PONTS.
PONTS;
résistant, et, quand bien même on y arriverait, ils nesupporteraient pas d’une manière convenable la pousséedes eaux, en raison de leur grande hauteur au-dessusdu fond de la rivière, ils s’inclineraient certainement etproduiraient peut-être la ruine du pont. On pare à cesaccidents en recépant les pieux à peu de distance au-dessus du lit et en faisant usage d’un caisson (fig. 2113 et2114). Le caisson se compose d’un cadre en fortes piècesqui a la forme de la pile, de racinaux ou traversines dans lesens perpendiculaire au cadre, et enfiu d’un vannage que
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l’on peut enlever apres l’échouage du caisson et qui apour effet de mettre à l’abri des crues. Les racinaux quiforment le plancher sur lequel on construit s’assem-blent dans les cadres au moyen de tenons et sont reliés,de distance en distance, par des boulons ; on leur donneune épaisseur uniforme, ou bien on donne à ceux quireposent sur les pieux une épaisseur plus considérable,et on comble la différence de niveau par des madrierstransversaux. Les vannages sont formés de compar-timente de 3 à 4 mètres ; ils s’assemblent au moyende rainures ménagées dans les cadres et dans des po-teaux verticaux. Afin de les assujettir solidement, onplace transversalement au caisson des madriers quidépassent les bords de Q*,50 à 0“,60;.ils sont reliésavec le cadre au moyen d’un tirant en fer muni d'unoeil et d’un boulon. On place l’oeil dans un crochetplacé à cet effet dans le cadre et on boulonne sur lesmadriers. Tous les joints sont calfatés, afin de lesrendre parfaitement étanches. La caisson se construitsur une berge de la rivière près de l'emplacement dupont ; quand il est achevé, on le met à flot en le faisantglisser sur un plan incliné, et l’on commence la ma-çonnerie des piles dans son intérieur ; lorsque l’on aélevé deux ou trois assises de manière à lui donner dupoids, on l’amène sur l’emplacement de la pile et on
l’échoue sur les pieux préparés à cet effet. Cet échouament se fait en laissant entrer l’eau dans certains com-partimente, taudis que dans certains autres on continuela maçonnerie. Si le caisson est assez lourd pour ne pasêtre soulevé par la rivière, on épuise l’eau introduite eton continue la maçonnerie jusqu’à ce qu’elle s’élèveau-dessus de l’étiage et qu’on n’ait plus à craindre lescrues ; on enlève les vannages et on les fait servir à laconstruction d’autres piles.
Fondation par encaissement. Les systèmes de fonda-tions sur pilotis, que nous venons dedécrire avec plate-furmes on caissons,offrent certainement toutes les ga-ranties de solidité suffisantes, maisils sont coûteux en raison de la grandequantité de bois qn’on y emploie etdes travaux accessoires dans lesquelsils entraînent. Aussi a-t-on cherché,dans ces derniers temps où l’établis-sement des chemins de fer a nécessitéun grand nombre de ponts, une. mé-thode plus économique. On y estparvenu au moyen des encaisse-ments. Pour fonder par encaisse-ment, on bat une série de pieux qu’onrelie pardes longuerincs boulonnées,entre lesquelles on enfonce des pal-planches, on drague le fond comprisdans l’enceinte que ^’on a formé, etl’on y coule du béton comme à l’ordi-naire; mais les pieux et les palplan-ches n’étant pas suffisants pour sepréserver des affouillements, on faittout autour de l’encaissement de forteenrochements en pierre qui viennentremplacer le sable à mesure qu’il estentraîné et protègent le sol contrel’action du fleuve. Cette méthode, àlaquelle nous n’hésitons pas à donnerla préférence, a été employée avecsuccès dans les ponte d’Oissel, sur laligue de Paris à Rouen . Le fond secomposait de gravier, on avait donnéà l’encaissement la forme représentée(fig. 2115). Le chapeau seboulounaitavec les pieux, et dans quelques piles,pour donner une plus grande solidité,on avait placé deux chapeaux, l’unau-dessus de l’étiage, l’autre à deux mètres au-dessus dufond de la rivière; pour placer celui-ci, on l’assemblaitavec quatre pieux extrêmes, au moyen de boulons, à la
distancemême où il devait se trouver, puis on battait suc-cessivement les quatre pieux et l’on enfilait ensuite lesautres dons les vides ménagés dans ce chapeau inférieur