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pourvu que l* $ reste constant. Pour mieux réussir,on a encore recours à des cordes très fortes par elles-mêmes, que l’on a recouvertes d’un fil enroulé.
Ce dernier procédé donne lieu à des combinaisonsinfinies de fils d’acier et de cuivre de tous diamètres,et présente un intérêt capital, la nature et l’intensitédu son pouvant dépendre, en grande partie, des com-binaisons adoptées.
Pour prendre un parti, à cet égard, chaquo'fabri-cant e-t tenu d'expérimenter les cordes dont il doit seservir. Une fois qu’il a déterminé, par des pesées suc-cessives, quels poids peuvent faire rompre les numérosdes cordes qu’il veut employer, il faut qu’il appréciequelle peut être la limite de leur élasticité, afin de nepas la dépasser. On conçoit, en effet, qu’une cordedont l’élasticité doit être sans cesse éprouvée , nedoive être tendue que bien au-dessous du poids égal àson élasticité naturelle; sans quoi, la corde ne repren-drait pas, par son propre ressort, la disposition primi-tive de son agrégation moléculaire, et ne pourrait pasosciller en deçà et au delà de cet état normal, ainsique doit le faire tout corps de nature élastique. Aumoyen d’un instrument spécial qui permet d’évaluerle poids qu’égale la tension d’une corde, on peut ten-dre chacun des nufnéros expérimentés sous un poidségal aux limites adoptées, et en conclure les longueursque chacune doit avoir pour donner telle ou telle note.C’est par un tel moyen, éminemment pratique, quel’on sait quelles sont les tensions employées dans toutel’étendue du montage, corde par corde : l’ensemble deces tensions a pour résultat le chiffre énorme, que nousavons cité plus haut, de7,000 à7,500 kilos. C’est là l'ef-fort immense que le barrago est destiné à supporter.
Pur les essais successifs dont nous venons de par-ler, l’on détermine aussi quelle est la courbe quedoit affecter le lieu géométrique de toutes les extrémi-tés des cordes vibrantes; ce qui se fait en déterminantpréalablement quelle doit être la direction communede3 cordes, et eu traçant la courbe dont il est ques-tion. La position et la forme du chevalet sont les con-séquences du choix que l’on a dû faire, ad libitum ,do la disposition de la ligne des marteaux, ainsi quede la place que doivent occuper sur le sommier d'at-tache les chevilles servant de points d’attache à toutesles cordes de l’instrument.
Knfin, pour que le chevalet porte sur une partie dela table susceptible de vibrations libres, on a le soinde prolonger la corde au delà de ce chevalet, sauf àétouffer le son que peut produire cette nouvelle lon-gueur de corde.
Pour rendre la suite de ces opérations sensible àl’œil, faisons le simulacre d’un calibre de piano, en cequi touche le plan de la table et de ses accessoires.
Traçant A B (6g. 3), dont la direction est celle choisie,
pour disposer les marteaux de la'mécanique, on doitmener ensuite une série de parallèles figurant les axesdes cordes d’octave en octave. SoitC Etl’ime de ces pa-
rallèles; C’ D‘, C” D”, C m D” 1 les autres. Ce serontlà les ordonnées do la courbe logarithmique, dontnous avons cherché à donner l'idée ci-dessus. Ce serasur ces lignes C D, C’D‘,C”D”, etc., qu'il faudra por-ter les longueurs fournies par les expériences dont ilvient d’être question.
Admettant donc, à priori t dans quelles proportionslesdites ordonnées devaient être divisées, par le pointde frappement, et, convenant que chaque corde doit
être frappée, au ^ de sa longueur, il faut, évidem-
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ment, porter d’un même côté de la ligne AB tous les—- des ordonnées calculées ; et, de l’autre côté de la
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même ligne AB, tous les - de ces mêmes ordonnées.
Ce qui donne, tout à la fois, la ligne des points ex-trêmes des cordes de piano, ainsi que la forme du che-valet.
(Cette fraction de la corde n’est pas la même pourtous les fabricants. Chacun adopte la longueur de frap-pement qu’il croit la plus convenable.)
Hâtons-nous d’ajouter que, pour les notes graves, lacourbe du chevalet doit être altérée, et subir quelquesmodifications permettant de la limiter : cela, au moyendes cordes filées, dont nous avons parlé plus haut ;c’est-à-dire au moyen de cordes que l’on recouvre parenroulements, et que l’on charge d’autant pins qu’ellesdoivent produire des sons plus ou moins graves. Onprépare ces cordes au moyen d’uue espèce de rouet.
Quant au montage des cordes, en général, il s’effec-tue aisément en les accrochant par leurs extrémités àdes pointes que porte le barrage , et en enroulantleurs autres extrémités sur des cylindres de fer appeléschevilles y que l’on enfonce, à frottement, dans le bar-rage. On a seulement la précaution de faire passer lescordes sur des pointes, autour desquelles elles dévient,afin de bien déterminer où commence la partie vi-brante de chacune d’elles.
Ainsi que nous l’avons fait remarquer, entre ces deuxextrémités, elles sont divisées par les pointes que portele chevalet, au moyen desquelles elles font corps avecle chevalet et la table. Quant au plus ou moins de ten-sion à donner aux cordes, on la règle par la rotationdes chevilles, que l’on tourne à droite ou à gauche, aumoyen d’une clef. C’est là l’opération la plus familièreaux amateurs, qui sont souvent témoins du travail dontsont chargés les accordeurs.
CHAPITRE II.
La mécanique est la partie pour laquelle les diversauteurs diffèrent le plus essentiellement. Et, en eSet,l’on conçoit que mille moyens se présentent pour quel’effort du doigt du pianiste produise le frappement d’uumarteau destiné à ébranler la corde.
La mécanique anglaise est celle qui est le plus géné-ralement usitée, quoiqu’elle ne soit pas la meilleure.Bien qu’elle soit très répandue, cette mécanique n’offrepas toute la délicatesse de tact que peut rechercherl’artiste; mais son grand avantage est le bon marchéauquel on peut l’établir.
A ce propos, nous devons reconnaître que plus lafabrication des pianos a progressé, plus l’on a aban-donné la mécanique anglaise, pour n’employer quecelles des fabricants français .
Sans vouloir eutrer dans les détails de la dispositiond’une mécanique, que le cadre de cet ouvrage ne pour-rait nous permettre de développer complètement, nousallons en donner une idée en signalant les conditionsprincipales auxquelles une mécanique doit satisfaire,et, en indiquant, par un profil, quel est le jeu de lamécanique que nous préférons à toutes autres.
Une première condition indispensable, c’cct que la