papier;
PAPIER.
temps, que les fabricants estiment, d’un autre pointde vue économique, comme plus précieux encore.
Actuellement la France emploie 72.000 000 kilo-grammes de chiffons par an, et fabrique 50.000.000 ki-logrammes de papiers, tant de machine que de cuve ; cequi équivaut approximativement, pour les chiffons, àune valeur de 48.000.000 francs, et pour les papiers à45.000.000 francs. , hanbiot.
PAPIER DE SÛRETÉ. La question des papiersde sûreté a pris une importance considérable à uneépoque où les sciences chimiques et physiques per-mettent la contrefaçon de toutes les écritures, faitesavec des encres délébiles ou indélébiles, au moyen dutransport sur pierre (voyez lithographie) ou de laphoto-lithographie. Nous croyons donc qu’il est utiled'esquisser rapidement les principaux ïnoyeps qui ontété successivement proposés pour mettre les actes pu-blics ou privés à l’abri du faux et de la contrefaçon, enrappelant que les papiers timbrés et les papiers desûreté peuvent être, soit altérés partiellement, soitcontrefaits , soit enfin lavés au moyen de réactiis quienlèvent l’écriture qui est à leur surface, afin de lesfaire servir de nouveau.
Le premier procédé que nous rappellerons est celuide M Maugàrd, en date de 4794, consistait dans l’em-ploi d’un talon de sûreté, imprimé d’une vignette àcombinaisons et d’un timbre sec sur une surface mar-brée. Ce talon de sûreté, disait l’inventeur, prévenaitla création de billets faux ; car il eût été impossible auxfaussaires de faire raccorder les billets créés par euxavec les talons des billets véritables; il n’en est pasainsi, puisqu’on pourrait actuellement contre-épreuverexactement ces billets, qui d’ailleurs n’offraient aucunegarantie contre l’altération des sommes inscrites surleur surface.
En 4818, M. G. Dorsay prit uu brevet pour un pa-pier do sûreté srusit>f , qu’il fabriquait, soit en mêlantdans la pâte du papier, alors qu’elle était en cuve,une certaine quantité de prussîatu jaune de potasse,soit eu immergeant, feuille à leuille, le papier fabriqué,mais non collé, dans une dissolution do cette substance.Ce papier de sûreté, ainsi que tous ceux qui ont étéfabriqués depuis sur le même principe, n’offre pas degarantie; car la chimie fournira toujours les moyensde faire disparaître les taches que les réactifs, employéspour détruire une phrase ou un corps d’écriture, aurontfait paraître à la surface de ces papiers de sûreté.
Une première commission académique, dont M. d’Ar-cet était le rapporteur, examiuont, sur la demande dugarde-des-secaux, la question des papiers de sûreté,présenta à l’Académie à ce sujet, en date du 6 juin4831, un rapport par lequel elle rejetait tous les pa-piers de sûrete qui lui avaient été soumis, et proposait4° l’emploi d’une encre indélébile, composée d’encre deChine délayée dans un mélange d’eau et d’acide hydro-chlorique marquant 4° 4/2 B.; 2° l’impression sur0",04 de largeur, au milieu de la feuille de papier,d’une vignette gravée au tour à guillocher sur uncylindre de cuivre, en ayant soin de faire usage, pourl’impression, d’encre ordinaire épaissie ou de boued’encre ; en limitant ainsi la surface de la vignettedélébile a 0“,04 au lieu d’en recommander l’impressionsur toute la surface de la feuille, la commission aban-donnait ainsi la question du faux partiel pour ne s'atta-cher qu’au lavage du vieux papier timbré. D’un autrecôté, on est parvenu récemment a transporter sur pierrelithographique toutes les écritures délébiles et indélé-biles, grasses ou non, par voie de transport lithogra-phique proprement dit ou par voie p.ioto-graphique, desorte que les conclusions de ce rapport n’ont plus actuel-lement aucune valeur, par suite des progrès qu’ont faitdepuis les sciences appliquées à l’industrie.
£.n 4834, M. Mozurd prit un brevet pour un nou-
veau papier de sûreté qu’il fabriquait, en imprimantune vignette en encre délébile sur une feuille mince depapier encore humide et non terminée, et à recouvrircette première feuille imprimée d’une seconde feuille depapier aussi fraîchement fabriquée ; puis à cylindrer età sécher ces deux feuilles juxtaposées. Ce papier pré-sente un grave inconvénient, le décollage facile desdeux feuilles; ce qui rend aisé toute espèce de fauxpartiels et généraux, ainsi que le blanchiment total.En outre, la disposition intérieure de la vignette délébile, fait qu’elle n’est pus assez accessible aux agents chi-miques employés par un faussaire adroit, et, d’uu autrecôté, le manque de pureté de la vignette de ce papierainsi que l’inégalité de sa teinte générale, constituentdes vices radicaux au point de vue du faux partiel.
Une seconde commission, dont M. Dumas était rap-porteur, s’occupant de nouveau de la question des pa-piers de sûreté, sur la demande du ministre des fi-nances, fit, le 23 février 4 837, un rapport par lequel,rejetant tous les procédés qui lui avaient été soumis,elle proposait :
4° L’impression sur chaque face du papier d’un fili-grane très fin et indélébile;
2° L’impression d’une vignette délébile. composée defigures géométriques très petites, parfaitement identi-ques et manuellement inimitables.
Elle rappelait en même temps que le meilleur préservatif contre toutes les falsifications d'écriture consistedans l’emploi de l'encre de Chine acidulée.
Les moyens proposés par la commission, quoiqueoffrant une garantie bien plus grande que tout ce quiavait été fait jusqu’alors, sontactuellementinsuffisantsdans Tétut de la science.
Plus tard, en 4840, deux nouveaux inventeurs,MM. Zuber et Knecht, se présentèrent à un concoursouvert par une commission spéciale nommée par leministre des finances.
Le papier présenté par M. Zuber était fait à la ma-chine et imprimé, a la suite du premier cylindre sé-eheur, avec de l’encre délébile et des rouleaux en cuivregravés à la molette, semblables à ceux dont se serventles fabricants d’indiennes.
Le papier de M. Knecht était fabriqué à la forme,imprimé à la presse lithographique de M. Perrot, etcouvert d’une vignette gravée primitivement en creuxsur ime planche-matrice, par la machine de M. Neuber,puis contre épreuvée sur pierre par les procédés connusen lithographie.
Sans nous arrêter à discuter lis défauts de ces papiersde sûreté, ce qui nous exposerait à des redites, nousrappellerons seulement que la commission précitée, touten declaraut que le problème n'était pas résolu, proposaà M. le ministre des finances de partager entre lesconcurrents déjà nommés et M. Dehurge, qui présen-tait le papier Mozard, le prix de 60.000 francs votépar les chambres.
Il ne nous reste plus qu’à parler du procédé proposépar M. Tissier, qui a étudié récemment avec le plusgrand soin toutes les questious relatives aux papiersde sûreté, et qui est arrivé, selon nous, à une solutionqui rend sinon impossible, du moins presque impra-ticable, toutes les espèces de faux partiels ou généraux,le lavage et tous les genres de contrefaçons, soit à l’aidedes moyens ordinaires de la gravure, chimiques, ma-nuels ou mécaniques, soit à l’aide des procédés litho-graphiques et photographiques actuellement connus.
Les papiers de sûreté de M. Tissier sont couvertssur leurs deux faces d’uue vignette imprimée typogra-phiquement avec une encre délébile.
Les planches-matrices en taille-douce des vignettessont perpétuées indéfiniment au moyen de transportset de sous-transports sur pierre, faits suivant les pro-cédés ordinaires de la lithographie. Les planches d’im-