PHOTOGRAPHIE.
PHOTOGRAPHIE.
Faites dissoudre 25 grains de sel commun daus uneonce d’eau distillée; faites tremper les feuilles de pa-pier pendant quelque temps, et séchez-les avec le pa-pier buvard. On fait une seconde dissolution composéedo 90 grains de nitrate d’argent dans une once d’eau,et avec un pinceau on l’étend sur le papier; on laissesécher et on passe une seconde couche, si l’on veut aug-menter la sensibilité.
papier de m. legray. De meme que pour le pro-cédé de M. Talbot, nous allons nous occuper d’abordde la préparation du papier négatif.
Opération préliminaire. L’innovation la plus impor-tante introduite par M. Legray est sans aucun doutele cirage du papier négatif, avant qu’il ait reçu aucunepréparation. En effet le papier ciré est ferme et résis-tant comme le parchemin, ce qui facilite beaucoup lesmanipulations subséquentes ; il se conserve prêt à met-tre à la chambre noire pendant plus de huit jours, etl’on peut attendre le même temps pour faire développerl’image; enfin il donne des noirs très intenses et desdemi-teintes très harmonieuses.
On fait fondre de la cire vierge dans une bassineplate en doublé d’argent, puis on applique la feuille depapier à la surface, en la laissant tomber d’elle-même ;quand elle est bien imbibée, on la retire lentementet on la place entre du papier buvard; on prend unfer à repasser modérément chaud, et on le promènesur le buvard, de manière a enlever l’excès de cire.
Comme dans la photographie, la beauté des épreu-ves dépend de la pureté des images négatives, il fautapporter un grand soin dans le choix du papier. Il doitavoir une grande finesse de grain et être d’une pâtebien égale. En Angleterre on emploie le papier Wat-man, qui est plus égal, mais qui est aussi plus lent quele papier français. Ici on se sert des premières qualitésde papier d’Angoulême ou d’Annonay ; pour le négatifil ne faut pas le prendre trop fort, et Ton doit rejetertoutes les feuilles qui contiennent des impuretés.
Première opération. Faites cuire, jusqu’à ce qu’il soitcrevé, 200 grammes de riz dans 3 litres d’eau distil-lée, njoutez-y 20 grammes de colle de poisson, filtrez
et dans ce liquide faites dissoudre :
lodure de potassium. 15 ,00
Cyanure de potassium .... 00 ,80
Fluorure de potassium. ... 00 ,50
Quand tout est bien dissous, filtrez à travers un lingefin. Ce liquide se conserve fort longtemps. Pour s’enservir, on le verse dans un grand plat, ou mieux dansune bassine haute de 4 à 5 centimètres, en gutta-per-cha ou en porcelaine; on y plonge les feuilles de papierque l’on veut préparer, en ayant grand soin qu’il nereste pas entre elles une seule bulle d’air. On les laissetremper environ une demi-heure, on les retourne toutesensemble et on les retire une à une, en commençantpar conséquent par la première qui a été plongée dansle bain. Cette préparation, n’étant pas très sensible àla lumière, peut se faire dans une pièce au nord fai-blement éclairée. Le papier qui a subi cette premièrepréparation est appelé par les photographes papi>rtoduré. Il doit être conservé à l’abri de la lumière.
Deuxième opération. Voici comment M. Legray dé-crit cette préparation. « Faites à l’obscurité et à lalumière d’une bougie la dissolution suivante, dans un
flacon bouché à l’émeri :
Eau distillée. 300 gr.
Azotate d’argent. i0
Acide acétique cristallisable. . . 24
Noir animal. 8
« L’acide acétique s’ajoute quand l’azotate d’argentest dissous, puis ensuite le noir animal.
n On agite le flacon et on laisse reposer une demi-heure. Après ce temps, le noir animal est tombé aufond du flacon, et le liquide est prêt pour l’usage.
R Au moment de préparer le papier, vous filtrerez lapartie la plus claire du liquide, en ayant soin de lais-ser le noir animal au fond du flacon. Ce noir servira,jusqu’à épuisement de la solution, à la décolorer et ala reudre limpide, après les subséquentes préparationsde papier qu’on y aura faites.
« On doit observer de ne préparer dans ce bain d’a-céto-azotate d’argent qu’un uombre de feuilles d’unegrandeur de 25 centimètres sur 35, égal à la quantitéde grammes d’azotate d’argent employée, c’est-à-diroque la solution précédemment indiquée, contenant20 grammes d’azotate d’argent, ne doit servir quepour vingt feuilles de cette dimension.
« L’acéto-azotate d’argent étant filtré, on prend deuxcuvettes en porcelaine un peu profondes et bien net-toyées.
r Dans la première, on verse 4 ou 2 centimètres d’é-paisseur d’acéto-azotate d’argent; dans la seconde, onYerse de l’eau distillée.
« Vous déposez sur le bain d’acéto-azotate d’argentune feuille de papier ciré et ioduré, puis, avec un pin-ceau de soies de porc qui ne soient pas reliées avec dufil de métal, mais bien avec dn fil de chanvre vernisséau copal, vous ferez enfoncer la feuille dans le liquide,chassant avec soin les bulles d’air, et vous l’y laisserez
4 ou 5 minutes. Si le papier ioduré est teinté en vio-let, ce qui vaut mieux, vous le retirerez aussitôt qu’ilsera devenu blanc; vous aurez ainsi le maximum desensibilité.
« Vous retirerez alors le papier immédiatement dubain d’argent et vous le mettrez dans la seconde cu-vette d’eau distillée, en chassant également avec soinles bulles d’air avec un autre pinceau, qui ne doitservir que pour cet usage.
r Vous pouvez préparer ainsi dix feuilles l’une aprèsl’autre dans le bain d’argent sans le filtrer de nouveau,et les mettre ensemble Tune sur l’autre dans la bassined’eau distillée.
r Arrivé à ce nombre, vous soutenez avec le pinceauvos feuilles au fond de la bassine d’eau, et vous versezdessus de nouvelle eau distillée que vous renouvelezencore une fois si vous devez conserver votre papierlongtemps avant de vous en servir. »
Troisième opération. Ou ajuste au foyer sur la glacedépolie de la chambre noire, et on lui substitue lechâssis portant la feuille de papier qui a été placéeentre deux glaces minces.
La durée de l’exposition à la chambre noire ne peut.se préciser. Pour un objectif à portrait, il faut, àl’ombre, de 30 secondes à 2 minutes; au soleil, de40 secondes à 30 secondes.
Pour un paysage, avec un objectif d’environ 60 cen-timètres de foyer donnant de grandes images, H faut de
5 à 40 minutes au soleil; si c’est un intérieur de forêt,il faudra, avec le même objectif, de 45 à 30 minutes.
Quatrième opération. Après avoir retiré la feuille dela chambre noire, on fait développer l'image avec l’a-cide gallique. Pour cela, dans une cuvette en porcelaineou en gutta-percha, on verse environ un demi-litred’eau, plus ou moins, suivant la grandeur de l’épreuve,et, dans cette quantité d’eau, on met à peu près 50 cen-tigrammes d’acide gallique. On agite le tout avec unpinceau, et avec le même pinceau on plonge l’épreuve,de manière à ce qu’il ne reste pas de bulle d’airadhérente au papier.
Le séjour dans l’acide gallique varie, en général,de 40 minutes à quelques heures; on devra la reti-rer quand elle a acquis une grande vigueur et quaudles contrastes du noir au blanc sont bien appareuts.
Si les grandes lumières, qui doivent être les noires