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PAVAGE.

PAVAGE.

ner aux pierres que l'on veut employer. On sait seule-ment que les bons pavages doivent être établis avec despierres de moyenne grosseur. Les petites sont difficilesà mettre en œuvre et n’ont pas toutes la même résis-tance ; celles de grandes dimensions présentent trop desurface pour leur épaisseur, elles peuvent donc sebriser facilement. On a employé pendant longtemps eton emploie encore à Paris , presque exclusivement, lespavés cubiques de 0",23 de côté, qui se posent les unsà côté des autres sur une couche de sable. L’expériencea cependant démontré qu’il est avantageux de mettreen œuvre des pavés à sections rectangulaires. C’estainsi que sont pavées les rues Saint-Honoré, du faubourgSaint-Martin, etc., etc.

On fait des pavages 1° en pares bruts , c'est-à-diretels qu'ils sortent de la carrière ; 2“ en pares semillés,c'est-à-dire en pavés, qui, avant d’être posés ont ététaillés de manière à abattre seulement les aspérités;3° en pares piqués , c'est-à-dire en pavés qui ont ététaillés et dressés à la pointe sèche avec arêtes vives,

Le pavage en pavés bruts permet de conserver auxpierres plus de matière. En outre, moins le grès esttravaillé, et plus sa masse est compacte, parce qu'il n’ya pas eu désunion dans les molécules par le choc desoutils employés à le tailler. Ce mode de pavage est doncavantageux sous le rapport de la solidité du pavé, maisles joints sont plus grands et la surface plus raboteuse ;il est presque exclusivement employé pour raison d’é-conomie ; la main d’œuvre du semillage, et à plus forteraison celle du piquage, augmentant de plus de 300 fr.le prix de revient du mille de pavés. Cependant il con-vient de piquer les pavés tendres afin d’augmenter leurdurée.

Le grès est sans aucun doute la pierre la plus conve-nable pour le pavage, à cause de sa dureté, de son ho-mogénéité, et de la facilité avec laquelle on le débiteaux dimensions convenables.

Le grès est un composé de débris de quarz réunis etagglutinés par un ciment siliceux ou calcaire. Rien n’estplus variable que sa qualité ; il y a des grès très ten-dres, dont les grains sont à peine liés ensemble et seséparent sous le moindre choc ; d'autres résistent da-vantage aux outils ; d’autres sont durs, sonores, ontune surface lisse et se cassent assez difficilement, maisnet ; enfin il y a le grès grisard, qui est tellement dur,que les outils ne peuvent l'entamer. Les ouvriers quipréparent les pavés de grès, appellent grès pif, le gri-sard, c’est-à-dire celui qui est trop dur pour être em-ployé ; le grès paf, celui dont la densité et la dureté lerendent propre à servir au pavage. Enfin, grès pouf ,celui qui se réduit en sable sous le choo des outils.

Les pavés de grès proviennent de rochers plus oumoins volumineux, placés tantôt à fleur de terre, tantôtau-dessus du sol et quelquefois au-dessous. On abat d'a-bord la roche, soit à la poudre, soit au moyen de coinsen fer, puis on subdivise les blocs obtenus par les mêmesmoyens, pour en faire des bandes d'épaisseur et de lar-geur convenables à l’échantillon du pavé qu’on veut ob-tenir. Ces bandes sont ensuite eiles-mêmes subdiviséesen pavés de dimensions voulues avec un couperet à deuxpannes pesant environ 30 kilogr. Les pavés sont en-suite équarris avec un couperet de même forme maisplus petit, du poids de 3 à 4 kilogr. Les fendeurs, ou-vriers employés dans les carrières, à la refente et àl’équarrissage du pavé, ne font qu’un seul échantillon,dit gros pavé ou pavé de ville , ayant 0®,23 de côté entous sens ; quelques-uns cependant n'ont souvent que0“,16 à 0®,48 d’un côté, et 0“,23 sur l’autre ; ils dé-bitent environ quatre cents pavés par jour. On fait aussisurles carrières de grands pavés dits bordures, de 0“,23d’épaisseur sur 0“,25 de longueur. Enfin, on y faitaussi du pavé bdtard , qui est plus petit que celui de di-mensions ordinaires et qui provient des restes de blocs

dans lesquels les fendeurs n’ont pu trouver un pavé deville : il a de 0®,16 à 0“,20de long sur 0“,10 à 0®,J4d’épaisseur. Les pavés de grès que l’on emploie à Paris ,proviennent de Bellay, Molfiiers, de divers coteaux dela vallée d’Yvette, de la vallée de l’Ourcq , de celle dela Marne, de Ballancourt, des environs de Fontaine-bleau , etc. On distingue les pavé3 durs des pavés ten-dres 4® en ce que ces derniers sont moins lourds ; 2° ence qu’ils absorbent une quantité d’eau plus grande lors-qu’on les immerge dans l’eau; 3° en ce que lorsqu’onfrappe dessus avec un marteau le son est d’autant plussourd que le pavé est plus tendre ou présente plus defissures.

On distingue les pavés en roche dure , c'est-à-direcelui qui sert entier, sans être refendu, au pavage desrues, des routes, etc., et en roche franche , c’est-à-direcelui qui, après avoir été refendu, sert au pavage descours, des allées, des écuries, etc., etc. Pour obtenirle pavé en roche franche, on divise le pavé de groséchantillon en deux ou trois sur la hauteur. Le pavé detrois est celui qu’on emploie le plus fréquemment : il ade 0",07 à 0®,08 de hauteur; celui de deux a 0®,<0à 0®,41. Les pavés de deux ou de trois se placent tou-jours sur une couche de mortier. Pour établir unechaussée pavée, on creuse l’encaissement qui doit rece-voir et le pavé et 4a couche de sable sur laquelle il re-posera, c’est ce que l’on appelle la forme ; elle a 0",40de profondeur. Le fond de l’encaissement est ensuitedressé suivant les pentes et profils adoptés. Dans l’en-caissement ainsi préparé, on répand du sable de ma-nière à en former une couche de 0®,10. Cette coucheest successivement damée et arrosée à grande eau jus-qu’à ce que son épaisseur soit réduite a G®,07. Surcette première couche, on en étend une secondedeO*vU),qui est travaillée de la même manière que la première,jusqu’à ce que son épaisseur soit aussi réduite à 0®,07.Enfin sur cette seconde couche, on en met une troisièmede 0 ,u ,03 à 0°*,06, suivant l'échantillon du pavé, qui nesera ni damée ni arrosée. C'est sur cette troisième cou-che qu’on pose les pavés. On ne peut apporter trop desoins à la Confection de la forme et à la consolidationdu sol sur lequel elle est établie, car c'est d’elle que dé-pend la durée d’un pavage. Un pavé très dur dureramoins sur une forme mal établie qu’un pavé plus tendréplacé sur une forme bien solide.

Dans les rues très fréquentées, on remplace quelque-fois la forme en sable par un sons-pavage en pavés derebut. Pardessus ce sous-pavage, ou pose une couchede sable de Q“,03 sur laquelle sont placés les pavés dela chaussée/

Le sable que l’on place entre le sol de la forme et lacouche de pavés a pour but, comme nous l'avons déjàdit, de répartir plus uniformément la pression, en outresa semi-fluidité lui permet de remplir les espaces videsqui se trouvent toujours entre les joints des pavés. Onse sert indistinctement de sable de plaine ou de sablede rivière; il doit être pur, graveleux, d’un grain sec,exempt de terre et d’argile. On en emploie deux quali-tés ; l’une sert à faire la forme , c’est le gros sable ; l'autresert à garnir les joints et à recouvrir l’ouvrage, c'estle sable fin. Le gros sable se passe à la claie de 0®,01d’écartement, le sable fin est passé à la claie de 0 B ,00Ôd’écartement.

A Paris , on a essayé un moyen mixte consistant àrecouvrir le sol par un treillis en bois semblable à celuiqu’emploient les jardiniers pour clôture. Sur ce treillis,dont le but est de répartir plus uniformément la pres-sion, on pose une couche de sable de 0*,07 à 0®,08d’épaisseur. Le temps seul prononcera sur la bonté dece système.

Les pavés sont posés sur la couche de sable par ran-gées perpendiculaires à la direction de la route et s’é-tendent d’une bordure à l’autre. On a soin de croiser

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