dan» le mortier; il peut en contenir jusqu'à 20 p. 100.C’est là ce qui explique pourquoi le prooédé de cuissonle plus imparfait est celui qui donne le plâtre de meil-leure qualité. Ce procédé consiste, comme tout le mondele suit, à construire, au moyen des plus gros moellons,de petites voûtes peu larges, puis d’entasser au-dessusle plâtre, en ayant soin de le graduer suivant sa gros-seur : les morceaux les plus gros étant le plus près dufeu, et les plus petits à l'extérieur. La cuisson s’opèreen brûlant du bois sec sous ces voûtes ; plus elle estlente et régulière, meilleurs sont les produits. L’opéra-tion dure, en moyenne, dix heures; quand elle estachevée, on bouche les ouvertures avec des moellons eton recouvre le tas avec du plâtre en poudre.
D’après ce qui précède, on voit que le plâtre du fourn’est pas également cuit dans toutes ses parties. En ef-fet, celui qui est près du feu est trop calciné pour faireprise avec l’eau ; le plus éloigné est encore trop hydratépour ne pas être également inerte, mais le tout, mélangé,donnera un plâtre d’excellente qualité.
Au lieu d’opérer ainsi, on pourrait cuire également leplâtre dans toutes ses parties, et ajouter ensuite des ma-tières étrangères qui n'auraient pas subi les frais decaisson.
Dans les environs de Paris on emploie du bois pourcuire le plâtre; on a cherché à le remplacer par de lahouille. Dans le département de Saône-et-Loire on em-ploie des fours à deux foyers, dans lesquels on brûle dela houille. Dans ces fours, on emploie -1.420 w de houillepour cuire 2o.Ü00 k de plâtre. A Paris , on a essayé d'em-ployer la chaleur perdue des fours à coke pour cuire leplâtre; on obtient d’excellents résultats en dirigeant lachaleur perdue de trois fours à coke sur un four à plâtrede très grandes dimensions, en ayant soin d’échelonnerla préparation du coke de telle manière, qu’elle se trouvedans chaque four à une époque différente ; on obtient unetempérature moyenne qui varie peu pendant la cuisson,il est bien entendu que l’on doit avoir deux fours, l’un quel’on prépare pendaut que la cuisson s’opère dans l’autre.
Le plâtre destiné à l'agriculture peut se cuire à .trèsbas prix au moyen de fours coulants à feu continu.
Le plâtre cuit doit être broyé avant d'être livré à laconsommation ; le broyage se fait au moyen de moulinsen fonte très solides analogues aux moulins à café, oumieux, de meules verticales en pierres roulant dans uneauge de même substance ; au centre de cette auge ondispose lin crible à travers lequel le plâtre tombe toutpréparé, et sans augmentation de main-d’œuvre dansles magasins. Ce broyage ne doit pas être trop parfait,sinon le plâtre perdrait une partie de ses propriétés plas-tiques.
Le plâtre doit être employé aussitôt qu’il est cuit ; ilperd de sa qualité s’il reste exposé à l’air dont il attirerapidement l’humidité» Les ouvriers disent que le plâtreest éventé, .o’est-à-dire qu’il a été exposé à l’air, quandil perd, avec son onctuosité, la faculté de durcir promp-tement. Si on ne peut l’employer aussitôt qu’il est cuitet moulu, on le renferme dans des tonneaux que l’onplace dans des lieux bien secs.
lorsque le plâtre n’est pas assez cuit, il est aride etne forme pas uu corps assez solide ; s’il est trop cuit, iln’a plus ce que les ouvriers de Paris appellent d’amour,c’est-à-dire qu’il n’est pas assez gras ; s’il est cuit à pro-pos, l’ouvrier sent en le mauiant qu'il est doux et qu'ils’attache aux doigts.
Nous avons vu précédemment que le plâtre réduit enpoudre n’a besoin que d’être mélangé avec l'eau pourformer un corps solide d'une dureté moyenne ; il seraitdonc préférable au mortier s’il pouvait résister aussilongtemps que lui aux intempéries de l’air et à .l’humi-dité, mais il n’en est pas ainsi. On ne peut employer leplâtre que dans l’intérieur des édifices, où il se conservetrès bien. Dans les localités où il est d’excellente qualité,
à Paris , par exemple, on en fuit une consommationénorme daus la construction des maisons.
Pour gâcher le plâtre à Paris , on commence parmettre l’eau dans l’auget qui doit servir à la manipula-tion ; on ajoute ensuite le plâtre, en le semant jusqu’àce qu’il atteigne presque la surface de l’eau ; on attendun peu qu’il commence à prendre, et alors on le remueavec une truelle en cuivre (une truelle en fer s’oxyde-rait trop rapidement à cause de l’acide sulfurique) pourqu’il forme une pâte uniforme. Il faut environ autantd’eauque de plâtre. Plus le plâtre est fort, plus il faut le gâ-cher promptement, afin qu’on ait le temps de l'employeravant qu’il commence à durcir. Chaque fois que l’ongâche, il faut nettoyer l’auget avec soin ; c’est ce qui sefait avec la truelle, dont les arêtes doivent être bien vives.
On met plus ou moins d’eau pour gâcher le plâtreen raison des ouvrages que l’on a à faire ; si l’on abesoin de toute sa force, on n’y met que la proportiond’eau nécessaire pour donner à la pâte la consistanceconvenable pour son emploi ; c’est ce que les maçonsappellent gârher serré. Lorsqu’on y met plus d’eau, cequi se dit gâi.her clair , il donne plue de temps pourl’employer. Pour faire des enduits, on le gâche encore-plus clair ; enfin, lorsqu’il s’agit de remplir des vides oùla main ni la truelle ne peuvent atteindre, on forme uucoulis , qui est assez clair pour être versé par des godetsplacés de manière à pouvoir diriger le coulis dans le9-cavités qu’il doit remplir. Le plâtre ainsi délayé nepeut pas former un corps bien solide ; aussi ne doil-ou1’employer que quand les vides qu’il doit remplir n’ontpas de charge à soutenir.
Plâtre durci ou alunè. Depuis quelque temps, on pré-pare, au moyen du plâtre, une nouvelle substance plas-tique qui, tout en conservant une partie des propriétésde la matière première, en acquiert de nouvelles. Leplâtre aluné so rapprochp du marbre par le poli, maisil résiste mal aux intempéries de l’atmosphère. Voicien peu de mots sa fabrication qui est, en France ,l’objet d’un brevet.
On commence à cuire dans un four à réverbère,chauffé à l’air chaud, le plâtre que l’on veut aluner ; oua eu soin de choisir pour cela les pierres les plus belleset les plus blanches. Lorsque la cuisson est terminée,on laisse refroidir le plâtre, puis on le place dansde grandes caisses eu bois à claire-voie, que l’on plongedaus un bain d’eau tenant en dissolution 40 pour 400d’alun. Après une immersion de quelques minutes, onretiro la caisse, on la laisse égoutter quelque tempsau-dessus du bain; puis on la vide sur une aire pré-parée pour le recevoir. Ce plâtre aluné est porté dansle four, et on le recuit à une température beaucoupplus élevée que la première fois, et qui doit être pouss ejusqu’au rouge. Après lavoir laissé refroidir, on lepulvérise dans un moulin en fonte; puis on le blutte.
Récemment on a perfectionné ce procédé de fabrica-tion d’une manière remarquable. On mélange intime-ment le plâtre avec de l’alun en poudre, puis on chauffeune seule fois ; on voit par là qu’on obtient une grandeéconomie de combustible et demain d’oeuvre.
Stuc. On distingue deux espèces de stuc, le stuc à lachaux et le stuc fait avec du plâtre :
Le stuc à la chaux s’obtient en mêlant la chauxéteinte avec d’autres matières pulvérulentes qui, eugénéral, sont le marbre blanc, ou toute autre matièreblanche dure. Pour faire du bon stuc à la chaux, ohprend des pierres de cette matière qui soient de la meil-leure qualité possible. On éteint cette chaux et on lamêle ensuite avec la quantité de pondre de marbreblanc reconnue nécessaire.
Le stuc fait avec du plâtre ne résiste pas à l’humi-dité et aux intempéries de l’air ; mais employé dansl’intérieur des maisons, il résiste très bien, et il a, sousplusieurs rapports, des avantages sur le stuc à la diaux.