toile métallique, tendue par des rouleaux f etpassant sur un cylindre de renvoi d’’, a une marches constante comme une corde sans fin ; elle éovouvC'