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PAPIER.

PAPIER,

pression typographique sont le résultat d’épreuvesprises sur les sous-matrices lithographiques, contre-épreuvées sur des pierres de Munich , puis gravées enrelief par le procédé particulier à M. Tissier (voyezlithographie), ou obtenues au moyen de la galva-noplastie.

Les vignettes des planches-matrices en taille-doucesont composées de deux dessins créés séparément pardes moyens reposant sur des principes opposés ; le pre-mier (destiné a prévenir la contrefaçon manuelle de lavignette dans les faux partiels, et la contre-épreuve surpierre de cette même vignette par une surcharge faiteà la plume et a l’encre lithograpique) est composéd’éléments mathématiquement réguliers, identiques,bien visibles à l’œil nu, légèrement et symétriquementespacés, et gravés avec un diamant par uue machinede précision j le second (ayant pour but d’empêcher lacontrefaçon mécanique et photographique delà planche-matrice, et, par suite, le lavage) est composé d’élé-ments irréguliers, dissemblables, bien visibles seule-ment à la loupe, très rapprochés, produits et distribuéspar ie lm*urd, et entièrement à l'abri du calque et del’imitation manuelle. Ces deux dessins sont juxtaposés,c'est-à-dire que les éléments irréguliers, microsco-piques remplissent les espaces réservés entre les élé-ments réguliers, visibles à l’oeil nu, sans se confondreavec eux.

Enfin, pour mettre les papiers de sûreté à l’abri detoute espèce de contrefaçons lithographiques, M. Tissiera eu l’heureuse idée d’imprimer deux fois toutes lesfeuilles de papier, simultanément sur chaque face, avecdes planches identiques : une première fois avec uneencre blanche, qui donne une empreinte invisible ; unedeuxième fois avec une encre de couleur, qui donne uneempreinte visible. Ces deux impressions, irrégulièrementsuperposées, sont faites avecaeux encres résineuses dé-lébiles, ayant à un égal degré la propriété de se trans-porter sur pierre, composées l’une et l’autre avec lesmêmes substances, et ne différant entre elles que parune petite quantité d’encre usuelle sèche, ou mieux degallate de fer, nécessaire pour colorer l’encre d’impri-merie de la vignette visible. Au moyen de cet ingénieuxprocédé, qui rend impossible le transport de la vignettevisible sans celui de la vignette invisible, et qui consti-tue sans aucun doute un perfectionnement de la plushaute importance, les contre-épreuves sur pierre des pa-piers de sûreté sont doubles et confuses, et ne peuventêtre utilisées par les faussaires.

En dernier lieu, et pour rendre tout à fait impossiblela contrefaçon des billets de banque, qui ont tant à re-douter de la part des faussaires, à cause des fortes va-leurs qu’ils représentent, et surtout par suite de l’inven-tion récente de la photo-lithographie, qui offre dansbeaucoup de cas des moyens de contrefaçons très sim-ples et tout à fait nouveaux, M. Tissier propose, pourles billets de banque :

4° D’imprimer, sur chaque face du papier, deux vi-gnettes : une vignette de couleur pâle et une vignettenoire superposée à la première ;

2° De ne jamais repérer les deux vignettes d’une desfaces du billet avec les deux vignettes de l’autre face ;

3° D’imprimer deux fois, avec des planches identi-ques, la vignette de couleur couvrant les deux faces dubillet ; une première fois avec de l’encre blanche, uneseconde fois avec de l’encre teintée ;

4° De composer la vignette de couleur d’éléments ré-guliers, gravés avec un diamant par une machine deprécision, et d’éléments irréguliers, dissemblables, mi-croscopiques, produits etdistribués par le hasard, commedans les papiers de sûreté ordinaires ; seulement les élé-ments réguliers, au lieu d’être identiques et de se répé-ter à des distances déterminées* seraient tous dissem-blables i

Enfin, 5°, la vignette noire serait dans les conditionsde la vignette actuelle de la banque de France , et desti-née au même usage ; seulement elle devrait être produiteen partie avec le burin d’un graveur, et en partie avecune machine de précision, celle de Colas, par exemple.

PAPIER PEINT pour tenture. Ce papier, quiimite les plus riches étoffes, les ornements d’architec-ture, les décors, etc., leur est actuellement substituépresque partout, si ce n’est dans les ameublements d’unluxe hors ligne.

C’esr on France que cette industrie a pris naissance,au commencement du dix-septième siècle. Les premiersessais furent faits pur uu nommé François, de Rouen ;mais ce ne fut qu’à la fin du siècle dernier que Réoeillonporta cette industrie à uu haut degré de perfection.Elle est toute française, nous pourrions dire toute pa-risienne, car elle e.-t née et s’est développée au faubourgSaint-Antoine. Nous allons suivre les diverses périodesde cette fabrication.

Posage du fond . Si ce n’est pour des sortes excessi-vement communes, on recouvre toujours le papier d’uneteinte plate obtenue à l’aide d’une couche de couleur àla colle, déposée au moyen de larges brosses. Des en-fants qui suivent l’ouvrier égalisent la couche à l’aided’autres brosses. 9

Ces opérations sont suffisantes pour la presque tota-lité des papiers qui reçoivent une première teinte gri-sâtre (formée surtout de craie) j mais quand le fondest de couleur, et que par suite les inégalités de tonseraient très apparentes, l’ouvrier promène circulaire-ment, après les opérations ci-dessus décrites, une grossebrosse ronde, douce, qui égalise parfaiteraentle fond-

Séchage. Le papier est séché sur des perches où il estplacé, plié en quatre (le rouleau a 25 pieds de long), ceque font rapidement les enfants, qui placent deux bâ-tons en des points convenablement situés. Ils les po-sent sur des ferlets , espèces de béquilles portant unegorge pour receveur la baguette, et, l’élevant à l’aidede celle-ci, font passer le papier sur les traverses de lapièce maintenue à une température assez élevée.

Lissage. Le papier séché est redressé par son enrou-lement (moyen général et nécessaire chaque fois que lepapier a été mouillé, que sa surface n’est plus plate).On le lisse à l’aide d’une règle en bois que l’on pro-mène sur sa surface, la face colorée étant en dessous.

Impression . Le papier recouvert uniformément de lateinte plate qui forme le fond, est soumis à l’impres-sion des couleurs du dessin, à l’aide de planches sem-blables aux blocs des imprimeurs sur étoffes, saufqu’elles sont en général plus larges. Elles sont néces-sairement garnies de picots aux quatre coins pour dé-terminer les rentrures, qui sont une des difficultés dela fabrication à cause des retraits et des allongementsdu papier, sous l’influence de l’humidité, surtout euégard à la grande longueur du rouleau. Aussi n’est-ceen général que pour des sujets isolés, des paravents,par exemple, qu’on rentre un grand nombre de plan-ches et de couleurs successives.

Avec toute la facilité que donne le grand relief desgravures pour prendre la couleur sans réunion detraits consécutifs, il faut encore un moyen convenablede prendre la couleur qui, peu épaissie par la colle, àTétât de boue liquide, se prête difficilement à une distri-bution convenable. On y parvient à l’aide d’un baquetanalogue à celui des imprimeurs sur étoffes.

Ce baquet est une caisse remplie d'eau sur laquelleon fait reposer un cadre garni d’une peau de basane,dont elle maintient la souplesse: sur ce cuir, on placeles châssis mobiles ou les draps fins sur lesquels on éga-lise la couleur avec une brosse. Il est clair qu il fautautant de draps que do teintes.

Pour déterminer la pression nécessaire à l’applica-tion do la couleur sur le papier, on se sert d’un levier