d’épaisseur ; sur ce lit on élève les pieds-droits dont lesparements vus sont en moellons piqués, tandis que leteste sc fait en maçonnerie de remplissage. Il en est demême de la voûte qu’on recouvre avec soin par unechappe en ciment ou eu bitume; le parement des têtesse fait toujours en pierre de taille. Quand les ponceauxn'ont pas de radier général, c'est-à-dire dans le cas oùles crues ne sont pas abondantes et où l’on n’a pas acraindre l’entrainement des terres, on les termine pardes murs en retour d’équerre, faits en moellons piqués,et l’on donne aux talus de la route une forme circuit ire.Quand, au contraire, on a établi un radier général, etqu’on a prévu que l’eau prendrait une très grande vi-tesse entre les piles, on les termine par des murs enaile, en pierre de taille, afin de protéger les berges contrela force du courant. Dans tous les cas ils sont couronnéspar un bandeau et munis d’uu garde-corps en pierre.
Ponts à grande portée. Les ponts à grande portéepeuvent se diviser en trois classes : suivant les maté-riaux qui entrent dans leur construction, ce sont les pontsen pierre, les ponts en bois, et les ponts en métaux ; cha-cune de ces catégories se distingue par des disposi-tions particulières, mais celles-ci ne portent guère quesur les arches, les procédés d’établissement pour les pileset culées restant toujours les mêmes, en ne s’écartantpas des règles que nous avons tracées précédemment.
Ponts en pierre. Les arches des ponts en pierre peu-vent avoir toutes les formes que nous avons décrites,la plus usitée est l’arc de cercle qui permet d’avoir desquais peu élevés, et n’ofTre pas l’inconvénient de cesfortes pentes que l’on rencontre dans presque tous lesanciens ponts. Cependant, si cette courbe présente desavantages, sous le rapport de la circulation, elle a aussides inconvénients i la poussée étant très considérableaux naissances on ne peut donner aux pieds-droits uneépaisseur suffisante pour y résister, et on est obligé decompter sur la neutralisation de ces poussées pour con-struire les piles ; mais alors qu’une arche vienne à serompre et la solidité du pont tout entier est compromise.Dans les voûtes en plein cintre cet inconvénient n’existeplus, toute la poussée se reporte sur les pieds-droits ; ;aussi, chaque fois qu’on le pourra cette forme d’archedevra-t-elle être préférée.
Quoi qu’il en soit une voûte quelconque se composetoujours d’un nombre impair de voussoirs dirigés nor-malement à la courbe d’intrados et séparés par des plansde joints. Ces voussoirs out une épaisseur de U“,46 à0*,50, et 4 ",50 à 4",80 au plus de queue. Leur appareil-lage, dans les têtes, exige le plus grand soin, car c’estdans leur arrangement et dans leur raccordement avecles assises des tympans que consiste tout l’ornement dupont. Quand la flèche de l’arc varie de 4 fl à 4 /8, ceraccordement se fait facilement, attendu que tousles plans de joints font à peu près le même angle avecla verticale; c’est ce qui a lieu au pont d’Iéna : aussi cepont, toutes choses égales d’ailleurs, est-il un des plusélégants qui aient été construits ; nous en avons donnéprécédemment le dessin (fig. 2l22j en parlant des cin-tres. Mais lorsque la courbe est une anse de panier iln’en est plus de même, l’intersection des plans de jointsavec les assises horizontales est irrégulière ; on a unesorte d’escalier dont les marches augmentent continuel-lement en largeur ; pour parer à ce défaut on allonge laqueue des voussoirs à mesure qu’on s’élève, comme ila été fait au pont de Tours . Au pont de Neuilly on n’apas eu cet inconvénient, l’arche est surhaussée dans lesplans de tête et la surface de raccordement est une sur-face gauche (fig. 24 28) ; on a appareillé alors commeun arc de cercle.
Quand malgré toutes les précautions on ne peut éviterquelques défauts d’appareil, on les dissimule en extrados-sant au moyen d’un arc de cercle dont le centre est unpeu plus élevé que lé centre réel; et en dessinant les
voussoirs, au moyen de bossages, comme au pont deSèvres, ou bien en extradossant parallèlement commeau pont de Rouen .
Pose des voussoirs. Jusqu’ici nous nous sommes occupésde l'arrangement des voussoirs ; il faut parler aussi de leurpose, quialieude lamanière suivante : on mesure sur l’é-pure l’abscisse et l’ordonnée de chaque plan de joint ; aumoyen des repères placés sur les piles et culées, onvérifie si chaque voussoir de tête est à sa place ; pour re-connaître s’il a aussi l’inclinaison voulue, on se sertd’un quart de cercle muni d’un fil à plomb, et on voitsi l’angle formé est le même que celui de l’épure.Cette précaution n’est pas la seule qui soit nécessairepour la pose convenable des voussoirs, il faut encorecharger les cintres afin de leur faire éprouver tout leurtassement ; en outre, à mesure que l'on approche de laclef, il convient de vérifier l’espace qui reste à remplirpar les voussoirs, car il pourrait arriver, comme danscertains ponts, qu’il n’y eût plus assez de place pour lesplacer tous, ce qui forcerait à les diminuer d’épaisseur.
Décintrement. Lorsque la voûte est fermée et que lesmortiers sont convenablement durs, on décintre lavoûte, non seulement avec tout le soin dont nousavons parlé, à propos des cintres, mais encore en prenant la précaution de dégarnir le3 joints vers l’intradosafin de prévenir les épauffrures ; on enlève aussi les con-clus méthodiquement, de telle sorte que la poussée nese produise pas instantanément. Lorsqu’une arche estdécintrée elle éprouve toujours un tassement ; ainsi, aupont de Neuilly, il fut de 0",66, au pontd’Iénade 0“,42.Il est donc très important, dans le tracé de l’épure, desurhausser le cintre afin que la voûte, dans l’état réel,se trouve à peu près à sa véritable position au-dessusdes naissances.
Maçonnerie des tympans , voûtes en décharge , chappeAussitôt que les arches ont pris leur tassement définitif, on commence la maçonnerie des tympans et destêtes. Afin que cette maçonnerie ne charge pas inutile-ment le pont on ne remplit pas ordinairement les rrins,on se contente de construire des voûtes en décharge quiviennent reporter leur pression sur les joints de rupture,ces voûtes sont ensuite cachées par la maçonnerie destêtes ; leur extrados doit être tangent à celui de lavoûte principale : lorsque cet ouvrage est terminé ainsique les parements-vus, on s'occupe de la pose de lachappe ; elle se fait ordinairement en chaux hydrau-lique et on lui donne une épaisseur de 0“,4 0 ; on peutaussi avec avantage se servir de bitume, que l’on étend endeux couches différentes en ayant soin que les joints secroisent. Ces deux couches ensemble ont 0“,22 à 0“,24Après l’achèvement de ce travail il ne reste plus qu’àposer les bandeaux ou coruiches, les garde-corps, et àexécuter la chaussée pavée ; travaux qui ne présententaucune difficulté. Si le pont a une longueur considerable on ménafe des orifices pour faire écouler les
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