chapeau en bois a, fixé avec des clous à tête perdues,ou mieux avec des étriers en fer, noyés dans l’épaisseurdu bois, et fortement boulonnés avec les moises et letreillage, comme l’indiquent les fig. 2149 et 2150, qui
représentent a une grande échelle cet ajustement, desorte que le chapeau concourt pour sa part à augmen-ter la force du système des moises.
Les ponts de service établis parallèlement à la têted'un pont de pierre en construction, ne doivent pasavoir de garde-corps du côté où l’on décharge les maté-riaux. A cet effet, on donne à la ferme placée de cecôté une hauteur moins considérable que celle placée del’autre côté, de sorte que les poutrelles transversaless’appuient sur les moises supérieures de l’une des fer-rures et sur les moises intermédiaires de l’autre.
L’emploi d’un cours de moises intermédiaires est as-sez coûteux et n’ajoute presque rien à la résistance dela ferme, puisqu'il est ordinairement très rapprochéde la fibre neutre. On pourrait facilement le supprimeret faire porter les poutrelles transversales sur les croi-sillons eux-mêmes, au moyen d’un petit coussinet trian-gulaire en fonte.
Dans les ponts d’une certaine importance, les pou-trelles transversales sont reliées entre elles par des croixde Saint-André placées sous le plancher, et destinées àaugmenter la résistance de la charpente dans le seustransversal.
Il importe quelquefois beaucoup de réduire autant quepossible la distance entre le dessous d’un pont et le des-sus du tablier. Dans ce cas, on ne pose pas les poutrelles*ur le cours de moises inférieures, mais on les suspendau-dessous au moyen d’étriers, en fer, et on diminued’ailleurs, si cela est nécessaire, par les artifices ordi-naires, l'épaisseur totale du tablier.
Les tabliers des ponts de bois ou de métal présententsouvent, en Angleterre, une disposition que l’on com-mence à employer en France , et que nous croyons utilede faire connaître. Au lieu de faire rouler les voituressur le bois du platelage, on recouvre celui-ci d’une
couche de goudron, de bitume ou d’asphalte, et on éta-blit ensuite dessus une chaussée en pierres cassées. Lesbois se trouvent ainsi préservés de l’humidité et dufrottement qui les use si rapidement.
Contreventement. Les fermes en charpente dont nonsvenons d’indiquer la construction ont une résistanceénorme dans le sens vertical ; mais on doit assurer quene présentant presque pas de rigidité dans le sens horizontal, leur tendance à se déverser est très forte, et queleur contreventement exige, par conséquent, un sointout particulier.
Quand le tablier est supporté par le cours ae moisesinférieures et que les fermes sont peu larges, on peutse contenter de contre-buter ( fig. 2142 et 2143 ) lecours de moises supérieures par des contre-fiches incli-nées à 45°, et assemblées avec quelques-unes des piè-ces de pont convenablement prolongées.
La méthode précédente serait insuffisante pour lesponts à tablier inférieur et,à fermes d’une certainehauteur. On établit alors sur tout l’ouvrage une toiturequi conserve les bois en les préservant des intempéries,et qui établit en même temps une solidarité suffisanteentre les deux grandes fermes.
Le contreventement des ponts dans lesquels le ta-blier est établi, an-dessus des fermes, ou à la hauteurd’un cours de moises intermédiaires, est à lu fois plusfacile et plus complet que celui des ponts à tablier infé-rieur, parce que n'étant plus obligé de laisser libre l'in-tervalle des fermes, ou peut y disposer à son gré diffé-rentes pièces de charpente. On établit alors sur le coursde moises inférieures une série de poutrelles bu demoises transversales, reliées aux pièces de ponts, pla-cées au-dessus, par des croix de Saint-André verticales,comme le représentent les coupes en travers des fi-gures 2143, 2147 et 2148. Enfin, pour augmenter en-core la résistance dans le sens horizontal, on établitencore entre les poutrelles inférieures une 6érie decroix de Saint-André. De sorte que le pont, formé endernière analyse de quatre systèmes d’assemblages douéschacun d’une grande rigidité dans le sens de sa dimen-sion transversale, oppose ù toutes les forces qui peu-vent le solliciter une résistance suffisante.
Les ponts en charpente construits sur les chemins dehalage présentent presque tous, comme on sait, aprèsun temps plus ou moins long de service, une forte con-vexité du côté de la rive principale. Cette flexion estproduite par l'action continue des cordes au moyen des-quelles les chevaux tirent les bateaux. Nous avonsadopté, pour nous opposer à cette action, sur des pontsà treillage de 20 mètres d’ouverture, projetés pour unservice de navigation, un système de contreventementun peu différent de ceux que nous venons de décrire.Le tablier de nos ponts est établi à peu près aux deux,tiers de la hauteur des treillis, et nous plaçons au-dessous de ce tablier, et dans un plan horizontal, unevéritable ferme de toiture dont les arbalétriers sontfortement contre-butés aux extrémités de notre pont,de sorte que toute la force des assemblages s'oppose à lacourbure que la traction des bateaux tendrait a donnerau pont.
Levage . Les bois des croisillons sont assemblés à platsur les chantiers, ainsi que les différentes parties desfermes. On démonte la charpente en laissant le treil-lage assemblé par panneaux de quelques mètres de lon-gueur, puis on remonte les fermes sur place au moyeDde quelques points d’appui, pris soit sur des bateauxamenés contre les piles, soit sur de légers échafaudages.Les fermes mises en place, le montage du pont neprésente plus de difficultés ; on place les pièces de pont,le plancher et le système de contreventage.
La simplicité de la construction des ponts à treillagepermet de les exécuter très vite. Pourvu que l’on aitassez de scieurs de long, et quelques charpentiers qui