PONTS.
PONTS.
près impénétrable, on Tépaise, soit au moyen de la visd’Archimède , soit au moyen de norias ou de pompes.Ces épuisements sont poussés avec activité jour etnuit, parce que, malgré le soin que l’on a apporté à laconstruction du batardeau, il y a toujours des infiltra-tions qui se produisent et qui, accumulées, finiraientpar gêner les ouvriers. Quand la fouille est à peu prèsh sec, on arase le sol au moyen de coups de mine etl’on construit comme sur un terrain ordinaire. Nousavons supposé ici que l’on pouvait enfoncer quelquespieux, mais le plus souvent la roche est trop dure; onrelie alors les pieux qui forment la ferme par une entre-toise, à pen près au niveau de l’étiage, et par un tirantde fer placé à Ja partie inférieure. Ce tirant, fixé d’abordà plat sous les pieux, se recourbe ensuite de chainp.afin que la terre qui forme le remplissage entre les pa-rois en planches, l’entonre parfaitement et empêche lapénétration des eaux.
Fondation par caisse étanche. Si la profondeur est plusgrande que 1“,50 à 2“, on renonce au mode de fonda-tion par batardeau, qui deviendrait trop dispendieux i\cause des difficultés de construction de l’enceinte et desépuisements, qui seraient considérables ; on se sert alorsd’une caisse étanche (fig. 2107 et 2108). Cette caisse secompose de fortes longuerines boulonnées à des pilots,laissant entre elles un interval le de 0 a , 15 au moins occupépar les palplanches, qui ont une épaisseur de 0*,15, et
sont assemblées à grain d’orge afin de les rendre plueétanches. Ces palplanches se placent dans le sens perpen-diculaire aux longuerines auxquelles elles sont boulon-nées, elles sont maintenues en haut et eu bas par uncours de ces pièces. La caisse est construite immédiate-ment au-dessus de l’endroit où Ton veut l’enfoncer, eton a soin de donner à la partie inferieure exactement laforme du sol sur lequel elle doit reposer; il faut doncavoir fait préalablement le draguage du.lit de la rivière.Quand la caisse est achevée, on l’échoue, en enlevantles madriers sur lesquels elle reposait, l’attachant avecdes câbles, et la laissant glisser le long de piècesde bois qui descendent jusqu’au fond de la rivière et laforcent à se placer exactement dans les ondulations duterrain dont elle a la forme. Cela fait, on coule dubéton par les procédés que nous exposerons tout àl’heure, et l’on fait les épuisements comme à l’ordi-naire.
Caisse non étanche. Les deux systèmes de fondationsque nous venons d'indiquer nécessitent toujours desépuisements, opérations coûteuses et quelquefois im-possibles, si le cours d’eau est très profond : aussia-t-on imaginé de se servir d’un caisson construit à peuprès dans le genre de celui que nous venons de décrire,mais dont les palplanches affûtées ne sont pas assem-blées entre elles. Pour établir cette caisse non étanebe,on commence par enfoncer les pilots jusqu’au rocher;on les relie par des longuerines, puis on bat les pal-planches dans l’intervalle des longuerines jusqu’à cequ’elles atteignent aussi le rocher; on drague ensuitele sable compris dans l’intérieur de la caisse, et l’onprocède à la coulée du béton. Cette opération, très
importante dans ce mode de fondation, car c'est sur luique repose toute la solidité de l’ouvrage, se fait aumoyen de différents appareils, qui tous ont pour butd’empêcher qu’il ne ee délaie dans sa chute : ce sontgénéralement des seaux que l’on descend jusqu’au fond,et que l’on fait basculer, ou bien des caisses à fond mobileque Ton ouvre lorsqu’elles sont parvenues jusqu’au sol(fig. 2109). Dans tous les cas, on a soin de comprimerle béton à mesure qu’on l’immerge, afin qu’il s’étendeen nappes ; on intercale aussi de temps en temps deslitsdepierrequel’on place, autantque possible, près de la paroi de lacaisse, afin que, si celle-ci vientà se détériorer, elles puissent offrirde la résistance aux corps flottantsqui sont souvent entraînés par leseaux. On peut aussi, ponr donnerplus de solidité, réunir les poteauxpar des tirants en fer; mais alorsil faut, avant l’immersion de lacaisse, y fixer des crochets. Lestirants que l’on place ultérieure-ment à différentes hauteurs, dansla maçonnerie, sont munisd’œiis;on les fait glisser jusque sur lescrochets, en les guidant avec des// \\ tiges de fer ; on peut encore ajou-
// / \ \\ ter à la solidité de l’ouvrage en
.^ ^-- donnant du fruit aux palplanches
QQ et pilots. Ce fruit est généralement
de I/5 à 1/6. Le moyen le plus gé-néralement employédans la prati-que consiste à couler le béton dans une caisse rectangu-laire en bois, inclinée p&i rapport à l’axe de la pile. Dansce canal, on verse les brouettes de béton, qui se trouveainsi dans un milieu stagnant isolé des eaux courantesqui pourraient le délayer. Il est également importantde verser le béton du coté de l’amont, pour que le coursde l’eau aide au nivellement des couches, et pour quela chaux délayée ait à parcourir la longueur de la pileavant de s’échapper.
Fondation sur gravier, cailloux, argile. Les fonda-tions sur sable ou gravier nécessitent des moyens toutdifférents de cenx que nous venons de passer en revue.En effet, quoique le sol soit incompressible, il est trèsaffouillable ; et si on employait les caissons sans antreprécaution, l’eau, dans les crues, ne tarderait pas àenlever le sable qui se trouverait sous les maçonneries,et il en résulterait des tassements qui amèneraient in-failliblement la chute du poat. C’est encore à cause desaffouülements et des infiltrations que les batardeaux nesont pas applicables; car avec ces terrains les épui-sements seraient presque impossibles.
Pilotis. Le mode de fondation le plus usité, dans cescirconstances, consiste dans l’emploi des pilotis. Lespilots ou pilotis sont des pièces de bois que l’on enfonceverticalement dans le sol de la rivière, et qui serventà supporter un plancher sur lequel on établit les pilesou culées. Le bois le plus souvent employé à oet effetest le chêne, qui se conserve parfaitement quand ilest plongé entièrement dans l’eau, et qu’il n’est passoumis alternativement à l’action de l’air et à celle del’ean ; on emploie aussi quelques espèces de pins, lepin maritime, par exemple, qui sert, dans le midide la France , à toutes les constructions hydrauliques.Les pièces de bois destinées à former des pilotis sontarmées à leur extrémité inférieure, qui est néces-sairement le petit bout, d’un sabot, soit en fonte,soit en fer. Ce sabot a pour but d’empêcher le bois des’émousser, lorsqu’il traverse des couches de terrainconsistantes. Quand il est en fonte, il est formé d’unemasse conique en métal munie, dans l’intérieur, d’unebarre dentélée en fer (fig. 2110). Pour le fixer à Tes.