Band 
G-Z.
JPEG-Download
 

PONTS .

PONTS .

On agissait delà même manière avec les pal planches;celles-ci, aussi bien que les pieux, affectaient une incli-naison ou fruic .Uns le sens de la pile pour donner plusd’empâtement aux fondations en béton. Quand tous lespieux étaient battus, on assemblait le chapeausupérieur et on le fixait avec les boulons au-des-sous de l’étiage, puis on draguait le fond. On s’estservi pour ce travail de cuillers ordinaires de dra-guage en feremmanchées d’un long bras de levieret terminées, à leur extrémité, par nne chaînes’enroulant sur un treuil ; le levier servait à pres-ser dans le sol et le treuil servait à retirer lacuiller après son action sur le fond. Pour mainte-nir l'inclinaison des pieux, on se contentait de lestirer avec une corde dans le sens du surplomb,c’est-à-dire intérieurement pendant que le mouton tom-bait verticalement. Nous donnons (fig. 2116 et 2107) lacoupe longitudinale et la coupe horizontale de ce sys-tème dont l’expérienco a sanctionné l’efficacité.

Dans quelques circonstances, au lieu d’employer cespilotis ou les encaissements, on s’est contenté d’établir

2116.

la partie du cours d’eau que devra occuper le pont ;c’est dessus qu’on établit les piles et culées (fig. 2118).On commence donc à battre les palplanches trans-versalement à la rivière ; généralement on en bat trois

de forts enrochements àl’aide de pierres jetées dans le litde la rivière à l’emplacement même de la pile, c’est ceque l’on appelle enrochements à pierres perdues. Cettesorte de fondation, qui est celle du pont Saint-Esprit sur le Rhône, résiste assez bien au courant, mais elle ale grave inconvénient de rétrécir beaucoup le débouchéde la rivière, à cause de l’empâtement que l’on estobligé de lui donner, d’augmenter beaucoup la vitessede l’eau entre les piles et de rendre la navigation diffi-cile. Des exemples récents démontrent d’ailleurs que cesystème ne réussit pas toujours, et qu’il peut arriverque ces enrochemaots glissent ou s’enfoncent dans lesol et que la pile suive ce mouvement et s’affaisse.

Fondation sur un terrain vaseux et tourbeux.—Radiersgeneraux. Lorsque l’on a à exécuter des travaux defondation sur un sol tourbeux ou vaseux, les précau-tions à prendre pour prévenir les tassements et lesaffouillements doivent être encore plus minutieuses.Deux genres de travaux sont alors en usage, ce sontles radiers généraux et les grillages. Dans la construc-tion des radiers généraux, on remplace le sol naturelpar nn sol factice en maçonnerie qui s’étend dans toute

1

2118.

rangs parallèles en amont et deux rangs en aval dapont ; les trois rangs d'amont sont nécessaires, parceque c'est en cet endroit que les affouillements sont leplus à craindre. Lorsque la profondeur de la rivièren’est pas trop considérable, on peut faire des épuise*ments ; on construit alors des batardeaux dont les pal-planches sont assemblées à grain d’orge, afind’empêcher, autant que'possible, la pénétrationdes eaux. Quand on a endigué ainsi une portiondu sol, on le drague et on le remplace par unemaçonnerie de béton et de libages ; il est indis-pensable de faire ce travail par portions, afinde ne pas arrêter l’écoulement des eaux et d’a-voir une masse d'eau moins grande à enlever àla fois, car c'est là la grande difficulté de cettesorte de fondation ; souvent, malgré toutes lesprécautions, l’ean s'infiltre par-dessous les pal-planches, et alors on est obligé, comme au pontde Moulins, d’établir sur le fond de la fouille unplancher calfaté avec de la glaise. Au pont duGuetin, qui a été fondé à peu près dans le mêmesystème, au fieu de donner une épaisseur uni-forme au radier, on l’a augmentée en amont eten aval, ce qui est une précaution utile, puisquec'est surtout en ces endroits que les ponts setrouvent minés par les courants d’eau.

Quelquefois, à la place de la maçorfnerie, onemploie avec succès des fascinages que l’on étenddans toute la longueur du pont et que l’oncharge avec du gravier et des enrochements. Cesystème est beaucoup plus économique, mais ilne peut servir que dans certains cas ; il est d’ail-leurs moins bon que celui qui a été mis en usageaux ponts de Bordeaux et de Rouen , et que nousallons décrire.

Fondation sur grillages , On commence parenfoncer des pieux tout autour de l'emplacement de lapile, puis quelques-uns dans l’intérieur. Leureffetest deguider un treillage en charpente préparé hors de l’eauet que Von immerge ensuite (fig. 2449, 2120 et 2121).Ce treillage a lui-même pour but de reporter les pres-sions sur une plus grande surface et de maintenir lespilots, que l’on bat ensuite dans chaque carré jusqu’àce qu’il y ait refus. Quand le bqttage est terminé, onrecèpe et on place le caisson comme à l’ordinaire. Onpeut aussi, comme au pont de Rouen , battre deuxrangs de pieux jointifs, les entourer d’un cadre, et for-mer une sorte de pilotage jusqu’à ce que le terrain soitdevenu suffisamment solide par la compression.

Construction hors de Veau des piles et culées. Tout ceque nous avons dit sur les fondations se rapporte àl’établissement des piles. Quant aux culées, les tra-vaux sont à peu près les mêmes ; seulement nous fe-rons remarquer qu’à cause du peu de profondeur del’eau, on peut presque toujours employer les batar-deaux et les épuisements qui permettent de construireà sec, et par conséquent avec plus de facilité.

Les piles sont terminées en amont par des avant*