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PONTS .

PONTS .

becs et en aval par des arrière-becs. Ce sont des ou*vrages destinés à leur donner plus de solidité, maissurtout, à les protéger contre l’effort des eaux et lechoc des corps flottants. La forme des avant-becs n’estpas indifférente. D’après les expériences de Gauthey,celle qui produirait le moins de perturbation dans lecours de l'eau, seraitcomposée de deux arcsde cercle qui se coupent, mais l’angle aiguserait promptementdétérioré par les gla-ces; aussi a-t-on adoptéla forme demi-circu-laire. Celle qui con-viendrait le mieuxaprès celle-ci seraitelliptique, mais elleest difficile à construi-re. Enfin la moinsavantageuse est la for-me angulaire, tant àcause du remous quiest plus considérablequ’à raison du dangerqu’elle présente à lanavigation. C’est pources motifs qu’elle n’estusitée que dans les an-ciens ponts. En mêmetemps que l’on règlela forme des piles, onflxe aussi leur épais-seur.Autrefois les pilesavaient de fortes di- 2121.

mensions, on les cal-culait, comme les culées, de manière à résister à l’effortde tonte la voûte ; il en résultait que la navigation étaitgênée anssi bien que la circulation, parce que l’onétait obligé d'adopter de petites arches fort élevées.Aujourd’hui que l’on construit des ponts en arc decercle, la circulation est beaucoup plus facile; maisaussi la poussée est plus considérable, et on ne peutplus calculer les piles de manière à leur donner desdimensions suffisantes pour en faire des culées. Le seulinconvénient de ce système, c’est que si, par un casfortuit, l’uue des arches est détruite, la pile ou lespiles qui la soutenaient ne sont plus suffisantes, et ladestruction du pont s’ensuit immédiatement. Il n’enest pas de même des culées ; on n’a plus ici, commepour les piles, deux poussées qui se détruisent, cha-que culée supporte la poussée d’une demi-arche et doity résister. Pour déterminer ses dimensions, on cher-che le moment de stabilité du pied-droit et de la voûte,en supposant déjà connue l’épaisseur de ce pied-droit.Cette valeur devra au moins être égale au moment dela poussée horizontale ; l’équation posée, on verra facilement si cette épaisseur qui a servi de point dedépart est admissible.

La construction hors de l’eau des piles et culéesn’offre aucune difficulté. Les matériaux pour les pilessont apportés dans des bateaux et enlevés par desgrues jusque sur les piles. Ces matériaux peuvent êtrede la pierre de taille, du moellon ou de la meulière.Si c’est la pierre de taille que l’on emploie, les pierresapparentes seules sont taillées; le reste se fait avecdes libages ou du moellon. Si c’est du moellon ou dela meulière, les avant-becs et arrière-becs n’en sontpas moins faits en pierre de taille ; il n’y a que les pa-rements latéraux qui sont construits en petits maté-riaux, encore les relie-t-on avec des chaînes en pierrede gros échantillon. Dans le cas où l’on a un terraincompressible, on évidc les piles par des voûtes, afin de

leur donner moins de poids ; mais il est évident que cesystème n’est applicable qu’à des ponts légers, tels queles ponts suspendus. Les piles, ainsi que les culées,sont couronnées par des bandeaux ; elles sont égalementmunies d’anneaux appelés organeaux.

Les opérations que nous avons décrites jusqu’ici s’exé-cutent ordinairement dans l'espace d’une campagne. Onlaisse les tassements se faire pendant l’hiver, et au prin-temps suivant on commence les travaux accessoiresnécessaires à la constniction des arches. Ces travauxconsistent en cintres et en ponts de service.

Cintres fixes. Les cintres sont des charpentes desti-nées à soutenir les voussoirs qui doivent former lesarches pendant le cours de leur construction Ils sontfixes ou mobiles. Les cintres fixes sont formés de pou-tres qui prennent des points d’appui dans la rivière, • tsoutiennent un système de charpente qui a gén râle-ment la forme de fermes bu. de triangles invariables.Ces poutres, comme au pont de Tours , peuvent s’ap-puyer sur une fausse pile en maçonnerie que l’on dé-truit quand le décintrement est fait; d’autres fois, ellessont supportées par un système de pilotis qui dispa-raît également lors de l’achèvement du pont. Dans lescirconstances ordinaires où l’on construit sur une ri-vière navigable, on est obligé de réserver une archemarinière, c’est-à-dire capable de laisser passer les ba-teaux. Les cintres sont composés de plusieurs fermes,suivant le poids des ouvrages à supporter ; on les relieentre elles par des moïses horizontales boulonnées. Surles arbalétriers, on place les couchis qui supportentles voussoirs au moyen de cales. Quand on veut décin-trer, on peut, comme au pont d’Iéna (fig. 2122), rui-ner petit à petit les poutres qui servent de support à

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tout le système, et qui s’assemblent à tenon et mor-taise avec les pièces Axées au fond de la rivière; decette façon les tassements se font doucement sans com-promettre la solidité de l’ouvrage.

Cintres retroussés . Les cintres qui ne prennent pointd’appui dans le fond de la rivière sont dits retroussés ;ils sont formés d’une série de poutres butant le» unescontre les autres, reliées entre elles par des tirants etmoïses pendantes; mais, par cela même qu’ils n’ontpas d’appui intermédiaire, ils éprouvent un tassementconsidérable et sont moins bons que les autres. On lescompose de plusieurs fermes reliées entre elles commedans les cintres ordinaires.

Cintres moinles. Les cintres mobiles sont ceux quipeuvent se transporter d’une arche à une autre pourservir à la pose des voussoirs. Ils sont divisés en deuxparties, l’une qui est attenante à chaque pile, l’autrequi est mobile et retroussée. On fixe la partie mobileau moyen de coins maintenus par des taquets pourqu’ils ne glissent pas. Lors du décintrement, on fait

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