PIANO.
TIANO.
PIANO (fabrication du). Il y a deux phasesdistinctes à considérer dans la construction d’n» piano :celle relative à l’instrument, proprement dit; celleconcernant la mécanique, intermédiaire obligé entrel’artiste et l'instrument*
Le chapitre premier traitera donc de l'instrument,et sera divisé en trois paragraphes, savoir :
§ 4« r . De la charpente;
§ 2. De la table d’harmonie;
$ 3. Des cordes.
Quant à la mécanique, elle sera l'objet d'un cha-pitre spécial, intitulé chapitre II.
Enfin, dans le chapitre III nous traiterons des soinsd'ajustement.
CHAPITRE I er .
§ 1 er . La charpente du piano, appelée communé-ment barrage , doit être à la fois légère et forte. Lacondition de légèreté est importante, car moins l’in-strument pèsera, mieux il vibrera; toutes scs partiesconstituantes devant prendre part aux ébranlementsqu’il doit éprouver. Celle de résistance est non moinscapitale, à cause du tirage des cordes, par le fait du-quel la caisse est incessamment soumise à une forcede 7,500 kilogr., ainsi que nous le ferons comprendreplus loin.
§ 2. La table d’harmonie est d’une construction ex-trêmement intéressante, puisque c'est par elle qu’estdéterminé l’ébraniement d'une' masse d’air, que lescordes ne sauraient produire, seules, par le fait de lapercussion des marteaux.
Voici comment l’on arrive à ce résultat : la tabled'harmonie est une plaque de bois mince, dont le con-tour , seulement, est solidement fixé ; l’intérieur desa surface étant, du reste, parfaitement isolé du bar-rage , et susceptible de vibrer sans aucun obstacle.Chaque corde est attachée à ses deux extrémités, etrepose sur une partie de bois appelée chevalet, sur la-quelle elle adhère parfaitement par le moyen de deuxpointes, autour desquelles clic dévie successivement.Outre cette précaution, ayant pour but l’adhérenceparfaite de la corde sur le chevalet, on prend encorele soin de donner audit chevalet plus de hauteur queles sommiers où sont attachées les extrémités des cor-des, ce qui donne une plus grande garantie encore à laparfaite solidarité de la corde et de son point d’appui.
La figure \ fait suffisamment ressortir en quoi cesdifférences de niveau sont utiles.
1 .
Lorsque la corde est frappée par le marteau, elleentre en vibration et entraîne le chevalet dans sesmouvements d’oscillation. Le chevalet étant lui-mêmecollé sur la table d'harmonie, lui fait partager les mê-mes ébranlements, et toute la masse d'air adhérant àla surface de la table d’harmonie est déplacée. De làles ondes sonores dont l’ouïe est affectée.
C’est là, vraiment, qu'il peut y avoir ce qu’en in-dustrie l'on appelle quelquefois un tour de main ; car,ainsi qn^nous venons de le dire, cette table est colléeou fixée, par son contour, sur des parties saillantesque l’on a ménagées en construisant le barrage, et elle
est plus ou moins mince, selon chaque fabricant. Onla fait même habituellement d’épaisseur variable dansses différentes parties.
Enfin un point important est la disposition des fibresdu bois, dont peut dépendre souvent la plus ou moinsgrande élasticité d’une table, et par conséquent sa plusou moins grande puissance sonore; mais là, encore, iln’y a pas de règle absolue*
Le bois dont on se sert pour les tables d’harmonieest ordinairement du sapin de Suisse ou de Bohême.Ce n’est cependant pas une condition de qualité sinequâ non; car on a réussi à faire de très bonnes tablesavec du bois de consistance tout à fait différente decelle du sapin.
Nous devous ajouter que la table serait immanqua-blement fendue, si le tirage des cordes pouvait opérerune pression sur ses parois. Il faut donc que le bar-rage soit extrêmement solide, car la table d’harmoniey étant fixée, par son périmètre, éprouverait une fa-tigue que ne peut lui permettre sa faible épaisseur,si le barrage devait céder, si peu que ce soit, à la trac-tion des cordes.
Ajoutons, à oe qui précède, une observation rela-tive au mode de vibrations qu’affecte la table d’har-monie. Il est bien entendu que cette surface oscillantedéplace une quantité d'air proportionnelle à son éten-due; mais il ne faudrait pas en induire que plus 1atable est grande, plus le son est puissant. En effet, ladifficulté de mettre en vibration une grande table com-penserait alors le bénéfice qu'on pourrait en attendre.
§ 3. Quand le barrage d’un piano est muni de satable, on monte les cordes. Et là, pour le fabricant la-borieux, il y a lieu à de curieuses recherches.
Si l’instrument était mouté, selon l’expression tech-nique, d’un-bout à l’autro de cordes de même diamè-tre et de même matière, les longueurs de ces cordesdonneraient lieu à une courbe (fig. 2), qu’on a appeléela courbe des logarithmes acoustiques ; courbe dans la-quelle les longueurs des ordonnées sont en progressiongéométrique, ayant pour raison(chacune des ordonnées decette courbe est moyenne, propor-tionnelle entre la précédente et lasuivante).C’està laformede cettecourbe que l’on doit la bizarredisposition des pianos à qpene,laquelle ne peut véritablements’expliquer que par une raisond’absolue nécessité. Et, cepen-dant, bien que l’on eût fait cetteconcession à la loi géométrique,en lui sacrifiant le bon goût, il afallu encore que l’on obviât auxlongueurs énormes des cordesbasses, qn’il eût été impossibled’employer telles que l’indi-quaient le calcul et l'expérience(ainsique peut en convaincrel’examen de la figure).
Au lieu d’employer des cordesd’égale grosseur, on a adopté desfilsd’acicrde diamètres variables ; de manière à avoir descordes de plus en plus grosses, en s’approchant des bas-ses. On a pu, de cette façon, suppléer à la longueurindispensable aux cordes pour donner des tons graves,ainsi que le prouve la formule du nombre des oscil-lations d’uno corde vibrante. On sait que cette formuleest celle-ci t
dans laquelle n «st constant, en faisant varier l
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