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PHOTOGRAPHIE.

PHOTOGRAPHIE.

MM. de Brebisson, Gaudin et Laborde se sont livrésh un très grand nombre d’essais pour développer l’i-mage; mais les trois corps que nous venons de nommersont généralement les seuls employés pour cette opé-ration.

La fixation de l’image négative s’obtient avec unesolution de bromure ou d’iodure de potassium; onpeut aussi employer une solution composée de 4 0 gram-mes d’hyposulfite, et de 400 grammes d’eau.

La couche de collodion s’éraille facilement. Pour laconsolider avant d’en tirer des épreuves positives, ilconvient d’y appliquer un vernis quelconque, connusous le nom de fixateur. 2 à 3 grammes de gommearabique dissous dans 30 grammes d’eau donnent untrès bon enduit.

On verse cette dissolution sur l'image ; on la faitégoutter par un des angles, et on la laisse sécher libre-ment à l’abri de la poussière.

Les positifs sur papier s’obtiennent comme ceux ti-rés de négatifs sur papier.

DU STÉRÉOSCOPE.

La découverte du stéréoscope vient, dans ces der-niers temps, de donner une nouvelle impulsion à laphotographie.

On sait que le stéréoscope est un instrument quifait voir avec un véritable relief deux images photogra-phiques un peu dissemblables, d’une vue quelconque.

La découverte du stéréoscope est due à sir DavidBrewster . La fig. 2018 en donne une idée ; en A et en Bon applique les yeux, comme si l’on regardait dansune jumelle. Au lieu d’oculaires, il y a deux lentillesconvexes prismatiques, qui amplifient les deuxjmages

daguerréotype ordinaire, autour de l'axe duquel l’en-semble des deux chambres peut décrire un cercle en-tier; un coin placé sous la planchette permet enfin delui donner diverses inclinaisons. La longueur des brasest suffisante pour les distances auxquelles on opère leplus ordinairement, et rien n’empêcherait de les éten-dre assez pour qu’on pût opérer à des distances quel-conques.

La distance des centres des deux objectifs n’est paslimitée à la distance des deux yeux qui ne suffit pas évi-demment à produire tout l'effet de relief désirable; lesaxes optiques des objectifs peuvent être amenés à desdegrés de convergence ou de divergence qni suffiraientpour la pratique ordinaire. Les deux images dissem-blables sont produites à la fois dans les mêmes condi-tions de lumière et d’ombre : elles sont aussi exacte-ment de même grandeur, car les objectifs jumeaux ontdû être bien choisis.

M. Claudet a rendu ce moyen plus excellent encoreen y ajoutant le mécanisme de son multiplicateur, quipermet, sans rien changer à la position de l’appareil,de substituer, dans un temps très court, et par la seulerotation d’un bouton, une plaque nouvelle à la plaqueimpressionnée, de telle sorte que l’on puisse obtenirtrès rapidement quatre épreuves accouplées pour lestéréoscope. Nous ne nous arrêterons pas à décrire cemécanisme que la seule inspection du dessin fera par-faitement comprendre : la plaque qui reçoit actuelle-ment l’image est la plaque inférieure, dont le centrecorrespond exactement au centre de l’objectif. Les in-nombrables portraits et vues stéréoscopiques pris parM. Claudet, et qui ont été tant admirés, témoignent del’excellence de sa méthode et de sa rare habileté.

A B

2019.

■i

placées en C et en D, et qui sont disposées de façon àproduire l’impression d’une seule image. Seulement,comme ces deux images ne sont pas tout à fait identi-ques, étant prises de deux points différents, il en résulteune image en relief comme l’objet lui-même.

Les fig. 2019 et 2020 représentent la chambre bino-culaire imaginée par M. Claudet pour la productiondes épreuves stéréoscopiques.

Les deux chambres obscures sont portées par deuxpivots ronds, verticaux, qui entrent à frottement douxdans deux cavités cylindriques creusées aux extrémitésde deux bras assemblés comme les deux branches d’uncompas; les chambres tournent librement autour desaxes, de sorte que leurs axes optiques peuvent regardertour à tour tous les points de l’horizon ; les deux braspeuvent aussi tourner autour de leur axe central com-1 mun, et cette rotation suffit à elle seule pour amenerles axes optiques des objectifs, d’abord parallèles, àfaire entre eux un angle de 33 degrés.

Le compas est installé sur la planchette d’un pied du

Les effets admirables du stéréoscope peuvent seulsdonner une idée exacte des proportions d’un objet enrelief ; que ce soit une statue, une vue, un portrait onun objet d’histoire naturelle I Aussi, voit-on chaquejour de nouvelles applications de cct instrument.

DE I*À GRAVURE.

Niepce , le collaborateur de Daguerre, sentit le pre-mier de quelle importance serait l’application de lagravure aux images héliographiques. Il se servait debitume de Jndée dissous dans l’essence de lavande, ilappliquait ce vernis au tampon sur des plaques de cui-vre ou d’étain, puis il appliquait le recto d’une gravuresur la plaque et il exposait à la lumière ; après quel-ques heures d’exposition, il lavait la plaque avec undissolvant composé d’huile de pétrole et d’essence delavande. Cette opération avait pour but d’enlever levernis de tontes les parties qui avaient été préservéesde la lumière, tandis que celles qui avaient été impres-sionnées devenaient insolubles. Le procédé de M. Niepc*