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PAVAGE.

PAVAGE.

les joiiits des pavés avec du bitume ; ccs essais n'ontpas réussi.

Enfin, si en établissant le pavage, on n’a pas eu soinde comprimer bien également le sol de la forme et laforme de sable, le passage des voitures enfonce lespavés qui se trouvent aux endroits les moins tassés, cequi produit les (lâches qui rendent l'opération du repi-quage nécessaire.

Les travaux d’entretien des chaussées pavées con-sistent en relevés à bout et en entretiens simples ou re-piquages.

On entend par relevés à bout un travail qui consisteà démonter une portion de la fbrme, à piocher cetteforme pour lui rendre la semi-fluidité et à apporter dusable pour rétablir le profil de la route.

Pour que ce travail soit bien fait, il faut prendre Lsprécautions suivantes : 4° mettre au rebut les pavéscassés, déformés et de dimensions trop faibles. A Paris ,un pavé qui a moins de O®,!6 de queue est mis au rebut;2 W à employer un ou deux rangs de pavés neufs pourreconnaître là où a commencé le relevé à bout, puis lesanciens pavés que l’on dispose, autant que possible, demanière à réunir ceux de même dimension et d’égaledureté, et à terminer le travail par tous les pavés neufs.Ce qui revient à dire que Pon fait des baie* entièresavec des pavés neufs, et d'autres baies avec les ancienspavés qui ont été épincés , c’est-à-dire dont on a abattules bosses, parce que souvent on change la face de têtedes pavés.

Pour faire un relevé à bout, on commence par enle-ver la terre et la boue qui se trouvent sur la partie depavage que Pon veut relever à bout, de manière à cequ’elles ne puissent retomber dans la forme. On enlèveensuite les pavés sur la longueur et la largeur prescrites.Les pavés étant arrachés, on nettoie avec soin la formeen enlevant les matières étrangères qui pourraientaltérer la qualité du sable ; celui qui reste est enlevé etmis de côté pour être employé ensuite. Cette opérationterminée, on creuse l’encaissement de manière à enporter la profondeur à 0*,40. Dans cet encaissement,on répand le sable de la vieille forme et on en ajoute,s’il est nécessaire, pour former une couche de 0“,10.Cette couche est damée et arrosée de manière à ce queson épaisseur soit réduite à 0*,07. Par dessus cette pre-mière couche, on en met une seconde de 0 W ,10, qu’ontraite de la même manière jusqu’à ce que sou épais-seur soit de 0 W ,07. Enfin, par dessus ces deux couches,on en met une troisième qui n’est ni damée ni arrosée,et sur laquelle se poseront les pavés. La forme étantpréparée, on pose les pavés, comme nous l’avons ditprécédemment. Lorsque le relevé à bout est terminé,les joints sont soigneusement bourrés de sable à l’aided’une fiche dentelée.

L’entretien simple consiste à remplacer les pavéscassés et à relever les (loches , c’est-à-dire les parties depavés qui sont enfoncées ou usées, c’est ce que l’onappelle le repiquage. A Paris , le repiquage se fait pardes entrepreneurs ; on compte le nombre de pavés ar-rachés, puis, avec un tableau fait d’avance, on en con-clut la surface. On emploie quelques pavés neufs etenviron 0“ ,c, ,08 de sable par mètre carré.

L’exécution du repiquage demande encore plus.desoins que les relevés à bout pour le piochage de laforme et le choix des pavés. Dans un repiquage, cequ’il importe surtout, c’est de ne pas affouiller le sol,c’est-à-dire qu’il faut se contenter d’enlever les partiesdures de la forme, ainsi que les aspérités du sol, debien décrotter les pavés qui forment le périmètre de labaie, en ayant soin de ne rien laisser tomber de cettecrotte dans la forme. Ceci fait, il faut surtout que lespavés vieux ou neufs que l’on emploie aient la mêmehauteur , l’échantillonnage est d’une moindre impor-tance.

A Paris , les rues fréquentées sont relevées à peu prèsde six en six ans. Quelques-unes, construites en mau-vais pavés, le sont de trois en trois ans. D’autres, peupassagères, ne le sont que tous les vingt ans. Les routesdes environs de Paris sont relevées à bout à des inter-valles qui varient de huit à quinze ans.

Souvent il arrive que des pavés se trouvent plus basque ceux qui les entourent. Pour les relever, on com-mence par gratter les joints sur 3 ou 4 centim. de pro-fondeur; par ces joiuts, on introduit du sable en quan-tité suffisante pour que ces pavés, battus à la hic , setrouvent au niveau convenable. On remplit ensuite lesjoints avec du sable refoulé. On emploie, pour ce travail,Ü“* e \05 de sable par mètre carré.

Les carrières de Fontainebleau produisent beaucoupdo grès tendre et friable , qui ne peut servir au pavagedes rues fréquentées. Jusque dans ces derniers tempson l’avait employé pour le pavage des cours, des écu-ries, etc., etc., des lieux enfin qui ne doivent pas êtreparcourus par des voitures pesantes.

Ce grès friable lorsqu’on vient à l’immerger dans dubitume, acquiert une dureté et une cohésion considé-rables qui permettent de l’employer au lieu et place despavés durs (Payen, cours au Conservatoire, 1843).C’est ce que l’on appelle les pavés bitumés.

Aujourd’hui on consomme des quantités énormes deces pavés, la ville de Paris en commande 1.000.000 paran. Nous croyons que l’on a mis trop d’empressementà approuver cette invention et à appliquer de suite surde grandes surfaces ces pavés bitumés. Parmi les grèstendres il y en a de diverses qualités, ainsi les uns sontencore assez durs pour pouvoir résister plus longtemps,d’autres au contraire se réduisent en poussière aumoindre choc. Or, les uns et tes autres immergés dansle bitume acquièrent une dureté à peu près égale, maisil est facile de voir que cette dureté ne sera qu’appa-rente et que les pavés ainsi obtenus ne pourront durerlongtemps. En outre, si une chaussée faite en pavesbitumés est exposée au soleil, le bitume se ramollira, ets’il survient une pluie, il sera chassé et remplacé par dql’eau ; le pavé reviendra donc à l’état où il se trouvaitavant d’être plongé dans le bitume, non pas dans touteson épaisseur, il est vrai, mais seulement daus la pariiequi est à la surface et qui est la plus exposée auxchocs et aux frottements. C’est ce que l’expérience aconfirmé plusieurs fois ; cependant avec du bitumed’excellente qualité et du grès de moyenne dureté onpourrait obteuir des résultats plus satisfaisants.

Dans les localités où le grès manque, on emploie lecalcaire, dont on forme des dés analogues à ceux desgrès. Les chaussées pavées en calcaire s’établissent dela même manière que celles pavées en grès.

M. Brard, dans sa Minéralogie pratique , dit qu’onpourrait employer au pavage les roches volcaniquesqui se trouvent en abondance dans f Auvergne. Il citela ville de Montils dont les rues sont pavées avec desprismes à six pans de roche basaltique. Les Romainsemployèrent les roches volcaniques dans le pavage deleurs routes, et aujourd’hui elles sont encore employéesà Naples et à Florenee.

A Châteauroux , les rues sont pavées avec de la meu-lière. On l’emploie également à Paris pour le pavagedes ports, afin d’exposer une surface plus résistante auxpieds des chevaux et faciliter le débardage des bois.

Dans bon nombre de villes de province les rues sontpavées avec des cailloux roulés , tantôt ils se placent ver-ticalement, le gros bout en bas, tantôt au contraire ilsse placent le petit bout en bas ; dans ce second cas, ilssont généralement inclinés. La quantité de sable qu’onemploie pour 1 mètre de pavage en cailloux roulés, estplus considérable que pour un pavage en dés cubiques.

Dans les localités où la pierre manque on emploiedes briques pour le pavage des rues, pourvu toutefois