PHOTOGRAPHIE.
PHOTOGRAPHIE,
feuilles d’arbre, dentelles, etc., et de là à la reproduc-tion des demi-teintes d’une épreuve négative sur verreobtenue à la chambre noire il y a bien loin! Disonscependant qu’entre les mains de M. Talbot, avec desrésultats déjà si remarquables, il y a beaucoup à es-pérer.
Peu de jours après la communication de M. Talbot,MM. Niepce , de Saint-Victor et Lemaître donnèrent leprocédé suivant :
« L’acier sur lequel on doit opérer ayant été dé-graissé avec du blanc de craie, M. Lemaître verse surla surface polie de Peau dans laquelle il a ajouté unpeu d’acide chlorhydrique dans les proportions de unepartie d’acide pour vingt parties d’eau; c’est ce qu’ilpratique pour la gravure à Peau forte, avant d’appli-quer le vernis; parce moyen, celui-ci adhère parfaite*'ment au métal.
« La plnque doit être immédiatement bien lavéeavec de l’eau pure, et puis séchée. Il étend eusuite, àl’aide d’un rouleau recouvert de peau, sur la surfacepolie, le bitume de Judée dissous dans l'essence de la-vande, soumet le vernis ainsi appliqué à la chaleur,et quand il est séché on présene la plaque de l’actionde la lumière et de l’humidité.
« Sur une plaque ainsi préparée, j’applique le rectod’une épreuve photographique directe (ou positive), surverre albuminé ou sur papier ciré, et j’expose à la lu-mière pendant un temps plus ou moins long, suivantla nature de l’épreuve à reproduire, et suivant l’inten-sité de la lumière; dans tous les cas l’opération n’estjamais très longue, car on peut faire une épreuve en unquart d’heure au soleil, et eu une heure à la lumièrediffuse. Il faut même éviter de prolonger l’exposition,car dans ce cas l’image devient visible avant l’opéra-tion du dissolvant, et c’est un signe certain que l’é-preuve est manquée, parce que le dissolvant ne pro-duira pas l’effet.
« J’emploie pour dissolvant trois parties d’huile denapbte rectifiée et une partie de benzine (préparée parColas) : ces proportions m’ont en général donné debons résultats; mais on peut les varier en raison del’épaisseur de la couche de vernis et du temps d’exposi-tion à la lumière, car plus il y aura de benzine plus ledissolvant aura d’action. Les essences produisent lesmêmes effets que la benzine, c’est-à dire qu’elles enlè-vent les parties de vernis qui out été préservées de l’ac-tion de la lumière.
« L’éther agit en sens inverse, ainsi que je l’ai décou-vert.
« Pour arrêter promptement l’action, et enlever ledissolvant, je jette de l’eau sur la plaque en forme denappe, et j’enlève ainsi.tout le dissolvant; je sèche en-suite les gouttes d’eau qui sont restées sur la plaque, etles opérations héliographiques sont terminées.
« Maintenant il reste à parler des opérations du gra-veur.
Comfosition du mordant.
Acide nitrique à 56°, eu volume. \ partie.
Eau distillée.8
Alcool à 36°.2
« L’action de l’acide nitrique étendu d’eau et alcoolisédans ces proportions a lieu aussitôt que le mordant aété versé sur la plaque d’acier, préparée comme il vientd’être dit, tandis que les mêmes quantités d’acide ni-trique et d’eau sans alcool ont l’inconvénient de n’agirqu’après deux minutes au moins de contact. Je laisse lemordant fort peu de temps sur la plaque, je l’en retire,je lave et sèche bien le vernis et la gravure, afin depouvoir continuer et creuser le métal plus profondé-ment sans altérer la couche liéliographiqne. Pour cela,je me sers de résine réduite eu poudre très fine, placéedans le fond d’une bc-Stc préparée à cet effet. Je l’agite
à l’aide d’un soufflet, de manière à former on grain. «
Photo - lithographie. Nous compléterons les diversessais de gravure dont nous venons de rendre compteen donnant à nos lecteurs les procédés de photo-Utho -graphie que nous avons brévetés le 3 juillet -1802. Ct-sprocédés nous sont communs avec MM. Lemercier etBarreswîl ; on va voir qu’ils sont des plus simples. Quantaux résu ta:s obtenus, ils sont complets, et nous ontvalu de nombreuses félicitations à l’Institut ; cependant,pour être justes, nous ajouterons que si, pour une re-production complète de grande dimension, nous sommesbeaucoup plus avancés que nos concurrents, nous nepouvons pas, avec la pierre, obtenir des finesses aussigrandes que celles obtenues par eux avec des planchesd’a-ier.
Notre procédé consiste dans l’application de la pho-tographie à la lithographie, et par extension a la zin-cographie, et même à la gravure.
Il consiste à produire sur pierre (zinc, cuivre ou toutautre métal) uu enduit ou réserve qui puisse, aprèsqu’il a reçu l’action de la lumière, résister à un dissol-vant qui l’attaquait alors qu’il n’avait pas reçu l’actior.de la lumière.
Nous choisissons pour enduit un corps résineux, 6o-lubie dans l’éther ou l’essence, et devenant insolublepar l’actiou des rayons lumineux ; tel est par exemplele bitume de Judée. Nous opérons de la manière sui-vante : nous dissolvons le bitume dans l’éther, et ver-sons sur la pierre une solution bien liquide qui, parévaporation spontanée à l'air, laisse une couche de bi-tume bien sec qui se présente sous forme d’un grainplus ou moins serré, suivant le degré de concentrationde la dissolution éthérée, suivant le degré de pureté del’éther, suivant aussi la nature du bitume, et mêmesuivant la température et l’état hygrométrique de l’air.Nous plaçons sur la pierre préparée une épreuve photo-graphique négative redressée ou non suivant le sujet,sur papier ou sur verre, ou tout autre corps diaphane,épreuve obtenue par un procédé quelconque; si nousopérons avec le papier, nous pinçons dessus un morceaude glace épaisse, puis nous exposons à la lumière; lebitume se modifie dans les parties qui correspondentaux blancs du négatif (noirs du positil), nous lavons àl'éther , qui enlève les parties devenues solubles, etlaisse comme enduit préservatif les parties qui sont de-venues insolubles ; le lavage des pierres se fait, soit parimmersion, soit par ablution ; la pierre étant lavée, nousacidulons à la manière ordinaire des lithographes, avecun acide faible et fortement gommé ; les réserves for-mées par l’enduit, et qui correspondent aux blancs d-jl'épreuve photographique négative, peuvent alors pren-dre l’encre parfaitement bien, et constituent les noirscomme dans le modèle. Le tirage se fait par les moyenset avec les précautions connues des lithographe s; il estbon de laver la pierre à l’essence avant de passer lerouleau , mais cette pratique n’est pas indispensable.
Notre procédé peut ê re appliqué à reproduire lesimages photographiques quelconques, soit la natur<,soit les gravures, lettres, manuscrits, etc., directementou au moyen d’une épreuve préalable obtenue à lachambre noire; nous affirmons qu'un photographe in-telligent pourra, avec les indications ci-incluses, prépa-rer convenablement une pierre, et que cette pierrepourra, entre les mains d’un lithographe exercé, don-ner de bons résultats, sans que celui-ci ait à recourir àd’autres procédés que ceux connus des lithographes.
Nous avons donné plus haut les détails relatifs à lagalvanoplastie ; elle a encore une autre applicationqui se rattache tout à fait à la photographie; c'estcelle qui consiste à reproduire en cuivre, avec tous sesdétails, par un simple dépôt de cuivre, une image da-guerrienne. Ce résultat a été obtenu pour la premièrefois parM. H. Fizeau . n.-p. lekfdouus