PHARE.
PIIARE.
rage en grande partie terminé, et déjà le plus completde l’Europe entière. Nos côtes se garnissent chaque soird’une ceinture lumineuse pour indiquer aux navires leurvéritable position, et leur permettre de se diriger versles ports qu'ils doivent atteindre.
Les phares étaient autrefois éclairés par des feux debois ou de charbon de terre, que l’on entretenait soi-gneusement pendant toute la nuit. Le célèbre Bordaremplaça cet éclairage, imparfait par des lampes à ré-flecteurs ; c’était le premier pas dans la voie des perfec-tionnements réalisés depuis cette époque. Les lampes àdouble courant d’air d’Ami-Argant furent ensuite ap-pliquées à l'éclairage des phares ; et des miroirs parabo-liques, soigneusement exécutés, substitués aux simplesréflecteurs. Tels étaient les moyens d'éclairage employéspour les phares, lorsque M. Augustin Fresnel parvint,en 4 819, à faire établir ces beaux appareils dioptriques,à lentilles annulaires, que nous donnons plus loin avecdétails.
Les phares de France sont partagés en quatre classesde grandeurs et de portées différentes :
Les phares de premier ordre, espacés en général de44 lieues marines les uns des autres, servent à recon-naître les parages, et, pour les bâtiments qui viennentdularge, à corriger Yestime;
Les phares de deuxième et de troisième ordre indi-quent les écueils, les baies et les rades foraines;
Enfin, les phares de quatrième ordre signalent lespasses, l’embouchure des fleuves et l’entrée des ports.
Chacun des feux distribués sur les côtes ayant à fairereconnaître le lieu qn’il éclaire, doit offrir un caractèredistinctif qui ne permette pas de le confondre avecd’autres. Comme les grands phares sont ordinairementsitués à 7 lieues marines au moins les uns des autres, ils’ensuit qu'avec un très petit nombre d’espèces diffe-rentes, deux feux semblables sont toujours séparés l'unde l’autre par une distance plus grande que l'erreur danslaquelle peut être un bâtiment sur sa véritable route,ce qui ne permet aucune confusion à cet égard. Le petitnombre de moyens que nous allons indiquer, suffit dunepour établir la distinction des feux
Quelques phares sont à feu fixe et éclairent constam-ment tous les points de l’horizon, mais le plus grandnombre sont à éclipses. La durée relative de l’éclipse etde l’éclat varie avec la distance de l'observateur, maisle temps qui sépare une éclipse de la suivante est con-stant, et fournit le caractère distinctif du feu. D’autresphares, enfin, offrent un feu fixe varié par des éclats pé-riodiques très brillants, ce qui fournit un troisièmemoyen de distinction. On a construit quelques lanternesdes phares de quatrième ordre en verres de couleur, es-pérant obtenir ainsi un nouveau moyen de caractériserles feux; mais ces verres absorbent beaucoup de lumière,et certains états de l’atmosphère peuvent modifier sin-gulièrement la teinte qu’ils présentent habituellement,et même faire paraître colorés des feux blancs, ce quipourrait entraîner dans les erreurs les plus funestes.
Les côtes de France présentent, sous le rapport géo-logique, une symétrie remarquable : a droite et à gauchedu grand massif primitif de la Bretagne , nous rencon-trons d’abord les côtes escarpées et garnies de falaisescalcaires, qui 6 ’étendent depuis Barfleur, à l’extrémitédu Cotentin , jusqu’à Eu, d’une part, et de l’autre, de-puis les sables d’Olonne, à l’extrémité de la Vendee ,jusqu’à l’embouchure de la Gironde . Des côtes plates etsablonneuses succèdent aux falaises; elles s’étendent,d’un côté, depuis l’embouchure de la Gironde jusqu’àBayonne, et, de l’autre, depuis Eu jusqu’à Dunker-que, excepté à Boulogne , où reparaissent quelques fa-laises.
Les terrains primitifs forment des côtes dentelées etgarnies d’écueils, qui s’étendent souvent à plusieurslieues en mer et rendent leurs abords on ne peut plus
difficiles, mais ils présentent en même temps beaucoupde criques, de petits havres et déports ; ce sont les côtesles plus fréquentées et en même temps les plus dange-reuses; ce sont celles qui doivent offrir le plus grandnombre de phares Les côtes à falaises offrent en généraldes mouillages faciles et de grandes profondeurs d’eaujusqu’au pied des terres. Les côtes sablonneuses etunies formées par les alluvions, présentent des bancset des hauts fonds presque aussi redoutables que lesécueils des terrains primitifs; mais n'offrant presquepas de lieux de refuge elles sont peu fréquentées, et lesaccidents y sont par conséquent moins à craindre.
D'après ce que nous venons de dire, on comprendque la plupart de nos phares sont placés sur les côtes deBretagne ; c’est par consé-quent dans cette partie dela France que nous pren-drons notre point de dé-part, en signalant seule-ment les phares français les plus remarquables.
Le phare des Héaux deBréhat (fig. <999), con-struit par M. Keynaud,ingénieur en chef desponts et chaussées, auquelon doit tant d’autres tra-vaux remarquables, peutêtre cité comme un modèlepour les édifices de ce gen-re. Les besoins du service*y sont admirat^ement con-ciliés avec l’élégance desformes et la convenancedes proportions. Les ma-gasins, le logement desgardiens et la chambre dequart, sont disposés dansl’intérieur de la tour etcommuniquent entre euxpar un escalier.
Les parages si dangereuxdes sept Iles sont éclairés par les phares de Bréhat, del’ile de Bas et du cap Fréhel ; les deux derniers indi-quent l’entrée du golfe de Saint-Brieux, et le dernier,combiné à celui de Granville, signale Saint-Malo etl’entrée de la baie de Cancale.
La navigation, aidée entre Granville et la pointe dela Hague par un feu à éclipses de demi-minute en demi*minute, placé sur le cap Certenet, est encore tellementdifficile, que les grands bâtiments passent toujours au-delà d'Aurigny en se guidant sur les trois phares an-glais des Casquets, qui forment une espèce de constella-tion facile à reconnaître.
Le phare de Barfleur (fig. 2000), élevé il 7 a quel-ques années à la pointe du Cotentin , pour remplacer unphare peu éle\é, mais d’une construction élégante, quiexiste encore à côté, est un des beaux monuments desports de la Manche. Son exécution matérielle est desplus remarquables ; malheureusement la forme carréedu soubassement de la tour ne paraît pas bien justifiée,et ne produit j>as un effet aussi heureux qu'on pourraitle désirer. Les magasins et les logements sont distri-bués, comme l’indique le plan, dans des bâtiments rec-tangulaires élevés autour de l’édifice principal ; l’escalierest ménagé dans l’espace annulaire compris entre lesparois de la tour et la surface extérieure d’un noyauvide élevé au centre de la colonne.
Le Havre est indiqué par les deux phares du cap delaHève, situés seulement à 400 mètres l'un de l’autre.L’entrée du port et remboucliure de la Seine sont d’ail-leurs garnis d’une série de petits feux, qui dirigent lesnavires dans ccs parages assez difficiles. Les phares de
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1999.