riANO.
PIANO.
méoauiqua fonctionne sans aucun bruit. De là la né-cessité de la faire eu bois, et d'en garnir toutes les par-ties de laine et de peau, pour amortir les chocs etatténuer les bruits produits par les frottements.
Le jeu de la mécanique doit être combiné de tellemanière : 1° que le marteau frappe la'corde, dès quele doigt a attaqué la touche; 2° qu’il se retire de lui-même dès qu’il a atteint la corde; 3° qu’il reste sus-pendu tant que le doigt reste sur la touche; 4 U quei'ûtouffoir se soulève par le fait seul de la percussion;qu’il retombe dès que le doigt quitte la touche.
Le mécanisme dont nous donnons ci-joint le profilremplit tous ces conditions.
Nous voyons en effet (fig. 4), que lorsque le point À
descend, le point B (extrémité du levier, appelé touche)monte, et que la tige BC monte, ce qui fait tourner lemarteau autour de son pivot D. Le frappement du mar-teau sur la corde est produit par ce mouvement. (Lacondition 4 r * est remplie.)
Dès que le point A est au bas de sa course, la tigeBC se soustrait à l’action du levier AB, pour ne pasperpétuer la position du marteau sur la corde, et re-tombe dans la partie BE. (La condition 2 e est rem-plie.)
Si le doigt reste posé sur la touche, le marteau re-tombe par son propre poids, aidé par le ressort PQ, etreste suspendu à moitié de sa course en retour, aumoyen de la pièce M. appelée attrape-marteau. (Lacondition 3* est ainsi remplie.)
En même temps, par le fait de la rotation de l’é-querre TI H autour du point I, la tige KF tourne au-tour de O, et l’étouffoir quitte la position de repos pourlaisser vibrer la corde. (La condition 4 e est remplie. )
En levant le doigt, chaque pièce reprend sa positionprimitive, et l’étouffoir F s’applique sur la corde, verslaquelle le sollicite le ressort RS. (La condition 5 e estégalement remplie.)
Ainsi que nous l’avons dit, tous les centres de rota-tion doivent être garnis, pour que le jeu des pièces neproduise pas de bruit, et leurs positions de repos doi-vent être soigneusement revêtues de coussins en laine,pour la même raison. Pour donner une idée des soinsque l’on prend à cet égard, nous citerons le seul fait descentres de rotation, que l’on garnit de Casimir intérieu-rement, bien qu’ils n’aient que 2 millimètres de dia-mètre, tout compris, axe et garniture.
CHAPITRE III. AJUSTEMENT
Ainsi que nous l’avons fait pressentir plus haut, ily a de grands soins à apporter dans la manière d’a-juster une mécanique, afin que le marteau frappe lacorde au point le plus favorable à sa vibration. Demême aussi, pour bien étouffer la corde, il faut quel’étoufïoir se pose au point qui prête le moius auxsons enharmoniques. Cela s’obtient par tâtonnement.
Ces deux conditions sout de nature à beaucoup sur-prendre les personnes qui sont étrangères à la fabrica-tion du piano, et c T est un fait très digne d’attentionque celui des différentes natures de son que produitune corde, selon qu’elle est frappée à tel ou tel pointde sa longueur. De même, l’onpeut produire involontairementdes tons secondaires, très désa-gréables, selon qu’on étouffeune corde, à tel ou tel point desa longueur.
Il est donc indispensable d’a-juster la mécanique d’un pianode manière à ce que le marteaude chaque corde la frappe aupoint convenable, et il faut demême disposer les lames d’é-touffoirs de manière que cha-que corde soitétouffée aussi bienque possible. La plus ou moinsbonne qualité des sous d’unpiano peut souvent ne dépen-dre, en grande partie, que dela plus ou moins bonne ententede ces dispositions.
Ce qui précède a rapport àrajustement de la mécanique etdu clavier. Il reste encore à ré-
___ gler le jeu des touches de ma-
nière à ce qu’elles soient égale-ment hautes, également espa-- cées, et enlin, de façon à ce
qu’elle» enfoncent également. Nous admettons ici quela mécanique elle-même est bien réglée, ce qui exigeque les échappements CB reposent, sans intervalles,sur le bout des touches B ; que tous les crochets sem-blables à celui M soient éloignés ou distancés de II, defaçon à ce que tous les marteaux se retirent des cordes,à la même distance, après la percussion ; ce qui exige*enfin, que la vis D soit, pour chaque touche, en contactimmédiat avec l’équerre TIH, de manière à ce quel’étonffoir soit soulevé sans perte de temps. C’est deces conditions que dépend l’égalité du tact d’un bout al’autre du clavier, indépendamment de la bonne cons-truction de la mécanique. C’est là l’office de l’ouvrierque l’on appelle finisseur , dont la mission est de vérifierla marche de toutes les pièces d’un piano, et de veillerà ce que le tout fonctionne régulièrement.
Le plus essentiel des soins à donner est l’égalisationdes sous produits par l’instrument, lesquels doiventêtre tous de même force et de même nature. L’on nepeut obtenir ce résultat que par une bonne garniturede marteaux. Comme il faut, toutefois, pouvoir obvieraux inégalités inattendues provenant de l’hétérogé-néité des diverses matières, avec lesquelles les mar-teaux sont recouverts, tels bien faits qu il soient, ilest bon d’indiquer quels sont les moyens factices pro-pres à régler les sons à posteriori. On est obligé, pourcela, ou de serrer les garnitures de marteaux, en lecomprimant; ou de les desserrer, en les piquant avecde fortes aiguilles. Enfin, telle bien faite que soit unegarniture, il faut s’assurer que tous les marteauxfrappent également les cordes auxquelles ils sont des-tinés. Pour s’assurer de ce qui peut être à faire à cet