PONTS.
PONTS.
trémité du pieu, on commence par donner à celui-ci unelégère forme conique, afin que le sabot puisse s’yadapter; puis on l'enfonce à coups de masse, en faisantpénétrer la barre dentelée dans le milieu du pieu. Si lesabot est en fer, il a aussi la forme conique, mai» il est
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muni de trois oa quatre branches percées de trous(fig. 2144). Ces trous reçoivent des broches en fer quifixent le sabot d’une manière invariable. L’autre extré-mité du pieu devant recevoir des chocs violents, il estnécessaire de la consolider aussi, sans quoi elle se dété-riorerait; on la garnit d’une frette ou cercle en fer, quiretient les fibres du bois et les empêche de se déchirer.Le plus généralement on emploie les sabots en fer avecdes branches, comme il a été dit précédemment, quel’on pose à cband.
Sonnettes à tiraudes. Les machines destinées à en-foncer les pieux sont appelées sonnettes ; les sonnettessont de deux sortes, à tiraude ou à dédie. La sonnetteà tiraude se compose d’uu patin en charpente fixé à unbateau; sur ce patin s’élèvent deux pièces verticaleset parallèles appelées jumelles, distantes entre ellesde 0“,40 à 0"*,15; elles sont consolidées sur les côtés etpar derrière au moyen de jambes de force. C’est devantces deux jumelles que se meut la masse qui doit pro-duire renfoncement par sa chute, et qui est appeléemoutou. Les moutons sont en bois ou en fonte ; lesmoutons en bois sont formés d’un bloc rectangulaire debois dur, pesant à peu près autant que les pieuxqu’ils sont destinés à enfoncer; ils sont garnis surleur face inférieure de clous en fer; sur le côté quifrotte contre les jumelles se trouvent deux oreilles quis’engagent dans l’espace vide qu’elles laissent entreelles, et qui sont munies de clefs, afin que le moutonne vacille pas. Le mouton est soulevé au moyen d’unecorde qui s’enroule sur une poulie placée au sommet dela machine. L’extrémité de cette corde se ramifie enun nombre de cordes plus petites, égal à celui des ou-vriers : on appelle volée une série de 20 à 2o coups demouton frappés de suite.
Sonnettes à déclic. Dans les sonnettes h déclic, lemouton, au lieu d'être en bois, est en fonte. Quandil arrive au sommet de sa course, au lieu de retomberavec sa corde, le crochet qui le tenait attaché se décro-che au moyen d’un déclic ou d’un levier, et le moutontombe tout seul. Il faut alors redescendre la corde pourle raccrocher et le soulever de nouveau (fig. 2442)-Le moutou, dans ces sonnettes, est plus pesant que dansles sonnettes à tiraudes ; il est élevé à une plus grandehauteur. Dans ces derniers temps, on a appliqué lesmarteaux à vapeur, et mieux le marteau-pilon, au bat-tage des pilots ; tout l’appareil était supporté par lepieu à enfoncer; on a pu donner 70 à 80 coups demouton par minute, tandis qu’avec la sonnette à tiraudeordinaire on ne peut en donner que 20 à 25. Pourenfoncer un pilot de 9 à 12 mètres, il ne fallait quedeux ou trois minutes. Cette machine a réalisé une
grande économie ; elle est susceptible d’heureuses appli-cations dans les grands travaux hydrauliques.
La première chose à faire, quand on a à établir unpont sur pilotis, c’est de calculer le nombre de pieuxqui seront nécessaires à chaque pile ou à chaque culéepour supporter le poids du pont ;on y arrive facilement sachant,d’après les expériences dé Per-ronnet, qu’un pieu de 0“,20 à0“,24 de diamètre peut supportersans s’altérer une chargede 24.000kilogrammes et 25.000 au plus.L’opération du battage, toute sim-ple qu’elle soit, présente quelque-fois des difficultés. En effet, il estindispensable que les pieux attei-gnent un sol résistant, sans quoiils seraient déchaussés par lesaffouillements. Or, très souventil arrive que, même dans le sable,ils ne s’enfoncent que de 2 à 3 mè-tres, et refusent d’aller plus avant.Pour remédier à ces inconvénients, on peut draguer le sable àune profondeur telle que le sol résis-tant soit atteint par les pieux. Si, malgré cela, les ter-rains solides ne pouvaient être pénétrés, on serait obligé' d’entourer le pilotage de forts enrochements ou d’avoirrecours à une fondation par encaissement que nous exposerons ultérieurement. Dans ces sortes d’enroche-ments, il convient d’éviter l’emploi du bétou qui adhèreaux pieux, et permet a Peau de venir entraîner le sable• placé immédiatement au-dessous ; on se sert, autant quepossible, de pierres plates.
Recépage. Les pieux ainsi enfoncés sont loin d’avoirla même hauteur au-dessus du fond du cours d’eau ; lesuns ont pris une fiche considérable, les autres n’en ontpris qu’une faible; on doit alors les égaliser. Cetteopération se fait au moyen des scies à recéper. Parmiles scies qui sont en usage, la scie Decessart est cellequi travaille avec le plus de précision ; mais elle al’inconvénient d’être coûteuse et d’opposer une assezgrande résistance à l’eau ; celle qui est préférée est unescie circulaire qui a fonctionné pour la première foisau pont de Bordeaux : on la manœuyre avec plus defacilité. On se sert aussi quelquefois d’une scie oscil-lante, quand on n’a pas besoin d’une grande précisiondans la coupe des bois. Quoi qu’il en soit, il est trèsimportant que le plaucher sur lequel on établit la sciosoit parfaitement horizontal, puisque c’est de cela seulque dépend le bon résultat du travail. Le recépage alieu à environ 0“*,60 ou 0",70 au-dessous des plusbasses eaux. Quand il est achevé, on relie les files depilots par des chapeaux- ou longuerines de fort équar-rissage, que l’on fixe au moyen de boulons en ferdans la tête de9 pieux. Pour que cette opération réus-sisse, on prend la précaution de relever exactementleur position, et de percer au droit de leur tête un troupour le passage du boulon ; on dirige ce dernier dans letrou préparé à l’avance au moyen d’un tuyau ; et quandil y est entré, on achève son enfoncement à coups demasse. Lorsque les chapeaux sont en plaèe, on fixedans le sens transversal, à l’aide de broches, les piècesqui doivent former le plancher sur lequel on fonde lapremière assise ; la distance entre le plancher et l’étiageu’fest pins alors que d’environ 0",40 à 0“,-45.
Fondation sur caisson. Jusqu'ici nous avons supposéque la rivière n’étaitpas très profonde et que l’on n’étaitpas gêné par les crues; mais si on se trouve dans de pa-reilles circonstances, il est nécessaire de modifier un peules procédés que nous venons d’indiquer ; en effet, il se -rait très difficile de trouver des pieux assez longs pourqu’ils pussent prendre une fiche convenable dans le sol