POTASSE.
POTASSIMETRlE.
tartre et de nitre raffiné ; la crème de tartre ou bi-tar-trate de potasse se décompose par Paction de la chaleuren carbonate de potasse et en charbon, lequel, en réa-gissant sur le nitre, le décompose et le transforme éga-lement en carbonate de potasse.
Jusqu’ici le carbonate de potasse n’a été retiré quedes cendres des végétaux terrestres, comme on retiraitautrefois la soude de celles des végétaux marins. Il estpermis actuellement d’espérer que la belle découvertede M. Balard, dont il a été rendu compte ù l’article ma-rais salants, permettra de retirer des eaux-mèresdes marais salants, du sulfate de potasse à assez basprix pour qu’il y ait avantage à le transformer en carbo-nate, par les mêmes procédés que l’on suit depuis quel-ques années pour fabriquer la soude du commerce(voyez soude), et viendra ainsi suppléer à l’insuffisanceou à la destruction prochaine des forêts qui alimententcette fabrication.
Le carbonate de potasse a une réaction alcaline trèsforte, une saveur âcre et caustique ; il est très fusible,et devient liquide comme de l’eau au rouge ; il est trèssoluble dans l’eau et déliquescent, et insoluble dansl’alcool ; à l’état anhydre, il renferme :
. . 0,68. . 0,32
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11 est soluble dans l’acide carbonique, avec lequel il secombine et donne un bi-carbonate cristallisable, qui sedécompose lorsqu’on fait bouillir sa dissolution dansl’eau. Il est surtout employé pour la fabrication des sa-vons mous et des verres à base de potasse, ainsi quepour le blanchiment. Ces diverses industries en consom-ment des quantités considérables.
La potasse caustique se prépare en décarbonatant lecarbonate par la chaux. On prend la plus belle potassedu commerce, de la cendre gravelée, ou mieux de la po-tasse préparée comme nous l’avons dit au moyen d’unmélange de crème de tartre et de nitre, on la dissoutdans sept fois son poids d’eau, on y ajoute une demi-partie de chaux récemment éteinte, et on fait bouillir,dans une chaudière en fonte, pendant quinze à vingt mi-nutes ; on enlève le feu, on ajoute dans la chaudière unequantité d'eau égale à celle qui s’est évaporée ; on dé-laie le tout, on laisse reposer quelques instants, on tireau clair au moyeu d’un syphon, et l’on évaporé immé-diatement et rapidement la liqueur dans une autre bas-sine en fonte, ou mieux en argent. Lorsque l’évaporationtouche à sa fin, on voit la lessive se tuméfier beaucoup,en raison de sa plus grande viscosité, puis elle s'affaisse,et la potasse entre en fusion tranquille quand il-n’y aplus d’eau. Arrivé à ce point, on coule par portions lapotasse sur des plateaux de cuivre étamé ou d’argent',qu’on a eu la précaution de frotter légèrement avec unlinge huilé. Aussitôt que la potasse est prise, on la ren-verse sur une feuille de papier, on la brise en morceaux,et on la renferme immédiatement dans des bocauxpropres et secs. La potasse caustique ainsi préparée estconnue sous le nom de potasse à la chaux ou de pierre àcautère. Pour séparer les petites quantités de sulfate etde chlorure que la potasse à la chaux préparée avec lespotasses du commerce contient toujours, on la traitepar de l’alcool à 40". Lorsqu’on reconnaît, au moyen del’aréomètre, que ce dernier en est saturé, on le décantedans de grands flacons que l’on bouche, et on laisse reposer pendant deux ou trois jours; quand la liqueu.*s’est éclaircie, on la décante, i\ l’aide d’un syphon enverre préalablement rempli d’alcool, dans une bassineen argent de telle forme qu’elle constitue la panse d'unalambic ordinaire ; on chauffe alors modérément tantqu’il distille de l'alcool : on en retire ainsi les 4/5 envi-ron ; on démonte alors l’appareil, et on continue l’éva-poration dans la même bassine, sur un feu plus vif. Laliqueur entre en ébullition, et l’on voit peu à peu se
former une écume noire et visqueuse, que le bouillonrejette sur les parois de la bassine où elle s’attache. Ha-bituellement on enlève cette écume avec une cuillèred’argent, mais il est préférable, lorsqu’on le peut, denettoyer un des côtés de la bassine, et de trnnsvaser ladissolution, quand elle s’est bien épurée par l’ébullition,dans une autre bassine d’argent, où l'on en achèvel’évaporation. On la coale ensuite comme nous l’avonsdit plus haut. La potasse ainsi purifiée prend le nom depotasse à l'alcool.
La potasse caustique, préparée comme il vient d’êtredit, est solide, d’un blanc perlé, cassante, à cassureunie, faiblement translucide. Elle a une saveur exces-sivement caustique, et elle exhale une forte odeur delessive. Chauffée au rouge, elle retient encore un équi-valent ou 46 p. 400 d’eau de combinaison que l’on nepeut en chasser par une chaleur plug forte; c’est, enun mot, un hydrate de protoxyde de potassium ; en faifiant abstraction de cette eau, elle se oompose de :
Elle se fond au-dessous du rouge, et produit des va-peurs abondantes à une température plus élevée. Elleattire très rapidement l’humidité atmosphérique ettombe en déliquescence : un grand nombre de selsqu’elle forme avec les acides sont également déliques-cents ; elle se dissout dans l’eau, en développant unetrès forte chaleur. Elle est soluble dans l’alcool, maisplus à chaud qu’a froid, et la liqueur saturée à chauddépose des cristaux par le refroidissement. Les corpscombustibles, le charbon, le soufre, le phosphore, etc.,la décomposent à une température plus ou moins élevée ;il en est de même des métaux très avides d’oxygène,comme le fer, le zinc, etc. C’est une base extrêmementénergique : tous les acides, même l’acide carbonique,en chassent 1 eau à laquelle ils se substituent; il en estde même pour nombre d’oxydes, par voie sèche ; quel-ques-uns même, comme l’alumine, la glucine, l’oxydede zinc, s’y dissolvent par voie humide. Elle attaque àpeu près par voie sèche tous les minéraux et est trèsemployée à cause de cela dans les laboratoires. On s’ensert extérieurement en médecine, ou plutôt en chirurgie,comme d’un caustique très énergique. En dissolutiontrès étendue, on l’emploie dans le blanchiment sous lenom de lessive paustique.
POTASSIMETHIE. L’essai alcalimétrique des po-tasses du commerce donne, comme nous l’avons faitvoir à l’article alcalimétrie, leur teneur en carbo-nate de potasse, lorsqu’elles ne sont mélangées que dematières insolubles ou d'autres sels de potasse, mais iln’indique nullement cette teneur lorsqu’elles sont falsi-fiées avec de la soude, falsification que le bas prix dece dernier alcali a rendue très fréquente dans ces der-nières années. C’est pour découvrir cette falsificationet l’apprécier que M. O. Henry a proposé le procédéque nous allons décrire et auquel il a donné le nom depotassimétrie. Ce procédé repose sur la propriété quepossédé la pc tasse de former avec l’acide perchlo-rique un sel complètement insoluble dans l'alcool,taudis que le sel correspondant de soude y est ex-trêmement soluble, ce dernier est donc employécomme réactif pour précipiter la potasse; on tele procure ainsi qu’il suit : On chauffe avec précaution,dans un creuset de platine, du chlorate de potasse, jus-qu’à ce que le dégagement d’oxygène cesse ; on réprendla matière par vingt fois son poids d’eau bouillante, ontiltre à travers une chausse de laine, et on laisse refroi-dir en troublant la cristallisation par l'agitation. Leperchlorate de potasse se dépose en petits grains blancs,brillants, qu’on lave avec un peu d’eau froide et qu’onfait sécher à l’étuve. On le réduit ensuite en poudrefine, on le place dans une large éprouvette uu fond de