PIANO.
PIERRE.
égard, on fait vibrer les cordes avec l’ongle, en y ap-pliquant le marteau, et le soutenant légèrement avec ledoigt. Celles sur lesquelles les marteaux ne portent passuffisamment sont très reconnaissables, et peuvent per-mettre de reconnaître où l’on doit couper de la surfacedu marteau, afin que l’effet de son choc soit partagésolidairement par les cordes auxquelles il est destiné.
L’ensemble de ces soins divers forme la partie de lafabrication exigeant le plus de sentiment artistique,parce qu’il faut discerner les nuances les plus délicatesdes sons comme force, comme timbre, comme qualité.
L’office de l’accordeur devient alors indispensable,afin de pouvoir se fier à ces appréciations.
Quand l’instrument est complètement réglé et ac-cordé, il est terminé.
conclusion.
La construction d’un piano donne lieu â tous cesdétails, et ce sont nutant de difficultés. Cependant,disons-le, malgré l’incertitude des procédés, cette in-dustrie a beaucoup prospéré en France , depuis quel-ques années. Ajoutons que depuis la création du pianodroit, en 1827, le piano carré, dont le barrage étaithorizontal, et réduit de longueur par les prooédés dontnous avons essayé de donner l'idée, a été complètementabandonné.
Comme piano réduit de dimensions, on ne fabriqueplus que les pianos verticaux, dont le barrage est ver-tical ; soit que les cordes en soient elles-mêmes verti-cales, soit que les cordes en soient inclinées à l’hori-zon. Ce 3 derniers ont été appelés, et sont connus sousle nom de pianos-droits. Ils sont infiniment supérieursaux pianos à cordes verticales, auxquels on a donnéle nom de pianinos. En effet, l’on comprend que telhaut que soit un pianino, les cordes basses n’aurontpas les longueurs indispensables ; tandis que dans lespianos à cordes obliques, la diagonale d’un rectangled’environ 1 mètre sur 1 ro ,50, peut permettre de don-ner beaucoup de développement aux cordes des octavesbasses.
Aujourd’hui la lutte entre ces deux genrq^ de pia-nos n’est pas incertaine, et le piano droit, à cordesobliques, est ce qu’il y a de plus puissant comme so-norité.
Quant an piano à queue, l’usage d’un tel instrument,si incommode par sa forme, ne peut être maintenu quepar la force de l’habitude ; et, surtout, parce que sa con-struction n’offre pas les mille obstacles que présentecelle du piano-droit. Les progrès de ce dernier sontdonc autant de probabilités nouvelles pour faire prévoirque, dans peu d’années, le piano-droit résumera l’in-dustrie du piano. Ce temps sera venu quand le piano-droit joindra au charme de son timbre, la puissance deson que comporte le piano à queue; à l’exclusion, ilest vrai, de toutes autres qualités.
Les efforts de toute la facture tendent vers ce but,que l’on peut considérer comme atteint, en ce qui con-cerne le piano carré, et même le piano à mi-queue, dontle genre bâtard n’offre aucun des avantages du piano àqueue, tout en en ayant les incouvénients, par l’irrégu-larité de sa forme.
Quand le piano droit aura définitivement prévalu, etque ce sera le seul piano en usage, on pourra revendi-quer l’honneur d’un tel progrès, tout à l’avantage de laculture de l’art musical, en faveur des fabricants quiont voué toute leur carrière industrielle au complet6uccès du seul piano réunissant les qualités d’un jolimeubles à celles d’un bon instrument. Dès aujourd’huinous touchons â ce résultat, puisque le poids, la formeet l’élégance des pianos droits permettent de les trans-porter et les placer facilement, saus rien leur ôter deleurs bonnes conditions artistiques.
blànchet fi!s, fabricant de pianos.
PIERRE. On donne le nom générique de pierres à laplupart des matériaux de construction tirés du règneminéral. Nous en avons parlé avec détail aux articlesARDOISE, BIAÇONNERlE, PAVAGES, ROUTES, etc. Lespierres gypseuses, ou pierres à plâtre , donnent par lacuisson une matière plastique, le plâtre, qui faitl’objet d’uu article séparé. Les pierres calcaires oupierres à chaux , donnent dans les mêmes circonstances,la chaux qui fait la base de nos mortiers; certainscalcaires argileux ou des mélanges artificiels corres-pondants traités de même donnent les chaux ou cimentshyjdrautiques ; enfin la calcination des argiles produitdes pouzzolanes artificielles en tout comparables auxmeilleures pouzzolanes naturelles.
Les pierres à faulx se fabriquent surtout en Nor-mandie avec des grès houillers que l’on pulvérise et donton forme une pâte que l’on moule et que l’on cuitcomme la poterie de grès.
Les pierres à Veau sont des schistes argileux plus oumoins durs et à grains plus ou moins fins, que l’on em-ploie pour donner le fil à des instruments tranchants.
La pierre du Levant on pierre à l'huile est une chauxcarbonatée dure, très compacte et à grain très fin, d’uneteinte jaune pâle, qui sert à affûter la coutellerie fine.
L ’ègrisée, employée pour polir et travailler les pierresgemmes les plus dures, est de la poussière de diamant.
L’émeri, qui sert également à la taille des pierresdures, est un corindon impur (voyez saphir).
Le tripoli est une espèce de tuf siliceux, très légeret feuilleté, que l’on emploie pour le polissage desglaces, des métaux, etc.
Les pierres à détacher sont des marnes argileuses quiont la propriété d’eulever les corps gras, comme l’huiloet In graisse, des tissus de laine où ils ont pénétré.
Les pierres à fusil , dont l’importance est actuelle-ment pour ainsi dire entièrement annulée par la sub-stitution générale des armés à feu à piston aux armesh pierre, s’obtiennent en débitant au marteau les silexpyromaques, immédiatement au sortir delà carrière;ces pierres se taillent alors facilement; mais elles per-dent cette propriété si on les laisse quelque temps ex-posées à l’air sans les tailler : un seul ouvrier peut fa-briquer par jour mille pierres à fusil.
Nous résumons les plus importantes propriétés desprincipales pierres dans le tableau ci-contre.
Nous dirons un mot d’un curieux procédé de sili-catisation des pierres, pratiqué avec succès par M. Ro-chas qui a su appliquer une idée émise antérieurementpar M. Kulhmann.
Les pierres calcaires, si convenables pour la con-struction des édifices à cause de leur dureté assez fai-ble, qui en rend la taille médiocrement coûteuse, offrentsouvent l’inconvénient de s’effleurir, de se détériorer àla surface, comme on peut le voir en examinant tousles monuments construits en pierres calcaires , quiappartiennent à une époque reculée. Transformer lasurface de ces pierres eu une espèce de marbre dur,brillant, inattaquable à l’air, sans changer les orne •ments, sans appliquer de vernis d’aucune épaisseur,était certes se proposer un intéressant problème, et c’estcelui qui a été complètement résolu par le procédé dontnous parlons.
C’est en imprégnant le plus profondément possibleles pierres avec un silicate soluble, que les effets dontnous parlons sont obtenus. Le carbonate de chaux dola pierre se décompose, et il se produit un silicate dochaux et un carbonate de potasse soluble.
La silicatisation ne produit pas un durcissement im* 'médiat des pierres. Il commence d’abord à la surfaceet ne se manifeste que plus tard à l’intérieur. Plusieursjours d’exposition à l’air sont nécessaires pour que ledurcissement devienne appréciable; il n’est très sen-sible qu’après plusieurs mois.