PAPIER.
PAPIER.
formé d’une longue perche de bois, dont l’une des ex- jtrémités est passée sous une forte traverse, et sur l’autre ]extrémité de laquelle un enfant produit une pressionconsidérable en s’asseyant dessus, après que l’ouvriera disposé convenablement la planche.
Quand l’ouvrier a successivement appliqué la plan-che sur toute la surface du papier, il l'étend pour lelaisser sécher ; puis, par un semblable travail, il appli-que, eu se servant des repères, toutes les teintes àl’aide de planches gravées convenablement, en laissantsécher entre chaque opération.
Impression à l'aide de rouleaux. La machine à rou-leaux gravés en relief ' la seule qui convienne pourl’impression du papier, qui n’absorbe pas la couleur,qui ne peut, par suite, supporter aucune pression après1 application de la couleur) est arrivée aujourd'hui àun état de perfectionnement très remarquable. Nousavons vu, dans la fabrique de M. Leroy, à Paris , desmachines de ce genre à un et deux rouleaux, quifonctionnaient d’une manière très satisfaisante. Leprincipe de ces machines est le même que celui desmétiers à surface, que nous avons donué à l’articleimpression sur étoffés ; c’est à l’aide d’un drapsans fin, convenablement tendu, et en partie plongédans la couleur, qu’on parvient à répartir celle-ci surles cylindres. Uue pièce fixe, formant racle, empêche lacouleur d’être en trop grande quantité sur U toile.
Cette machine réussit admirablement pour faire desrayures de tout genre avec une bien grande économie.Les rouleaux obtenus facilement en cuivre jauue, àTaule du tour, viennent déposer la couleur sur le pa-pier. Sur les surfaces larges cette application serait dé-fectueuse, la teinte ne serait pus uniforme, la pressionet la vi’e<se du mouvement détermineraient des mar-brures. L’inventeur y remédie parfaitement par l’addi-tion d’un châssis portant de petites brosses correspon-dant aux parties saillantes du rouleau, qui rencontrent lepapier après l’action de celui ci, et égalisent la couleur.
Dans cette machine, le papier est pressé sur les cy-lindres imprimeurs pnr un gros cylindre en molletonqui tourne seulement par l’effet de la pression qu’ilexerce sur les cylindres. Une manivelle donne le mou-vement aux axes des rouleaux qui sont commandéspar des engrenages.
La régularité de la largeur du papier mécanique (misen général de largeur sur la machine même par descisailles circulaires) permet au papier guidé par unepartie cylindrique à rebords sur laquelle il passe avantd’arriver au cylindre, de se représenter assez régu-lièrement pour que des impressions de raies succes-sives puissent parfaitement s’exécuter.
Le problème de l’impression au rouleau serait entiè-rement résolu s’il pouvait en être de même dans lesens de la longueur du papier; mais pour cela, il fau-drait, avec un premier repère pour le point de départ,des rouleaux de dimensions mathématiques, afin queles rentrures ne laissassent rien à désirer.
,Or, là est la limite du procédé. Les rouleaux exécu-tés en bois de poirier, gravés à la main ou picotés enuivre, laissent toujours à désirer pour la régularité deleurs dimensions. Jusqu’à la solution complète et éco-nomique à*, la fabrication des rouleaux en relief, ceprocédé est limité aux dessins de peu d’étendue. Sansdoute; ce problème pourrait être résolu, mais si l’oncalcule que les rouleaux sont deux ou trois fols pluschers, exécutés imparfaitement, que les planche* platesqui serviraient à fabriquer les mêmes papiers; que laproportion croîtrait rapidement avec les dimensionsdes rouleaux, et la précision do leur exécution, ou euconclura que le procédé est bien moins applicable auxpapiers demandant un grand nombre de rentruresqu’à la .fabrication a bon marché, comprenant les pa-piers à trois ou quatre teintes ou couleurs (en ajou-
tant celles du fond à celles produites par la machine).
| C’est au reste celle qui produit sur une grande échelle,et qui, par suite, fait trouver un avantage notable à em-ployer des procédés expéditif».
M. Zuber, de Rixheim, près Mulhouse , emploie, danssa belle fabrique, des rouleaux gravés en creux pourfaire des dessins très délicats, des tarots de cartes, etc.Le problème d’imprimer ainsi sur papier était d’unesolution difficile; c’est, croyons-nous, eu employant lacouleur très épaisse et le papier un peu humide qu’il yest parvenu.
On ne peut obtenir ainsi des dessins chargés encouleur, car on sait que pour les étoffes elles-mêmes onremplace le rouleau gravé en creux par la perrotine oule métier à surface pour imprimer des dessins chargésen couleur.
Pour fabriquer les papiers rayés, M. Zuber a inventéune machine qui est formée essentiellement d’un petitréservoir composé d’autant de compartiments qu’onveut produire de bandes. Ces compartiments, percésd’ouvertures régulières, représentent une série de rin>lignes liés entre eux et immobiles. On les remplit decouleur, et on fait glisser le papier par-dessous. Decette mauière, les couleurs te transmettent sur toutela longueur du papier avec une régularité parfaite.
Couleurs. Les couleurs employée» dans la fabricationdes papiers peints sont : Pour le blanc, la céruse, leblanc de zinc, le blanc d’Kspagne ou la craie.
Pour le jauttf, les couleurs préparées avec la gaitde,la graine d’Avignon ou la graine de Perse, le chro-mate de potasse, l’ocre.
Pour le rouge , les extraits du bois de Brésil .
Lotir le h/eu, le bleu de Prusse , les cendres bleues,le sulfate de cuivre.
Pour le noir, les noirs d’os, le charbon.
Pour le violet , les extraits de bois de Campêche.
Pour le vert, les cendres vertes, et surtout le vertde Schweinfurt, qui est extrêmement riche.
Dans tout ce qui précède, nous nous sommes sur-tout occupés des papiers mats ou communs; ces pro-cédés reçoivent quelques modifications ou complémentspour des fabrications accessoires dans lesquelles ondoit distinguer :
4° Les papiers satinés, auxquels on donne le brillantou sari» au moyen d’un mélange de sulfate de chaux onà'alumme qu’on introduit dans la couleur, et en les sou-mettant à l’action de la brosse ;
2” Les papier» veloutés , que Ton obtient en fixant surce papier de la laine teinte et moulue, avec un mordantcomposé de céruse broyée et d’huile cuite;
La toutisse provient de la toute des draps; olle sertaprès teinture, moulue, réduite en poussière, puisblutée, afiu d’être amenée au degré de finesse voulupour s'attacher solidement au mordant avec lequel ona imprimé. C’est eu soulevant la tontisse comme unepoussière fine qu’ou produit cette adhésiou. On appli-que souvent après cette opération des couleurs à la colle,qui, par l'effet de leur coloratiou et aussi de la pres-sion de la planche, augmentent l’effet des veloutés.
3° Enfin, les papiers dorés et argentés , pour lesquelson emploie les mêmes procédés que pour les papiers ve-loutés, c’est-à-dire qu’on imprime d’abord le dessinqu’on veut obtenir avec le mordant gras , puis on le re-couvre avec des feuilles bien miuces de métal. Le papierdoré se fait avec l’or faux, ou or d'Allemagne ; il n’enest pus de même pour le papier urgeuté, pour lequel onemploie toujours l’argeut pur.
Pendantîongtemps Paris a eu le monopole exclusif dela fabrication des papiers peints, et c’est encore là qu’euexiste le foyer principal, caron n’en comptedansles dé-partements que b à 7 fabriques de quelque importance,réparties ainsi qu’il suit : 3 à Lyon, \ à Mulhouse , 1 àStrasbourg, 4 à Motz, tandis qu’à Paris 11 en existe un