PHARE.
PHARE.
enlève les pierres et vient les déposer à la place qu'ellesdoivent occuper, ce qui facilite et accélère beaucoup letravail des maçons poseurs.
Les phares sont souvent établis sur des rochers isolésqui ne sont découverts que pendant les basses mers ex-traordinaires. Les difficultés de construction sont alorsde toutes sortes. L’ingénieur, obligé de veiller à la fois àla bonne exécution du travail dont il est chargé et à lasûreté des ouvriers qui lui sont conûés, a besoin d’unegrande activité et d'un dévouement sans bornes. Un
travail de cette nature convenablement dirigé suffitpour assurer la réputation d’un constructeur. C’est undes postes les plus dignes d’envie.
On amène ordinairement, pendant que la mer est en-core haute, les ouvriers et les matériaux nécessaires, eton s'empresse de profiter de la basse mer pour poser lespremières assises ; dès que le phare est élevé au-dessusdes hautes mers, on doit y travailler d'une manière con-tinue, si le temps est calme, et pousser le travail avecla plus grande activité possible, les avaries devenantd’autant moins à craindre que la maçonnerie est plusavancée.
L’emploi de pontons pour disposer les matériaux etrecevoir les ouvriers présente du danger et de grandesdifficultés. L’irrégularité inévitable des arrivages re-tarde le travail et devient ainsi quelquefois la causeindirecte des avaries les plus graves. Nous pensons, parconséquent, que toutes les fois qu'il est possible d’éta-blir, sur le rocher où l’on doit construire, un enroche-ment solide, formant une espèce d’île artificielle surlaquelle on peut ensuite déposer en sûreté les matériauxet les ouvriers, il convient de suivre cette marche. Lesdépenses de premier établissement seront, en général,plus que compensées par la régularité du travail et leséconomies de transport, de bardage, etc. D’ailleurs, ondoit surtout s'attacher, dans les travaux à la mer, àéviter les accidents et les avaries dont une seule suffit
quelquefois pour augmenter d'un tiers ou d'un quart lesdépenses prévues.
Nous citerons, parmi les phares construits sur desrochers isolés, le phare du Four, situé à deux lieues enmer, vis-à-vis le Croisic (Loire-Inférieure ), le célèbrephare d’Edystone élevé par Smeaton, ingénieur anglais ,et dont le dessin a été si souvent reproduit que nousn’avons pas cru nécessaire de le donner ici, le phare dela Pointe de la Hague, etc. On trouvera d’ailleurs lesdétails les plus intéressants sur la construction des phares dans les mémoires insérés par MAI. Larue et Poteldans les Annales des Ponts et Chaussées de 1834 et 1835.
Éclairage des phares. Nous avons dit qu’autrefois lesbecs des lampes étaient placés au foyer de miroirs pa-raboliques en métal poli. La lumière de la lampe setrouvait ainsi réunie en un faisceau cylindrique derayons parallèles qui se projetaient à une grande dis-tance. On obtenait les feux fixes en réunissant un nom-bre de miroirs assez grands pour diriger des faisceaux delumière dans toutes lesdirections del’horizonàéclaircir.
Lemoyne, qui avait compris, dès 1782, l’importancedes éclipses, comme moyen de distinguer les phares,les produisait au moyen d’écrans qui passaient pério-diquement devant les lampes. Peu de temps après, unSuédois eut l’idée d’imprimer un mouvement de rota-tion aux miroirs eux-mêmes, de sorte que le mêmefaisceau lumineux était constamment utilisé, en parcou-rant successivement les différents points de l’horizon.
Les miroirs métalliques absorbent toujours au moinsla moitié de la lumière incidente, leur exécution esttrès délicate, leur entretien fort difficile et leur poidsconsidérable, aussi sont-ils aujourd’hui complètementabandonnés. Il n’en existe plus que dans un on deuxphares, où ils seront même bientôt remplacés par lesappareils lenticulaires dont nous allons expliquer laconstruction et le mode d’éclairage.
Occupons-nous d’abord des lampes employées dansles appareils dioptriques. Pour arriver au résultat lepins avantageux, la flamme doit présenter le plus viféclat sous le plus petit volume possible, afin que toutesses parties soient peu éloignées du point mathématiquequi constitue le foyer des lentilles. MM. Àrago et Aug.Fresnel ont obtenu ce résultat au moyen de lampes àdouble courant d’air et à mèches concentriques. Lesfig. 2003 et 2004 indiquent la construction d’un bee àquatre mèches pour phare do premier ordre. Ce becreçoit constamment uu excès d’huile, au moyen d*ipetites pompes, analogues à celles des lampes ditesC'arcel, mises en- jeu par un-mouvement d’horlogerie.
2003. i-1
2004 2003.
Les mèches sont enveloppées d’une forte cheminée enverre (fig. 2005), surmontée d’un tuyau en tôle que l’oupeut allonger ou raccourcir pour régler le tirage et