POTASSK.
POTASSE.
établir, de sorte qu’il n'y a pas Beu de chercher à déter-miner à priori par le .calcul les dimensions des diffé-rentes pièces d’une ferme. Mais il serait, je crois,assez facile d'obtenir, comme je vais l’expliquer, desformules empiriques très précieuses dans la pratique.
Le treillage présente par lui-même une certaine ré-sistance, que l’on peut évidemment assimiler à celled’une planche, sans solution de continuité et des mêmesdimensions que lui-même, mais pour laquelle le coeffi- jcient de résistance K aurait une certaine valeur dépen- jdant de la nature des ajustages, etc. Cette valeur unefois déterminée pour chaque espèce de treillis, on con- !çoit qu’il serait facile d’avoir la formule qui donnerait jla véritable résistance de la ferme. Déjà nous avons !obtenu sur ce sujet des résultats intéressants que nous jpublierons aussitôt qu’un nombre suffisant d’expé-riences seront venues confirmer nos calculs et vérifiernos premiers essais.
Signalons enfin une conséquence assez importantedéduite des observations précédentes. Si, en effet, letreillis a par lui-même une résistance propre qui per-mette d’assimiler les fermes des ponts américains à ;une pièce dont la section aurait la forme d’un double T, >on peut économiser les matériaux sans perdre de force,en écartant de plus en plus les croisillons, à partir dumilieu de la travée, de manière à donner aux différentspoints de la ferme une résistance variable analogueà celle des solides d’égale résistance.
HERVÉ MANGON.
PORCELAINE. Voyez poterie.
PORPHYRE. Les porphyres sont des roches compo-sées d’une pâte feldspatbique avec cristaux de feldspath ;il s’y trouve assez fréquemment du quarz, de l’amphi-bole ou du mica. Ces roches, qui sont très variées d’a-grégation et de couleur, sont généralement très dures.Certaines variétés sont employées dans l’architecturemonumentale.
On trouve, chez les pharmaciens et chez les mar-chands de couleurs, des plaques de porphyres, qui ser-vent, à l’aide d’une molttte également en porphyre, àréduire à une ténuité extrême, ou, comme on le dit,à porphyriser, les corps durs préalablement pulvérisésdans un mortier. Le plus ordinairement cette porphyri-sation se fait à l’eau, ce qui est possible toutes les foisque l’eau n’altère pas les corps qu'il s’agit de broyer.
PORTE-VOIX. Le ^orte-voix est un instrument encuivre laminé ou en tôle de fer très mince, qui a la forme,d’une trompette, et dont on se sert pour se faire en- \tendre de loin ; non seulement il dirige le son, mais en-core il l’amplifie.
PORTER. Voyez bière.
POTASSE ( angl. pottash, ail. kali, pottasche). Ondésigne sous le nom générique de potasse, dans lecommerce, le carbonate neutre de potasse; et on donnele nom de potasse caustique à l’hydrate de potasse.
Les principaux centres de production de la potassesont l’Amérique du nord, la Russie, la Suède , etc. Oul’y obtient partout en incinérant des végétaux terres-tres, lessivant les cendres produites, évaporant à siccitéles lessives et calcinant le résidu. Les diverses partiesd’uu même végétal sont loin de fournir la même propor-tion de cendres ; l’écorce et les feuilles eu donnent tou-jours beaucoup plus que les branches, les branches plusque le tronc, l’aubier moins que le bois; en générai,les plantes ligneuses en donnent moins que les plantesherbacées ; néanmoins, les premières sont exclusivementemployées en grand pour la fabrication de la potasse.Cette fabrication, du reste, n’a et ne peut avoir lieu quelà où il serait impossible de tirer un autre parti du-bois, comme on peut aisément s’en convaincre d'aprèsle tableau suivant, qui indique combien est faible laproportion de potasse que l'on retire moyennement desprincipaux végétaux :
Nom des végétaux.Aune.
Chêne (bois).
Chêne (écorce). .Hêtre. . ^
Charme. .
Peuplier. .
Tilleul. . . .
Pin.
Bouleau.
Sarments de vigne.
Chardon.
Tiges de mais. . .
Ortie.
Pomme de terre.
Pavot.
Angélique. . . .
Paille de froment. .Trèfle.
Proportion de potasse.
0,0039
0,0015
0,0150
0,0012 à 0,00150,00130,00070,00500,00300,00050,00160.00550,00600,00500,01800,02500,02440,03600,00600,00830,0008
L’incinération du bois se fait ordinairement à l’airlibre, sur une aire battue, aussi rapprochée que possibledu lieu d’abattage, afin d'éviter les frais de transport,et bien abritée contre les vents. Les cendres obtenues,dont le poids forme 1 à 5 p. 400 de celui du bois em-ployé, sont soumises à un lessivage méthodique par laméthode que nous avons décrite dans ce Dictionnairesous le nom de méthode par déplacement. On éva-pore ensuite à sec, dans des chaudières en fonte ou entôle, les lessives les plus concentrées, marquant aumoins 10 à 12" à l’aréomètre. Le résidu obtenu, et quiest désigné sous le nom de salin, est calciné à une cha-leur assez forte pour en chasser une grande partie del’eau qu'il renferme encore, et pour achever de détruireles matières organiques qui le colorent fortement enbrun. Cette calcination s’opère habituellement dans desfours à réverbère, dont la sole a 3 ou 4 m de long sur1'“,50 de large, et dont la voûte est très surbaissée. Onbrasse fréquemment la matière au moyen de ringards enfer et, lorsqu’elle commence à se réduire en pâte etqu’on n’y remarque plus de taches noires, on la retirepar l’une des ouvertures, et l’on enfourne une nouvellecharge par l'ouverture opposée.
Les plus belles potasses d’Amérique sont parfaitementblanches, et sont connues sous le nom de perlasse. Néan-moins elles sont encore bien inférieures à la potasseque Ton obtient par l’incinération des lies de vin, et quiest connue sous le nom de cendres gravelées.
Les potasses du commerce contiennent toujours unecertaine proportion de sulfates et de chlorures à base depotasse et de soude, et plus ou moins de substances in-solubles. On apprécie leur valeur commerciale, c’est-à-dire la proportion d’alcali qu’elles renferment à l’état decarbonate, au moyen de liqueurs titrées, et par les pro-cédés que nous avons décrits à l’article alcalimétrie.Pour les purifier, on se base sur la propriété qu’a le car-bonate dé potasse d’être plus soluble que le sulfate depotasse et le chlorure de potassium, ce qui revient àdire, en d’autres termes, que ces deux derniers sels sontinsolubles dans une dissolution saturée de carbonate depotasse ; on dissout la potasse à purifier daus son poidsd’eau, ou décante et on évapore à sec la liqueur décan-tée ; si on veut l’avoir encore plus pure, on reprend lapotasse ainsi obtenue par la moitié seulement de sonpoids d’eau. C’est de cette manière que l’on purifie, enAllemagne , la potasse qui est employée dans la fabri-cation des verres fins sans plomb et à base de potasse,dits cristaux de Bohême.
Lorsque Ton veut obtenir du carbonate de potasseparfaitement put pour les besoins des laboratoires oudes arts, on le prépare en faisant brûler dans une bassine en fonte un mélange à parties égales de crème de