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PROJECTILES.

PROJECTILES.

le choc. LeB saillies respectives de ces zones et les em-preintes qu'elles produisaient dans le bloc dont il s'agit,enfin l'aspect brillant et fibreux des surfaces d’envelop-pes ne laissent aucun doute sur la nature de ce phéno-mène de glissement successif.

MM. Piobert et Morin ont reconnu : 4 ° que le nombredes enveloppes successives croit avec la vitesse de pro-jection; 2° que la hauteur ou l’axe de l'enveloppe ex-terne de ces noyaux décroît, pour chaque calibre, moinsrapidement que la vitesse n’augmente ; 3° que les an-gles des génératrices courbes avec la base, qui demeu-rent compris entre 44 et 72°, et diminuent plutôt qu’ilsn'augmentent avec la grosseur du calibre, suivent, parrapport aux vitesses de projection, une marche de dé-croissement analogue à celle des hauteurs de noyaux.

Les effets de rupture qui viennent d’être signalés, laformation et le glissement successifs des enveloppes denoyaux, suffisent pour convaincre que les boulets per-dent, aux environs du point choqué, la majeure partiede leur force d’élasticité ou de ressort ; ce fait est d’ail-leurs constaté directement par le faible rejaillissement,en arrière, du projectile et de ses débris, ainsi que par lerésultat des expériences en petit, sur les lois du mouve-ment et du frottement pendant le choc, entreprises,en 4833, par M. Morin ; mais il ne s'ensuit nullementque la force de ressort des parties éloignées du centred’impression ait subi la même altération, ni que les dé-bris des projectiles ne puissent s'échapper latéralement,avec une certaine vitesse, en raison de la décompositionde leur mouvement de glissement oblique sur le noyauet de la rotation qu'ils tendent à prendre au point deleur rencontre avec le bloc en fonte ; l’expérienceprouve, en effet, que cette vitesse est assez grandepour que les fragments aillent pénétrer, de toute leurépaisseur, les pièces de bois disposées autour du but,dans la vue de les arrêter.

Les boulets de S et de 24, tirés à la faible charge du4 j\ 6 et du 4/24, contre une masse cubique de plomb de0 m ,60 de côté et pesant 3,000 kil., ne s’y brisentpoint,quoiqu’ils y produisent des impressions profondes ; à lacharge du 4/8 et 4 /12 du poids du boulet, ils se sont par-tagés en trois ou quatre morceaux, suivant des plans mé-ridiens passant par l’axe de l’évidement, et ces morceaux,parla divergence de leur mouvement, ontdonnélieu à au-tant d'empreintes particulières. Déjà aussi des traces dedépression se montraient à la surface antérieure du bou-let, et indiquaient la formation d’un petit noyau centralet de ses enveloppes successives ; mais, à la chargedu 4 /6, répondant à une vitesse d’environ 370“ par se-conde, les boulets se sont divisés en uu très grandnombre de parties, dont aucune n’a rejailli à l'extérieur,et qui offraient dès sillons assez profonds dans lesquelsce métal se trouvait comme incrusté.

2° Effets physiques produits dans les milieux , résultatset loisdes impressions. Les parallélipipèdes de fonte ayantété soumis au chocdanslesensperpendiculaireàleur pluspetite ou à leur plus grande face, ont subi, au contact,des impressions annulaires exactement môulées surcelles des boulets, et qui ont donné lieu également à laformation d'un noyau conoïdal accompagné de plusieursenveloppes de glissement successif, offrant l’aspect bril-lant et fibreux déjà signalé : ce noyau, dont le sommetest situé à l’intérieur du massif, a encore ici agi commeun coin pour écarter les parties latérales qui se sontfendillées, à la surface, dans des directions rayonnées.La formation de ce même noyau et de ses enveloppes,dont le nombre croît, ainsi qu'on l’a vu, avec la vitesse,est donc un fait général qui sert à expliquer la ruptureréciproque des corps durs et la perte totale de l’élasticitéau point où le choc s’opère.

Mais, indépendamment des ruptures qui ont lieudans le voisinage des empreintes, il s’en produit icid'autres tres remarquables, à de grandes distances de

là, et qui n’ont aucune connexité avec les premières,attendu qu’elles proviennent uniquement de la force deréaction ou de ressort conservée par les parties non di-rectement atteintes : lors des expériences sur un châssisd'affût de côte en fonte, très épais, des boulets de 8, ti-rés à la faible vitesse de 450" par seconde, ont déter-miné de larges fractures à des distances de 0®,5 et 4 m ,6du point de choc. Les auteurs expliquent ces effets sin-guliers par la flexion générale, les nœuds et les veutresde vibration qui s'établissent dans certaines régions dela masse, et qui, ayant atteint la limite d’amplitudeque comporte l’élasticité des parties, entraînent forcé-ment des solutions de continuité : ces faits bien consta-tés leur font conclure que la fonte de fer, malgré sagrande ténacité, doit être proscrite de toutes les con-structions militaires exposées au choc direct des projec-tiles, non seulement à cause de son extrême fragilité,mais encore eu raison des éclats dangereux qu’occasion-nent sa rupture et celle des projectiles.

Le plomb étant un métal essentiellement mou etductile, donne lieu à des effets de pénétration très diffé-rents, et analogues, bien que moins prononcés, à ceuxqui concernent les argiles plastiques dont nous avonsdéjà rendu compte; les boulets pleins qui s’y brisentsouvent en éclats, ainsi qu’on l’a dit, produisent desimpressions qui dépassent généralement leur diamètreen largeur et en profondeur, et qui sont accompagnéesextérieurement d’un rebord ou soulèvement très évaséet recourbé, produit par le refoulement de la matièredu dedans au dehors de la cavité. Ces effets, est-il ditdans le Mémoire, donnent au vide de l'impression uneforme analogue à celle de certains vases antiques de rcvolution, qui seraient ornés sur les bords de palmesdentelées, et dont l’aspect est ici d’autant plus agréable,que la matière, fraîchement dénudée, possède tout sonéclat métallique.

Les volumes de ces vides et ceux des empreintes surles blocs de fonte ont été relevés, avec les plus grandssoins, par MM. Piobert et Morin, qui ont trouvé queleurs rapports avec les forces vives correspondantes desprojectiles étaient sensiblement constants, comme pourle cas des maçonneries et du roc.

Fabrication des projectiles.

Les boulets se coulent dans des moules en sable vertformés de deux pièces. Aussitôt que le jet est solidifié,c'est-à-dire environ 2 minutes après la coulée de 24 etde 46; 4 minute 4/2 pour ceux de 42; et 4 minutepour ceux de 8 et de 4, on retourne les châssis sensdessus dessous, le jet en bas, pour prévenir Ravalementque les vapeurs dégagées et le retrait du métal forme-raient au sommet du projectile, et pour ramener lasoufflure vers le centre. On démoule environ 2 heuresaprès la coulée : les boulets étaut refroidis, l’ébarbeurles dégage du sable qui les enveloppait encore ; il casseles jets, puis il place les boulets dans une coquille pourenlever la coulée et les coutures avec un marteau tran-chant, et les rabattre avec le marteau à main. Il passequelques boulets aux lunettes, afin de signaler les dé-fauts aux mouleurs, qui serrent plus ou moins le sable,selon que les boulets sont trop gros ou trop petits. En-fin, on polit la surface des boulets en les portant aurouge plus ou moins vif suivant la qualité de la fonte,puis les battant sous un marteau, armé ainsi que sonenclume d’étampes en fonte dure et trempée creuséesen segments de cercle d’un rayon un peu supérieur àcelui des boulets à rebattre et dont la flèche est environ4/10 de leur diamètre. On fait tomber sur le boulet unpetit filet d’eau pendant le rebattage. Cette opérationsert en outre d’épreuve, le choc faisant casser les pro-jectiles d’une mauvaise fonte, et mettant à découvert lessoufflures peu éloignées de la surface.

Les projectiles creux, bombes et obus se moulent en