PISCICULTURE.
PISCICULTURE.
cher les petits vides intermédiaires, puis habillant letuyau ainsi obtenu avec un tissu composé de fils degomme élastique et de soie.
Les pipes les plus estimées se font en écume de mer ,hydro-silicate de magnésie, dont le plus estimé setrouve en Anatolie . On façonne et on moule cette ma-tière à peu près comme la terre à pipe ordinaire; onfait sécher au soleil, puis on chauffe dans un four jus-qu’au rouge-cerise; enfiu, on fait bouillir les pipesdans du lait, on les sèche de nouveau et on les politavec de la prêle.
PIPETTE. La pipette est un instrument dont onse sert surtout dans les laboratoires, mais qui est quel-quefois employé dans d’autres cas, comme, par exem-ple, lorsqu’on veut prendre une petite quantité d’unliquide renfermé dans un tonneau sans le mettre enperce. La pipette la plus simple et la plus usitée se£ compose d’un tube en verre effilé à ses deux extrémités ;on plonge l’une de ces extrémités dans le liquide, onfait monter au besoin ce dernier dans le corps de la pi-pette en aspirant par l’extrémité supérieure, on bou-che cette extrémité avec le doigt, et, lorsqu’on enlèvela pipette, le liquide y reste par suite de la pression at-mosphérique qui s’exerce sur l’extrémité inférieure; onle fait écouler en enlevant le doigt. A l’article essai,nous avons donné des dessins d’une pipette analogue.
PISCICULTURE. Depuis quelques années des plain-tes nombreuses se sont élevées sur la dépopulation crois-sante de nos fleuves et de nos rivières. La pêche flu-viatile, quj offrait aux populations riveraines unesource abondante d’alimentation agréable et saine,qui constituait une industrie considérable, la pêche flu-viatile, disons-nous, est menacée d’une ruine pro-chaine. Bien des causes ont été assignées à ce tristeétat de choses, et, il faut le reconnaître, les progrès del’industrie sont une des plus puissantes. Comme l’afort bien observé M. Edwards, les barrages qui se mul-tiplient chaque jour le long des petits affluents, s’op-posent aux migrations des poissons dont le frai doitêtre déposé dans le voisinage même des sources. Lesruisseaux ne peuvent dqnc plus fournir aux rivières uncontingent aussi considérable de petits poissons, et lapêche restant la même, l’espèce diminue ou disparaît.Mais les grands fleuves aussi ont à se plaindre direc-tement de l’industrie sous le rapport qui nous occupe.L’établissement des bateaux à vapeur a été signalédepuis longtemps par les pêcheurs comme une causeactive de la diminution du poisson, comme on v le ditvulgairement; les ondes, soulevées par le passage ra-pide du bateau, se font sentir avec force jusque sur larive. La berge est comme rincée par ce flot qui la ba-layé plusieurs fois par jour, et il est facile de compren-dre que le frai déposé près du rivage doit périr engrande partie au milieu de ces remous. Là est, cenous semble, la cause principale de la dépopulation pro-gressive que présentent certaines rivières naguère re-nommées pour leur richesse ichtyologique ; et, s'il fal-lait citer un exemple, la Saône nous en fournirait unsensible.
Dès 4848, M. Quatrefages rappela les expériencespurement scientifiques de Spallanzani et de ses imi-tateurs, et celles que le comte de Golstein avait faitesantérieurement dans un but tout d’appEcation. (D’aprèsM. Coste, le comte de Golsteiu n’était que le vulgarisa-teur des idées de Jacobi, qui avait résolu dès 4750 leproblème qui nous occupe.) M. Quatrefages avait concludu succès qui avait couronné ces diverses tentatives,qu’on pouvait semer du poisson comme on sème du grain.En même temps, il montrait que les fécondations arti-ficielles permettent de rendre le rendement des étangsaunuel, de triennal qu’il est resté jusqu’à ce jour;qu’elles facilitent l’acclimation d’espèces nouvelles,dont on pourrait enrichir nos fleuves; qu’elles rendent
possible l’introduction en France d’industries déjà flo-rissantes dans d’autres contrées.
La plupart des journaux reproduisirent par extraitcette communication, et c’est alors que l’on apprit avecétonnement que deux modestes pêcheurs, perdus dansune vallée des Vosges , avaient eux aussi abordé leproblème et l’avaient complètement résolu. Pour com-prendre ce qu’il leur avait fallu de sagacité et de pa-tience, il suffira de rappeler que ces pêcheurs étaientcomplètement étrangers aux études physiologiques;qu’ils avaient dû, par eux seuls et sans guide, toutapprendre et tout imiter dans les procédés suivis par lanature pour assurer la multiplication des poissons.
MM. Gehin et Remy durent d’abord s’assurer de cefait, que chez les poissons il n’y a pas d’accouplement,et que, contrairement à co qui se voit chez les ani-maux dont l’observation est la plus journalière, lesœufs sont pondus d’abord par la femelle, puis fécon-dés par le mâle. Tous ces actes, en quelque sorte pré-liminaires, 11 e s’accomplissent guère que de nuit aucommencement de la saison froide, et peu de savantsde cabinet auraient eu sans doute la ténacité d’obser-vation que nos pêcheurs ont montrée en cherchant àen reconnaître toutes les circonstances.
De cette connaissance une fois acquise, passer àl’imitation et arriver aux fécondations artificielles, peutparaître aujourd’hui chose aisée. La science a tantde fois reproduit ce fait qu’il n’a plus rien qui nousétonne. Mais si l’on se reporte par la pensée au tempsdes expériences de Spallanzani ; si l’on se rappelle l’en-thousiasme qu’elles excitèrent dans toute l’Europe, onreconnaîtra que MM. Gehin et Remy ont fait preuved’une intelligence et d’une hardiesse d’expérimentationqui justifie pleinement les récompenses honorifiquesque la Société d’Emulation des Vosges crut devoirleur accorder.
Le savant de Modène s’était proposé seulement dereconnaître les lois qui président à la reproduction desêtres vivants. Il n’avait pas à*se préoccuper de l’éle-vage des animaux qu’il observait dans son laboratoire.Le but de nos pêcheurs était tout autre. Il s’agissaitpour eux d’assurer et d’étendre une industrie qui étaitleur gagne-pain. Ils avaient donc à élever les jeunespoissons éclos entre leurs mains, et à se créer des ré-serves, des espèces de pépinières où ils pourraient em-magasiner leurs produits pour les écouler an besoin.Ici commençait tout un ordre nouveau de difficultés,Si MM. Gehin et Remy avaient opéré sur des espècesherbivores, sur des carpes, par exemple, leur tâcheaurait été bien simplifiée. Les carpillons auraienttrouvé dans la vase et sur les bords d’un étang ou d’unruisseau une nourriture toute préparée. Mais nos pê-cheurs élevaient des truites, et à ces poissons carnas-siers il fallait une nourriture appropriée à la fois à leurâge et à leurs instincts. Ce problème assez difficile futégalement résolu à la suite d’expériences fondées surl’observation.
MM. Gehin et Remy avaient vu les petites truitesse nourrir, au moment de leur naissance, de la sub-stance comme mucilagineuse qui entoure les œufs. Ilssongèrent d’abord à leur fournir une nourriture ana-logue et leur donnèrent du frai de grenouille, ce quiréussit fort bien. Quand les traitons, devenus un peuplus forts, demandèrent une nourriture plus substan-tielle, leurs éleveurs eurent d’abord recours à la viandehachée, et entre autres à des intestins de mouton oude bœuf, coupés en lanières très minces. Mais plustard, ils recoururent à un procédé bien plus ingénieux,et qui mérite réellement l’épithète de scientifique.Pour nourrir leurs petites truites, ils semèrent à côtéd’elles d’autres espèces de poissons plus petites et her-bivores. Celles-ci s’élèvent et s’entretiennent elles-mêmes aux dépens de3 végétaux aquatiques. A leur