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PHOTOGRAPHIE.

PHOTOGRAPHIE,

Reprenons le châssis dans lequel nous avons misnotre plaque préparée, et substituons-le dans la cham-bre noire à la glace dépolie ; on démasque la plaque,puis ensuite l’objectif. S’il s’agit d’une vue et que l’ob-j-.ctif ait environ 40 centimètres de foyer, l’expositionsera à peu près 7 minutes ; si le foyer de l’objectif estplus long, l’exposition devra être prolongée; si, aucontraire, l’objectif est destiné à faire des portraits,c'est-n dire s’il a un grand diamètre non diaphragméet surtout un court foyer, l’opération sera beaucoupplus prompte; avec une belle lumière elle ne sera quede quelques secondes.

Quand l’opérateur juge que l’exposition à la lumièrea été assez prolongée, il abaisse la trappe qui doit d6nouveau préserver la plaque impressionnée de toutelumière étrangère, et il la met dans la boite à mer-cure.

Botte à mercure. Dans le fond de cette boîte se trouveune capsule en tôle contenant du mercure que l’onchauffe à 60 degrés environ, en promenaut dessousune lampe à l’alcool ; au bout de 3 h 4 minutes l’imageest complètement formée; si on la laissait plus long-temps elle se voilerait : en l'éclairant avec une bougieà travers un verre jaune, on peut assister à sa for-mation.

Lavage à l’hyposulfUe de soude . On verse à grandsflots cette dissolution sur la plaque, et à l’instaut ellese trouve débarrassée de la couche d’iode et de brome ;on la lave ensuite à grande eau, et on la place sur lepied à fixer.

Fixage au chlorure d’or. Cette opération n’existait pasdans le procédé de M. Daguerre ; elle a pour but d'aug-menter la valeur de ton de l'épreuve et de la rendreineffaçable.

On place l’épreuve sur un support dont on établitl’horizontalité à l’aide de trois vis à caler; on verse ladissolution sur la plaque de manière à ce qu’elle en soitcouverte, on chauffe en dessous avec une lampe à l’espritde vin et on l’arrose aussitôt après le dégagement d’as-sez fortes bulles et un peu avant l’ébullition; il seraitdangereux de trop chauffer, l’épreuve pourrait se voi-ler ou la plaque d’argent s'exfolier : l’épreuve seraitalors complètement perdue.

MM. Fordos et Gélis ont substitué au chlorure unsel d’or, dont la préparation est plus facile. Il s’em-ploie absolument de la même manière.

L'épreuve étant fixée, on la lave à grande eau, puisà l'eau distillée, et il ne reste plus qu’à l’encadrer.

DES PAPIERS PHOTOGRAPHIQUES (1).

La photographie sur papier est sans aucun doutecelle qui, sous tous le3 rapports, a le plus d’avenir :facilité et sécurité du transport, simplicité de l’opéra-tion sur le terrain, voilà les supériorités qu’elle a in-contestablement sur ses deux rivales, la daguerréoty-pie et )a photographie sur verre; elle partage, aveccette dernière, l’a\antage attaché à la reproductiond’un nombre indéfini de positifs provenant d’une seuleépreuve négative bien réussie.

Déjà Charles, en France , Wegwood et Davy, enAngleterre, avaient obtenu directement et par trans-parence les images de certains corps par l’emploi duchlorure d’argent; mais ces images ne pouvaient êtrefixées, et d’ailleurs, de là à obtenir des images à lachambre noire, il y avait un abîme; aussi ces tenta-tives furent-elles abandonnées. C’est M. Talbot, enAngleterre, qui a le premier trouvé des matières assezimpressionnables pour reproduire sur le papier les

numents pris au daguerréotype ont l’air de tomber à larentrer**; on aurait dû ajouter : les monuments mal pris.

(I) Voyez les Traités de photographie, par MM. Blan-qaard-Evrard, Legray, etc.

images si délicates de la chambre noire ; c'est lui aussiqui, le premier, est parvenu à les fixer et à les rendreinaltérables. Pendant que Niepce et Daguerre travail-laient de leur côté, M. Talbot travaillait du sien. Di-sons, toutefois, qu'alors que Daguerre présentait sonprocédé, M. Talbot n’en était encore qu’aux imagesobtenues par transparence ; mais grâce à sa persévé-rance, il ne tarda pas à donner une méthode complètequi, depuis, a servi de base à la photographie sur pa-pier.

En France , M. Bayard est le premier qui s'en soitoccupé avec succès; MM. Blanquard-Evrard et Legraylui ont fait faire d’immenses progrès. Une foule depersonnes ont proposé divers procédés ; nous citeronsseulement MM. Hunt, Herschell et Bayard, Talbotet Legray. Nous allons décrire sommairement le pro-cédé de M. Talbot, parce qu'il est la base de toutesles méthodes photographiques, et ensuite celui deM. Legray, parce que, selon nous, il est le résuméde tous les perfectionnements.

PAPIER HE M. TALBOT. — Du papier calotype. Pre-mière opération. Après avoir fait choix du papier, quidoit être d’une belle pâte égale et bien homogène, onfait sur l'un des angles une marque au crayon, afin doreconnaître plus tard le coté sur lequel la préparationa été appliquée, puis avec un pinceau bien doux, onlave la feuille de papier, absolument comme si on fai-sait un ciel uni à l’aquarelle, avec une solution com-posée de 400 grains anglais de nitrate d’argent et de6 onces d’eau distillée (4 ). Quand il est sec on le trempedans une dissolution de 4 partie d’iodnre de potassiumdans 46 parties d’eau ; enfin on le plonge dans un vaseplein d’eau. C’est là le papier iodé, on le fait séchera l’abri de la lumière et on le conserve dans un por-tefeuille.

Deuxième opération. Quand on veut faire une épreuveon mêle, parties égales, d’une solution de 4 00 grains denitrate d’argent dans *2 onces d’eau distillée, et d’uneautre solution d’eau distillée saturée d’acide galliquecristallisé. Puis, avec un pinceau neuf, on passe cegallo-nitrate d’argent sur la feuille de papier commepour la première préparation; on le laisse s’imbiberpendant environ une demi-minute, puis on le plongodans l’eau, on le sèche eusuite avec du papier buvardet il est prêt à être mis à la chambre noire. C’est làle papier calotype.

Troisième opération. La durée de l'exposition à lachambre noire ne peut être fixée, elle varie suivant lefoyer de l’objectif employé et suivant l’éclairage del'objet.

Quand on retire la feuille de papier de la chambrenoire, il n’y a aucune trace d’image; on la fait déve-lopper en la lavant de nouveau avec le gallo-nitrated'argent, et en l’exposant pendant une pu deux mi-nutes devant un feu doux : on verra alors tous les dé-tails du tableau apparaître comme par enchantement.

Quatrième opération. Il reste à fixer l’épreuve; pourcela on la plonge d’abord dans l’eau, puis dans une dis-solution composée de 40 onces d’eau et de 400 grainsde bromure de potassium. On la lave de nouveau dansl’eau et on la sèche.

Cinquième opération. L’image ainsi obtenue est né-gative, c’est-à-dire que les parties blanches des objetssont représentées par des noirs, et réciproquement.Mais si on place sous cette épreuve une feuille depapier calotype, cette feuille nouvelle deviendra uneépreuve dans laquelle les ombres et les lumières se-ront dans l’ordre naturel.

Plutôt que d’employer à ces reproductions du pa-pier calotype, M. Talbot indique comme meilleure lapréparation suivante :

(i) Mesures anglaises.