PLATINE.
M. J. Reiset , et dans lesquels ils jouent le rôle de corpssimples ou de radicaux, tout à fait comme le cyano-gène dans les cyanures.
Minerais de platine. — Traitement.
Les minerais de platine sont des alliages qui renfer-ment, outre le platine, du palladium, de l’iridium, durhodium, de l’osmium et du ruthénium. Ces minerais nesc trouvent en quantité exploitable que dans les alluvions anciennes qui renferment l’or et le diamant. Onles a également découverts récemment en filons, dansla Colombie et en Sibérie . Pendant longtemps, les seulsgisements de platine connus étaient situés dans l’Amé-rique méridionale ; actuellement les gisements de Sibé-rie en produisent une quantité beaucoup plus considé-rable, mais qui n’est pas livrée au commerce et estconvertie en monnaie ayant cours seulement en Russie .11 paraît que la mounaie de platine vient d’être démo-nétisée dans ce pays, ce qni, nous l’espérons, fera bais-ser le prix élevé de ce métal, si précieux dans nombred’industries.
Après avoir lavé les minerais de platine, on séparetoutes les parties magnétiques, au moyen d’un barreauaimanté, on les chauffe au rouge et on les traite parl’acide hydrochloriquo. On prend le résidu que l’on faitdigérer, s’il y a lieu, avec de l’eau régale affaiblie pourdissoudre les particules d’or qu’il peut renfermer, puison le traite à chaud dans une cornue, par de l’eau ré-gale concentrée ; la liqueur distillée ne renferme que del’acide osmique ; le résidu non attaqué est composéd’osmiure d’iridium, de fer chrômé et titané, etc.; etenfin la liqueur qui reste dans la cornue renferme eudissolution le platine, le palladium, le rhodium, lecuivre, une grande partie du fer et une certaine quan-tité d’iridium. Cette dissolution étant convenablementrapprochée, on y verse une dissolution saturée à froidde sel ammoniac, tant qu’il s’y forme un précipité dechlorure double de platine et d’ammoniaque, lequel nerenfermera que très peu d'iridium parce que la li-queur est très acide. Du reste, la présence de l’iri-dium est plutôt un avantage qu’un inconvénient, danscertaines limites, parce que le platine parfaitementpur est plus mou quo l’argent, et moins propre, à causede cela, à servir pour faire des creusets et divers autresinstruments, que le platine qui contient une faiblequantité d’iridium, lequel lui donne de la dureté et del’élasticité. En calcinant le chlorure double dans degrands creusets de terre on obtient de l’éponge de pla-tine. Les eaux-mères d’où Ton a précipité le platinesont évaporées au dixième et précipitées de nouveau parle se) ammoniac, on obtient alors un dépôt rouge quicontient beaucoup d'iridium et un peu de platine; on leramène à l'état métallique en le chauffant au rouge, eton le traite par l’eau régale faible qui dissout le platineet laisse la plus grande partie de l’iridium sans l’atta-quer. On comprime l’éponge de platine obtenue, dansun cylindre en fer, terminé par un bouchon d’acier,d’abord avec un piston en bois, et ensuite avec un pis-ton en acier; puis on la porte au blanc et on la com-prime plusieurs foi3 de suite à cette température,jusqu’à ce qu’elle soit assez agrégée pour se travaillerfacilement au marteau. 11 vaut mieux, pour éviter quedes poussières ne s'introduisent dans l’éponge et nedonnent lieu plus tard à des failles ou à des criques,réduire l’éponge en poudre avec un pilon en bois, mettrecette poudre en suspension dans l’eau, la Inver par dé-cantation, puis en former une pâte que l’on comprimefortement, à l’aide d’un balancier ou d’une presse hy-draulique, dans un cylindre en fer, chauffer ensuiteau blanc le culot que Tou obtient ainsi et le travaillercomme ci-dessus.
Usages. Le platine est principalement employé dansles laboratoires de chimie, à l'état de creusets, de cap-
sules et de cornues, à cause de son infusibilité, et de soninaltérabilité en présence d’un grand nombre de corpssimples ou composés ; par la même raison il est trèsemployé dans les fabriques de produits chimiques, cel-les où se fait T affinage des matières d’or et d’argent,etc., pour fabriquer une partie des cornues, ou réci-pients, et le serait encore bien davantage sans sou prixélevé.
Statistique. La production annuelle du platine est de2.150 à 2.300 kilogr., savoir.
Colombie et Brésil . . . . 250 à 300 k
Oural.1.900 à 2.000
2.150 à 27300 k
Le platine de Russie est monnayé, celui de l’Améri-que est seul versé dans le commerce. Il vaut actuelle-ment en feuilles 1.000 fr. le kilogr., non compris lafaçon ultérieure des objets. P. debette.
PLATRAS. Le lessivage des plâtras donne des nitratesde chaux et de magnésie * que Ton transforme en ni-trate de potasse , lorsqu’il est impossible de se procurerce dernier à plus bas prix par le commerce. Voyez ni-trates et POUDRE.
PLATRE (angl. gypsum, ail. gyps ). Le plâtre ousulfate de chaux est très abondant dans la nature ; onen rencontre deux espèces, le sulfate de chaux anhydreet le sulfate de chaux hydraté ou gypse. La premièreespèce est assez rare et n’a que peu d’emploi ; nous nenous occuperons donc que de la seconde espèce, qui, parses nombreuses applications, constitue une branched'in-dustrie considérable pour les localités où elle se trouve.
Le gypse se présente fréquemment en tables biselêesde diverses manières, à bases de parallélogrammes obli-quangles ; on le rencontre aussi sous la forme de len-tilles plus ou moins volumineuses, ordinairement jaunes,isolées ou groupées en rose ou en fer de lance. Ces cris-taux sont quelquefois limpides, quelquefois opaques oucolorés en jaune. Dans les grandes masses que le gypseformedans le sein de la terre, on observe plusieurs variétésde structure : la structure fibreuse, souvent douée d’unéclat nacré, la structure l&melleuse, la structure com-pacte. Dans tous les cas, sa densité est d’environ 2.31.Exposé au feu, il durcit et blanchit en perdant son eaude cristallisation. Réduit en poudre, il absorbe ensuitel’eau avec avidité et se solidifie. Cette solidification,qui produit un dégagement de chaleur, est due à ce quele plâtre cuit mis en contact avec de l’eau, l’absorbe etrepasse à l’état cristallin ; les cristaux s’entrelacent, con-tractent de l’adhérence, et forment un tout d’une du-reté moyenne.
Le gypse se rencontre en général dans les parties su-périeures des terrains secondaires et dans les terraiostertiaires. Il forme dans les premiers des couches puis-santes intercalées avec des couches de calcaire ; dans lesseconds, il forme des dépôts plus ou moins étendus, ac-compagnés de marnes ; c’est ce qui se présente dans lesenvirons de Paris, à Montmartre et Ménilmontant, où ilest exploité comme pierre à plâtre.
On donne le plus généralement le nom de plâtre augypse privé d’eau par calcination, cependant on l’ap-plique aussi quelquefois au gypse' tel qu’on l’extrait descarrières, ce qui a donné lieu aux expressions de plâtrecuit et plâtre cru. Le plâtre s’emploie daas les construc-tions et, en agriculture, pour amender les terres. En gé-néral, tons les plâtres sont bons quand on les emploiecomme amendements, mais tous ne peuvent être em-ployés dans la construction.
Les gypses purs, tels que ceux qui sont cristallisés,lamclleux, fibreux, etc., etc., donnent, par une cuissonbien faite, un plâtre fin et blanc qui se gonfle trop etdonne un enduit qui ne tient pas; tel est le plâtre desmouleurs. Pour les constructions, il faut qu’il renfermedes matières inertes jouant ici le même rôle que le sable
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