PASTILLES.
PAVAGE.
dra du sucre bien blanc, que Ton pulvérise fin et quel’on délaie avec de l’eau distillée de menthe poivrée, demanière à en former une pâte assez consistante, a la-quelle on ajoute quelques gouttes d’essence de menthe.Cette opération se fait dans un petit poêlon à fond rondet à bec ; on chauffe ensuite la pâte sur un feu trèsdoux, et, dès qu’elle a acquis assez de fluidité, on lacoule goutte à goutte sur des feuilles de fer-blanc, endétachant avec une aiguille à tricoter chaque goutte, àmesure qu’elle se présente à l’extrémité du bec. Aussi-tôt qu’elles sont figées sur la feuille de fer-blanc, on lesen détache par une légère secousse et on les met sur destamis de crin pour les faire sécher à l’étuve. On prépareles pastilles à la goutte, dont une moitié est blanche etl'autre colorée, en se servant d’un poêlon partagé, dansle sens du bec, dans tout son diamètre et sa profondeur,par un diaphragme qui sépare les deux pâtes de manièreà ce qu’elles ne s’accolent que pendant la coulée. Onfait aussi des pastilles à la goutte qui sont transparentes ;on les nomme pastilles au bijou. Elles different des pré-cédentes en ce que l’on chauffe assez pour liquéfier en-tièrement le sucre. On les coule de la même manière,mais comme elles se concrètent en tombant, elles pren-nent la forme sphérique.
PATES MOULÉES. On remplace actuellement, paréconomie, les ornements de sculpture qu'on faisait au-trefois à grands frais, sur le champ des cadres, les pan-neaux des portes d’appartements, etc., par des pâtesmoulées qu’on applique ensuite, en les fixant avec de lacolle et même des pointes fines, à la place que l’on dé-sire. Ces pâtes su font ordinairement en papier mâché,en râpures de bois ou en blanc d’Espagne .
Les pâtes moulées en papier mâché se font avec dupapier réduit en pâte, ou de la pâte à papier; cette pâte,privée de son excès d’eau par la pression, est étenduedans un moule en bois dur, ou mieux en plâtre broyéavec du lin, et comprimée d’abord à la main, puis avecun linge; on laisse ensuite sécher lentement à l’air, eton couvre souvent avec une ou plusieurs couches deblanc d’Espagne délayé avec de la colle. Ces objets peu-vent être dorés ou peints.
Les pâtes en sciure de bois se font en faisaut fondreséparément 5 parties de colle de Flandre et 1 p. de collede poisson, dans assez d’eau pour obtenir une colle trèsclaire, que l’on passe à travers un linge, et on les mêle ;la liqueur doit former une gelée très faible par le refroi-dissement. On la chauffe de manière à ce que le doigtpuisse à peine y rester plongé ; on y incorpore de lasciure de bois passée au tamis ; on étend une couche dequelques millimètres de cette pâte dans un moule deplâtre eu de soufre graissé d’huile de lin, et on coule pardessus une autre pâte faite avec les portions de sciurequi n’ont pu passer au tamis, que l’on comprime et quel’on charge ensuite d'une planche sur laquelle on metdes poids. Cette pâte prend parfaitement la peinture etla dorure.
Les pâtes moulées en blanc d’Espagne se font en pé-trissant un mélange de colle et de blanc d'Espagne , quel’on moule ensuite comme ci-dessus. On les emploie sur-tout pour ornements de cadres ; on les recouvre de plu-sieurs couches de blanc à la colle, on répare et on dore.
PAVAGE. PAVE. Le premier de ces mots désignel’action de paver, ou l’ouvrage fait avec des pavés ; lesecond s’applique aux cailloux, aux morceaux de grès,et en général à tous les matériaux qui servent à paver.
Les Carthaginois, les premiers, pavèrent les rues deleur ville : Primum autem pceni dicuntur lapidibusstravisse (Isidori Hisp. épis. orig. lib. XV, cap. 46).Les rues de Rome ne furent pavées que 4 88 ans envi-ron après l’expulsion des rois, sons le consulat d’AppiusClaudius ; et la première route pavée construite par lesRomains le fut sous le consulat d’Aurélius Cotta, c’est-à-dire 542 ans après la fondation de Rome. Paris ne
commença à l’être que vers 4485, sous Philippe-Àuguste. Suivant Dulaure (Hxst. de Parié, 4* p vol.), on nepava sous cc roi que les rues formant ce que l’ou appe-lait la croisée de Parts , c’est-à-dire deux rues se croisantau centre de cette capitale, et dont l’une allait du sudau nord, et l’autre de l’est à l’ouest. Ce pavé se com-posait de grosses dalles ou carreaux de grès d'envi-ron U"*,09 de long sur 0“,46 d’épaisseur. En creusantla tr&ncbée de l’égout de la rue Saint-Denis (10 fé-vrier 4832), on a trouvé deux anciennes voies. L'une,qui, enfoncée à environ 0“,49 au-dessous du sol, étaitpavée avec de larges blocs de pierres et quelquefois degrès : c’est l’ancieu pavé de Philippe-Auguste ; l’autre,plus enfoncée encore, est à environ 0“,09 de la pre-mière, était recouverte par un cailloutis. C’est l’an-cienne voie romaine du temps des empereurs.
Les chaussées se divisent en deux grandes classes,suivant leur mode de construction, ce sont ; 4° leschaussées pavées ; 2* les chaussées en empierrement . Lespremières sont construites avec des matériaux de for-mes régulières et assez volumineuses pour avoir delàstabilité et être posés en biais ou bien à côté des autres.Les secondes, au contraire, sont construites avec desmatériaux irréguliers et qui n’ont de cohésion entre euxque celle produite par leur enchevêtrement résultantd’une pression ou d’un choc. Nous ne nous occuperonsici que de ce qui a rapport à l’établissement des chaus-sées et des rues pavées, renvoyant à l’article koutepour ce qui a rapport aux chaussées en empierrement.
Un bon pavage doit satisfaire aux conditions sui-vantes : 4* il doit être disposé de manière à s’opposeraux infiltrations des eaux qui pourraient venir affouillcrle sol sur lequel on l’a placé ; 2° il doit être composéd’une matière dure susceptible de ré>ister aux chocs etaux frottements auxquels il sera exposé par suite dupassage des voitures ; 3° enfin, sa surface ne doit êtreni trop unie ni trop raboteuse, et présenter seulementquelques aspérités destinées à servir de point d’appuiaux pieds des chevaux.
Les matériaux que l’on emploie au pavage varientavec les localités où l’on se trouve. Toutes les pierresdures indistinctement peuvent être employées. Cellesdont on fait le plus fréquemment usage sont : le grès ,la meulière , le granité, le basalte , le porphyre , le schiste ,la pierre calcaire , les cailloux roulés, etc., etc.
Les pavés, quelle que soit leur nature, se posent surune couche de sable de 0“.45 à0'“,47 d'épaisseur. Cesable par son incompressibilité et sa semi-fiuidité a lapropriété de répartir le poids que supporte un pavé surune base plus grande que celle du pavé même.
Quand on construit une chaussée pavée on doit avoirgrand soin de réunir les pavés de même dureté, sanscela les plus tendres s'usent rapidement et forment destrous dans lesquels tombent les roues des voitures ; ceschocs accélèrent la destruction des paves tendres et parsuite la dégradation des pavés vois ns.
Dans les rues des villes, le pavage s’étend jusqu’auxmaisons ; sur les routes, au contraire, les chaussées pa-vées n’en occupent que le milieu, et les accotementsles bordent de chaque côté. Pour que les roues des voi-tures qui passent de la chaussée sur l’accotement, ouréciproquement, ne culbutent pas les pavés extrêmes;on donne à ceux qui sont ainsi placés des dimensionsplus fortes que celles des pavés ordinaires ; ils portentle nom de bordures ou boutisses. Ces bordures servent enoutre à découper les joints et à supprimer les traversinsou demi-pavés. A Paris , on leur donne une longueurégale à un pavé et demi et une épaisseur égale à celledes pavés. Elles ont donc 0“,35 de longueur sur 0",23d’épaisseur.
Des matériaux de diverses grosseurs ont été em-ployés au pavage des chaussée?. On n’est pas encored’accord sur les dimensions les plus convenables à don-