Band 
G-Z.
JPEG-Download
 

PROJECTILES.

PROJECTILES.

refoulement qu’elles éprouvent, et qui se transmet,de proche en proche jusqu’à l’orifice d’entrée, de ma-nière à produire et l’évasement progressif remarqué etla projection en arrière d’une partie des terres.

2 ° Déformation des projectiles , rupture et accidents quiVaccompagnent. Les boulets de divers calibres, creuxou pleins, ne paraissent pas éprouver de déformationsensible et permanente dans les milieux facilement pé-nétrables, tels que les terres de diverses naturesmême aux plus grandes vitesses de projection ; maisil en est tout autrement du cas où ils sont lancéscontre le roc, les maçonneries et le 9able pur, an-ciennement rassis, mélangé ou non de gravier : lesobus ou boulets creux s’y brisent en éclats sous les plusfaibles charges. Quant aux boulets pleins, les expérien-ces ont conduit à établir une grande distinction entreceux qui sont en fonte dure, c’est-à-dire blanche outruitée, et ceux en fonte douce et grise. A la chargeordinaire du 4/4 ou 4/3 du poids du boulet, répondantà des vitesses, au but, de 450 à 500' par seconde, plusde9 3/4 des premiers projectiles se trouvent rompusquand le tir a lieu contre les maçonneries, et cela quel-quefois pour le sable rassis mêlé de gravier : la sépara-tion se fait généralement suivant des plans méridienspassant par l’axe du vide ; mais, pour des charges plusfaibles, les boulets en fonte dure sont seulement fendil-lés suivant des directions rayonnantes ayant pour pôlele point où a commencé le choc, et s’arrêtant à une dis-tance d’environ 90° de ce pôle. Les boulets en fontegrise et douce, au contraire, ne se rompent que sousles plus fortes charges en usage dans l’artillerie, etmême alors ils ne le sont qu’en partie ; l’espèce de duc -tilité que possèdent ces boulets, a permis aux auteursd’étudier le mode de déformatiou, très remarquable,qu’ils éprouvent avant l’instant de leur rupture com-plète, laquelle présente d’ailleurs les mêmes caractèresde fendillement et de rayonnement que pour la fontedure : un relèvement exact, opéré sur un boulet de 8,en fonte douce, leur a montré qu’il s’aplatissait dansle sens du mouvement, et se rendait, suivant l’équateur,de quantités très appréciables, puisqu'elles s’élèventrespectivement aux 0,43 et aux 0,17 du diamètre. Ilest évident que ce renflement de l’équateur doit nonseulement accroître la résistance du milieu qui e3t pro-portionnelle à l’étendue de la surface agissante, maisencore être, en elle-même, la cause d’une consomma-tion appréciable de force vive.

L’élévation de température, dans ces phénomènes duchoc, est telle, qu’un boulet de 24, après avoir traverséun ancien parapet en sable, conserva assez de chaleurpour qu’un homme qui le ramassa, à environ 40“ audelà, en eût les mains légèrement brûlées.

3° Lois des impressions et résultats de Vexpérience. Unrésultat bien remarquable de ces expériences, c’est que,pour faire brèche à un rempart, dans des circonstancesdonnées, il faut consommer à très peu près la mêmemasse de poudre ou le même poids de boulets, avec despièces du calibre de 16 et de 24, tirées aux charges deguerre ordinaires, l’effet destructeur des projectilesétant ainsi exactement représenté par leur force vive.Et, en effet, on sait, d’après les expériences de Hutton ,qu’entre certaines limites, les forces vives impriméesaux boulets, dans de telles pièces, sont sensiblementproportionnelles aux charges de poudre.

Les faits déjà signalés et qui sont relatifs aux volu-mes des petites impressions des corps durs dans les mi-lieux ductiles, peuvent être aussi considérés commeune conséquence du même principe ; car les effets seréduisent ici sensiblement à la production du vide quiest dû au travail des«pressions développées. Or, lesrésultats des expériences ont permis à MM. Piobertet Morin de vérifier ces faits pour les plus grandes vi-tesses des projectiles et des milieux, tels que le roc,

la maçonnerie et les terres, dans tous les cas, assezrares il est vrai, où le relèvement du vide apparentn’a pas laissé trop d’incertitude. Mais il n’en a pas étéainsi des bois, qui donnent lieu à des effets très ir-réguliers, et dont la majeure partie de l’impresion dis-parait après le passage du boulet, en raison de la forcede ressort conservée par les fibres non rompues; lesauteurs ont dû substituer au vide effectif celui quirépond à la course du boulet dans l’intérieur du milieu,et ici encore le rapport de la force vive au volume duvide ainsi mesuré est demeuré sensiblement constant;ce qui confirme de la manière la plus satisfaisante,pour les bois de chêne et de sapin, les résultats de l’an-cienne théorie et des anciennes expériences, qui d’ail-leurs ont conduit à des valeurs de ce rapport beaucoupplus faibles, et provenant, sans doute, principalementde la manière dont les pièces du massif étaient unies etliées entre elles.

Pénétration dans les métaux .

Le projectile rencontrant un corps dur cause unedépression au point de contact, en s’aplatissant lui-même. En ce point il y a donc destruction de forcesvives par les actions moléculaires; mais les parties éloi-gnées tendent à continuer leur mouvement, d’où ré-sulte le genre de rupture que nous allons décrire.

1° Déformation des projectiles, rupture et accidents quiVaccompagnent, Dans le tir perpendiculaire contre lesmassifs en fonte parallépipédiqucs, solidement encastréset pesant de 1.000 à 2.000 kil., les boulets ont été briséssous les plus petites vitesses en présentant néanmoins descirconstances physiques très distinctes de celles qui ont eulieu pour les grandes : à la vitesse de 70* environ par se-conde, répondant à la charge de 1 /128 e du poids du bou-let, la rupture s’opère comme dans le tir contre les ma-çonneries, c’est-à-dire par deux plans diamétraux àangles droits, passant par l’axe qui contient la trajec-toire du projectile. A la vitesse de 100", relative à unecharge de 4 /64*, la partie antérieure du boulet de 4 6 aoffert une dépression de plusieurs millimètres sur uneétendue, en diamètre, de 0",06 à 0",07, et qui estdevenuela base d’une sorte de noyau pyramidal, à 5 pans, dontle sommet paraît être placé au centre du projectile : cenoyau, faisant l’office d’un coin véritable, oblige le sur-plus de la masse à se partager en 5 parties, à peu prèségales, suivant des plans méridiens passant par l’axequi est parallèle à la direction du mouvement. La réu-nion et la juxta-position de ces fragments n’a pas, dureste, laissé apercevoir d’altération générale de formesensible ; mais tandis que leur surface de fracture mé-ridienne présentait un aspect grenu et rugueux, cellesqui leur étaient communes avec le noyau offraient, aucontraire, une apparence métallique très brillante etfibreuse, produite par le violent froissement ou frotte-ment de glissement contre ce noyau dont les faces offraient d’ailleurs le même aspect.

A la vitesse de 450", et pour des vitesses de plus enplus grandes, le mode général de rupture reste à peuprès le même, si ce n’est que lo nombre des fracturesméridiennes augmente, et que la forme du noyau serapproche davantage de celle d’un cône à base circu-laire , dont elle diffère néanmoins en ce que les géné-ratrices, au lieu d’être rectilignes, présentent, près decette base, une légère courbure ayant sa convexitétournée vers l’axe. Mais une circonstance qui paraîtrasurtout digne de remarque, c’est que le noyau offre,jusqu’à une certaine profondeur, une suite d’enveloppes,de couches coniques parallèles, d’épaisseurs sensible-ment égales, et qui paraissent avoir glissé successive-ment les unes sur les autres, à mesure que l’impressionfaisait des progrès ou que de nouvelles zones de la sur-face du boulet venaient à se mettre en contact avec lasurface plane extérieure du massif en fonte qui recevait