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HSCICULTURE.

pisciculture.

tour, elles servent d’aliment aux truites, qui se nour-rissent de chair. Dans la rivière de MM. Gehin etRemy, tout sè passe donc maintenant comme dans lanature entière. Ces pêcheurs sont arrivés à appliquer àleur industrie une des lois les plus générales sur les-quelles reposent les harmonies naturelles de la créa-tion animée.

MM. Gehin et Remy n’ont pas borné les applica-tions de leurs recherches aux ruisseaux exploités pareux. Appelés dans diverses communes, ils ont rem-poissonné des cours d’eau depuis longtemps dépeuplés ;et dans une seule rivière, la Mosselotte, un des affluentsde la Moselle , ils ont semé environ 50,000 truitons,qu’on pêche aujourd’hui à l’état adulte. Leur réputa-tion s’est étendue, et l’année dernière, l’un d’eux, ap-pelé à Huningue , a employé ses procédés pour la mul-tiplication du saumon avec un succès comparable hcelui que le comte de Golsteiu avait obtenu il y a prèsd’un siècle.

Les essais provoqués par la publication de la notedont nous avons parlé, par la divulgation des succèsqu’avaient obtenus MM. Gehin et Remy, ont été nom-breux en France , et presque partout ils ont pleine-ment réussi. Us ont porté sur des espèces assez va-riées. C’est ainsi que dans la Bresse et du côté deDijon , on a opéré sur des tanches, sur des carpes, surdes brochets, sur des perches. L’application pratiquedes fécondations artiBcielles à l’élève des poissons estdonc aujourd’hui hors de doute. Or, semer des espè-ces herbivores destinées à être mangées par des espècescarnassières qui elles-mêmes serviront de nourriture àl’homme, c’est incontestablement un des moyens lesplus simples et les moins dispendieux de créer dosaliments de nature animale. A ce titre, l’industriedont nous parlons nous semble digne du plus grandintérêt.

En Angleterre, où des tentatives du même genreont été faites sur une grande échelle et avec le mêmesuccès, de riches propriétaires, des compagnies puis-santes se sont mises à l’œuvre, et le reinpoissonne-ment a été opéré sur quelques points dans de très lar-ges proportions. En France , le morcellement de lupropriété, la médiocrité des fortunes, opposera, nousle craignons bien, un obstacle à des entreprises de cegenre. Quelques hommes dévoués pourront bien semerdes poissons dans les affluents d’un fleuve dans le butde le repeupler; mais des efforts individuels ne sau-raient avoir des résultats bien considérables, du moinstant que les procédés à employer ne seront pas deve-nus populaires. L’intervention du gouvernement noussemble donc ici pleinement justifiée.

Nous donnerons ici, d’après M. Coste, membre del’Institut, qui a parfaitement réussi dans de nombreu-ses expériences faites dans la cour du Collège doFrance, le mode d’opérer et les détails des appareilsconvenables pour réussir dans des opérations qui pas-seront sûrement dans la pratique et pourront devenirpour le pays, une source importante d’accroissementde richesses.

Lorsque l’époque de la ponte de l'espèce de poissonsqu’il s’agit de multiplier est arrivée, et que l’on aréuni des poissons mâles et femelles de cette espèce,on opère comme il suit : On preud un grand vase àfond plat, de faïence ou de verre, on y met un ou deuxlitres d’eau, puis on se dispose à y répandre les œufsde la femelle. Pour cela la saisissant, comme le repré-sente la figure \, on repousse doucement les œufs versl’ouverture anale et ils sortent, s’ils sont mûrs, par laplus faible pression.

Cela fait, l’eau étant restée bien claire, on exprimede la même manière la laitance du mâle. Si elle est àl'ét&tde complète maturité, elle coule blanche et épaissecomme de la crème, et dès qu’il en est assez tombe

pour que le mélange prenne les apparences de petitlait, et pour cela il suffît de partie de celle que peut four-nir le mâle, la saturation est suffisante. On agite alorsce mélange doucement, avec l’aide d’un long pinceau»pour que le contact soit intime.

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On peut aussi pour opérer ce mélange intime rece-voir les œufs et la laitance dans un petit panier à mail-les très fines. On élève ensuite et l'on abaisse, on agiteen tous sens cette corbeille, en évitant de la faire ja-mais sortir du liquide. Après un repos de deux outrois minutes la fécondation est accomplie et l’on verseces œufs, avec l’eau qui les renferme, dans des bas-sins à éclosion.

Remy se sert pour botte à éclosion de boites enfer blanc percées d’une multitude de petits trous qu'ildépose sur le sable dans un endroit où l’eau est biencourante. Ce système offre l’inconvénient de ne paspermettre de suivre l’opération et par suite de ne passavoirsi quelqueaccident n’en compromet pas le succès.

La 6g. 2 représente l’appareil employé avec succès

2 .

par M. Coste. Il est formé par un assemblage de pe-tits canaux parallèles, disposés en gradins de chaque,côté d’un canal supérieur, qui les domine tous et sertà les alimenter.

Après avoir garni chacun de ces canaux d’uno claie