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PROJECTILES.

PROJECTILES.

Des balles cylindro-coniques, employées dans de sem-blables circonstances ont, en effet, avoir fourni detrès grandes portées dans de nouvelles carabines.

Des divers projectiles. On emploie plusieurs espèces deprojectiles, en raison du but à atteindre :

\°Les projectiles pleins, du diamètre de l’âme. Ceuxles plus fréquemment employés, et désignés sous le nomde boulets, sont en fonte de fer (fondus en coquille),sphériques, et de même diamètre que l’âme de la pièce(sauf une petite différence en moins, qu’on est obligéde tolérer à raison des imperfections de la fabrication);

2° Les projectiles creux . Ils se composent d’uneenveloppe sphérique en fonte. Le centre est rempli depoudre en quantité suffisante pour faire éclater le pro-jectile. Un oeil cylindrique sert à introduire la pou-dre et est fermé par une fusée, qui consiste en uncoin en bois chassé avec force. Le centre de cettefusée forme un tube creux qu’on remplit do pulvérin(poudre écrasée). Lorsque le projectile est chassé delàbouche à feu, les gaz incandescents mettent le feu aupulvérin, qui continue à fuser lentement pendant lacourse du projectile. La fusée étant assez longue, cen’est qu’à l’extrémité de sa course, après avoir déjàagi comme un projectile ordinaire, que celui-ci éclate eta^it une seconde fois.

Pour que les éclats produisent un effet meurtrier,il faut que les parois soient d’une épaisseur assez consi-dérable ; aussi la partie vide n’atteint jamais les 2/3 duvolume total. Les éclats sont d’autant plus nombreuxque la quantité de poudre est plus considérable : ainsidans une expérience, on a fait varier de six à vingt-quatre le nombre des éclats des obus de 24, en faisant^varier la charge de 1 once à 1 livre. Les projectilescreux sont lancés dans des pièces à chambres, c’est-à-dire que la charge, qui est toujours d’un faible poids re-lativement aû calibre, à cause du peu de masse du pro-jectile, est placée dans une cavité ouncentrique del’âme de la pièce, et d’un diamètre moindre. Les pro-jectiles creux qui se tirent dans des bouches à feu pres-que horizontales, s’appellent obus ; ceux qui se tirent60 us des angles très grands (45°), sont de gros calibreet s’appellent bombes.

3° Projectiles formés par la réunion de projectiles d’unpetit calibre. Nous ne citerons parmi ceux-ci que la boîteà balles, le seul d’un usage réel, et dont l’effet est si ter-rible, à petite portée, contre l’infanterie. Elle se composedlun cylindre en tôle du diamètre de la pièce, fermé àses extrémités par des plaques de fer, et remplie à l’in-térieur de balles en fer forgé (41 pour le calibre de 12).Lorsqu’on tire ces projectiles, le culot en fer placé prèsde la poudre, prenant une vitesse supérieure à celle duprojectile, désorganise la boîte à balles, et il se formeun cône de balles dont l’effet est très meurtrier à 300“.A de grandes distances la déviation est trop considérablepour qu’on puisse employer un semblable projectile,dont la portée est d’ailleurs de beaucoup inférieure àcelle du boulet.

Nous ne parlerons pas des boulets ramés (réunis parune barre de fer), quelquefois employés dans la guerremaritime ; nous parlerons seulement des précautions àprendre pour lancer à terre un cordage en cas de nau-frage sur les côtes. Si l’on attachait directement le cor-"dage au projectile, même en tirant à une faible charge,l’inertie du cordage le ferait rompre. On évite cet incon-vénient en attachant à ce projectile une barre de fer,puis à celle-ci une chaîne, puis le cordage. Lançant leprojectile dans une bouche à feu courte, l’inertie du cor-dage est vaincue par le mouvement dn levier de fer etcelui-ci a le temps de se déployer.

Pénétration des projectiles,

MM. Piobert et Morin ont fait, en 1834, des expé-riences extrêmement curieuses sur les effets du choc et

de la pénétration des projectiles, rencontrant des corpsde dnreté différente. Ils ont obtenu des résultats extrê-mement curieux ; nous allons en rapporter quelques-uns, en suivant le rapport fait sur ces beaux travauxpar M. Poncelet.

Pénétration dans les maçonneries , le roc, le bois, lesterres.

Dans les maçonneries comme dans le roc, les trous queforment les projectiles se trouvent généralement com-posés d’une partie tronçonique extérieure, dont la plusgrande base répond au parement, et d’une partie cylin-drique assez régulière, d’un diamètre sensiblement égalà celui du boulet, et qui se termine par un hémisphère danslequel cedernier reste ordinairement emboîté, sans éprou-ver de mouvement de recul sensible, si ce n’est pour le casdes roches calcaires. L’enfoncementest de0*,60 environpour le 24 dans de bonnes maçonneries, et de O - ,30seulement dans des masses calcaires, et dans ce cas lesboulets rebondissent souvent à 100“ en arrière. Lapartie tronçonique, fort irrégulière, paraît due à unsimple arrachement produit par la réaction élastiquedes pierres comprimées latéralement jusqu’à une cer-taine distance du parement; la partie cylindrique ethémisphérique, au contraire, paraît être le résultat d’unbroiement, d'une pulvérisation violente des parties quise sont trouvées directement sur la route du boulet, etqui, d’après les observations de MM. Piobert et Morin,sont vivement repoussées en arrière sous la forme d’unepoudre blanche, très fine, offrant tous les caractèresd’une chaux caustique; ce qu’ils attribuent à la hautetempérature développée dans l’acte de la compression.Toutefois cet effet de broiement ne s’opère pas seule-ment sur les parties immédiatement en contact avec leboulet, il s’étend encore à une petite distance au-delà,et se trouve accompagné, dans le surplus de la masse,de traces d’ébranlement et de désorganisation mécani-que très sensibles, si ce n’est vers le fond du trou où lavitesse du boulet est naturellement affaiblie.

Dans le bois de chêne, les ouvertures pratiquées parle boulet se referment presque hermétiquement, commel’ont appris déjà les anciennes expériences; mais iln’en est point ainsi pour le sapin : tandis que, dans lepremier cas, la pénétration est accompagnée de largesdéchirures et d’éclats de bois à l’entrée et à la sortie duboulet, dans le second, la désorganisation ne s’étendpoint sensiblement au-delà des parties directement at-teintes , et se réduit à la simple rupture des fibres li-gneuses.

Le sable anciennement rassis, mélangé ou non degravier et de cailloux, présente, en raison de son in-compressibilité bien reconnue, des circonstances ana-logues à celles des maçonneries : il est réduit eu poudretrès fine sur toute la route du boulet, qu’elle remplitentièrement après son passage, et cette poudre se trouvoblanchie et desséchée par suite de la haute élévation dela température.

Quant aux terres argileuses plus ou moins humideset mélangées de sable fin, elles donnent lieu à des phé-nomènes bien différents, et qui s’observent au plus hautdegré dans les argiles plastiques propres à fabriquer lesbriques et la poterie : le vide de pénétration est forméd’un long canal persistant, revêtu intérieurement d’unecroûte durcie offrant des déchirures longitudinales, etdont le contour, plutôt parabolique que conique, a salégère convexité tournée vers l’axe rectiligne de latrajectoire : sa section méridienne, près du fond, a lesdimensions du grand cercle du boulet; mais celle del’entrée offre un diamètre qui atteint souvent le qua-druple et le sextuple de celui du projectile. MM. Piobertet Morin supposent qu’ici, comme dans le cas des milieuxtrès consistants, les parties immédiatement atteintes parle boulet cheminent, de l’avant à l’arrière, par suite 4u