SONDAGE.
SONDAGE.
le tout, les soupapes se referment, si la matière estmeuble ; mais elles restent ouvertes si la matière estplastique, ce qui n’empêche pas celle-ci d’être entraînéeet amenée au jour. Quand il ne s’agit que de ramenerdes gros sables peu agrégés, des cailloux ou des galetsroulés, il suffit, pour ramener la cuillère pleine, de lui’ imprimer pendant quelque temps un mouvement desonnette, parce que la chute de cet instrument produitdans son intérieur un courant ascensionnel très rapidequi enlève les cailloux et les fait monter dans la cuil-lère, tandis que l’eau se dégage par les trous d, percésà la partie supérieure.
Une personne que nous citeronsà cause du grand nombre de sonda-ges à la corde qu’elle a entrepris etmenés à bonne fin, bien qu’elle seserve d’un outillage moins parfaitque celui que nous venons de décrire,
M. Goulet-Collet, de Reims , emploiedans ses sondages l'instrument re-présenté en coupe fig. 2359 et enplan fig. 2360 : c’est un tube en fortetôle a, de 2* de longueur, armé hsa base d’un cercle d’acier et de deuxcouteaux en croix b. Cet outil entombant hache, pour ainsi dire, lefond du puits dans tous les sens;l’eau se déplace par l’intérieur, maisil a l’inconvénient de no rien rap-porter, et on est obligé de le retirerde temps en temps pour nettoyer letrou avec un cylindre à soupape or-dinaire. Il en serait autrement si onplaçait à l'intérieur de ce long cy-lindre plusieurs étages de petits bal-cons creux, dans lesquels vien-draient se déposer les matières soli-des qui sont élevées à chaque couppar l’eau. ♦
Four donner une idée de l’extrême bon marché dusondage à la corde, nous dirons que, bien que les outilsde M. Collet ne soient pas disposés de manière à serviren même temps pour le curage du trou, cet habile son-deur fore, en ce moment, dans le terrain crétacé de laChampagne , des puits aussi profonds qu’on le désire,à 9 fr. le mètre courant ; son appareil complet de son-dage ne coûte pas 500 fr., et if fore, à l’aide de deuxouvriers seulement, de 8 à 41® par jour dans la craie.M. Goulet a foré dans ce terrain, depuis quelques an-nées, près de 400 puits, et chacun de ses puits a donnéde l’eau pure à une fabrique ou à un particulier, pourla somme de 450 fr. à 300 fr. au plus.
Les nombres que nous venons de citer sont sans ré-plique, et nous ne comprenons pas qu’en présence depareils résultats on emploie encore presque exclusive-ment le sondage avec des tiges rigides.
SONDAGE AVEC TIGE RIGIDE CREUSE, ET CURAGECONTINU DU TROU.
Nous venons de voir que la principale cause de lalenteur du forage avec les sondes à tige rigide, venaitde la nécessité où l’on se trouvait de retirer de temps àautre l’outil du trou pour curer ce trou au moyen d’unoutil approprié; nous avons également vu qu’on aug-mentait beaucoup la vitesse de forage en remplaçant latige rigide par une corde, ce qui abrège considérable-ment la montée et la descente de la sonde, et en dispo-sant l’outil foreur de manière à recevoir en même tempsles détritus de l’opération, ce qui supprime l’emploid’un outil particulier pour le curage. Au lieu de cher-cher à augmenter la rapidité de la manœuvre du curage,du trou, comme on l’avait fait pour la substitution dela corde à la tige rigide de la sonde on pouvait se pro-
poser do faire disparaître cette opération en la rendantcontinue et indépendante du mouvement de la sonde ;ç,’est en abordant la question sous ce point de vue, queM. Fauvelle est arrivé à l’ingénieuse solution que nousallons décrire :
L’appareil de M. Fauvelle se compose d’une sondecreuse, formée de tubes vissés bout à bout ; l’extrémitéinférieure de la sonde est armée d’un outil perforateur,approprié aux terrains qu’il s’agit d’attaquer. Le dia-mètre de cet outil est plus grand que le diamètre destubes, afin de réserver autour de ceux-ci un espace an-nulaire, par lequel l’eau et les déblais puissent remon-ter. L’extrémité supérieure de la même sonde est encommunication avec une pompe foulante au moyen detubes articulés qui suivent le mouvement descendantdelà sonde sur une longueur de quelques mètres. Lasonde est animée d’un mouvement de rotation au moyende tourne-à-gauche, ou de percussion par un treuil àdéclic. La chèvre et le treuil pour monter, descendreet soutenir la sonde, ne présentent rien de particulier.
Lorsqu’on veut faire agir la sonde, on commencetoujours par mettre la pompe en mouvement. On injectejusqu’au fond du trou, et par l’intérieur de la sonde,une colonne d’eau qui, en remontant dans l’espace an-nulaire compris entre la sonde et les parois du trou,établit le courant ascensionnel qui doit entraîner lesdéblais; on fait alors agir la sonde comme une sondeordinaire, par battage; et, à mesure qu’une partie dela roche est broyée ou détachée par l’outil, elle est hl’instant entraînée dans le courant ascensionnel. 11 ré-sulte de cette marche que les déblais étant constammentenlevés par l’eau, on n’a plus besoin de remonter lasonde pour les enlever, ce qui procure une très grandeéconomie de temps. Un avantage aussi précieux, pourle moins, c’est que l’outil perforateur n’est jamais en-gorgé par les détritus et qu’il agit toujours sans entra-ves sur le fond du trou. Si l’on ajoute à cela que l’ex-périence prouve que les éboulemcnts sont presque tou-jours nuis dans les terrains où la sonde en déterminepresque toujours, on aura énuméré Î63 principaux avan*tages de ce nouveau mode de sondage. Ils sont d’ailleursconstatés pour le forage que M. Fauvelle vient de faire,à Perpignan , sur la place Saint-Dominique. Ce forage,commencé le 4* r juillet 4846, était terminé le 23, parla rencontre de l’eau jaillissante à une profondeur de470 mètres; si de ces vingt-trois jours on défalque troisdimanches et six journées perdues, il reste pour le tempsréel employé au forage quatorze jours de travail effec-tif, à 4 0 heures par jour, ce qui représente un avance-ment moyen de 42 mètres par jour de travail.
Dans le système que nous venons de décrire, on voitque l injection de l’eau alieu par l’intérieur de la sonde.L’expérience a fait reconnaître à M. Fauvelle que, lors-que l’on rencontre des graviers ou des pierres d’un cer-tain volume, il était préférable d’injecter l’eau par letrou et de la faire remonter par l’intérieur de la sonde.La vitesse plus grande qu’il est possible d’imprimer àl’eau, et le calibre plus exact de l’intérieur de la tige dela soude, permettent de remonter ainsi des pierres quela manœuvre ordinaire obligerait à broyer préalablement.M. Fauvelle a remonté, par ce moyen, des cailloux de0“,06 de longueur sur 0”,03 de grosseur. L’idée defaire remonter l’eau par l’intérieur de la sonde, offre unmoyen facile de forer au-dessous d’une nappe d’eau jail-lissante sans avoir besoin de pompes ; il suffira de fer-me? hermétiquement l’orifice du puits, de manière àlaisser libre le jeu de la sonde, et à ce que l’eau jaillis-sante soit forcée d’aller toujours chercher le bas de latige creuse pour trouver une issue ; elle y entraînera etramènera au jour tous les déblais. Dans les trous forésà une profondeur considérable et sur un grand dia-mètre, on pourra aisément réduire le poids de la sondeen faisant en bois la tige creuse, et faciliter ainsi lama-