SOUDE.
SOUDE.
commence assez souvent par lui faire absorber le pinspossible d’alcali carbonique de l’atmosphère, car le selde soude contient toujours une quantité plus ou moinsforte de soude caustique ; pour cela, on l’êtend à l’air encouches minces qu’on remue de temps en temps pourarriver plus facilement au but proposé ; puis on fait dis-soudre, et dans la dissolution on fait passer quelquefoisde l’air atmosphérique an moyen d’un tambour ventila-teur à force centrifuge, toujours en vue de carbonaterla soude caustique. Lorsque la dissolution faite néces-sairement dans de l’eau bien chaude marque 30" à l’a-réomètre de Beaumé, on opère une sorte de clarificationen y ajoutant un demi-millième de chaux vive qu’ondélaie bien dans toute la masse, puis on laisse déposer ;il se forme du carbonate de chaux qui, en se précipitant,entraîne les corps étrangers. Dès que la températureest descendue à 60 ou 70°, on tire au clair dans descristallisoirsen zinc ou en cuivre, ou dans de grandes ter-rines d’une capacité de 50 litres La cristallisation doitse faire dans un lieu à température constante, de manièrequ’elle dure trois ou quatre jours ; lorsqu’elle est à sonterme, on fait égoutter les terrines, et on porte les painsde cristaux dans une étuve où la dessiccation se ter-mine. Le carbonate doit de suite être emballé dans destonneaux bien clos en bois blanc, et dans tous les cason doit le conserver dans un magasin humide : sanscela, il g’effleurirait.
Les eaux-mères des cristaux sont évaporées à secpour faire du sel de soude à bas titre qu'on livre aucommerce.
Les cristaux de soude, chauffés dans une chaudièreplate, se fondent, se dessèchent; en agitant sans cesseavec un rable ou un ringard, on réduit en poudre qui,refroidie et emballée en tonneaux, est expédiée sous lenom de carbonate sec , cristaux de soude desséchés. Leprincipal but de cette opération est de diminuer les fraisde transport en enlevant aux cristaux les 62/10ü c ‘d’eau qu’ils recèlent.
Usages du carbonate de soude. Il est peu de substancesqui aient reçu autant d’applications que le sel de soude.Son emploi le plus fréquent est de servir, caustifié ounon, an blanchissage du linge, au blanchiment de pres-que tou9 les tissus, en raison de la propriété que pos-sèdent les alcalis et les sels alcalins de dissoudre lesmatières organiques grasses ou colorantes qui salissentles étoffes. Les soudes sont la base des savons durs etdes savons résineux. Le sel de soude est employé engrande quantité dans les fabriques de glAces , de gobele-torie, de verres à vitres; conjointement avec les cris-taux de soude, il sert journellement dans les ateliers depeinture et d'indiennes, notamment pour dissoudre lamatière colorante du rocou, du carthame, pour la con-fection de la belle couleur dite des Indes . Il est encoreutilisé dans la préparation des chlorures désinfectants,dans la fabrication du borax, etc.
Préparation du bicarbonate de soude . Bien que la fa-brication de ce sel ne soit pas bien importante, elle estcependant digne d’intérêt.
Pour le préparer en grand, il suffit de placer dansdes caisses en bois blanc le carbonate de soude cristal-lisé, d'y porter le gaz acide carbonique lavé, et d’exer-cer une pression, en ne permettant au gaz de s’échap-per qu’après avoir soulevé une colonne d’eau de 40 à 60centimètres; bien entendu que l’on fait toujours arri-ver d’abord le gaz dans celles qui approchent le plusdu terme de saturation, et qu'il est forcé de traverseren dernier lieu celles qui renferment le carbonate desoude le moins attaqué.
Ce mode de préparation n’est employé que depuis lesrésultats publiés par Smith et vérifiés par Boullay. Cechimiste a observé qu’en mettant en contact, sous unefaible pression, de l’acide carbonique et des cristauxde soude, le sel perd bientôt sa transparence, conserve
sa forme, et devient poreux et friable. En prenantune texture feuilletée, le sel perd une grande partiede son eau de cristallisation qui ruisselle sur les pa-rois du vase. Cette eau contient nécessairement en dis-solution du carbonate et du bicarbonate qu’on obtientpar évaporation. Quand l’absorption de l’acide carboni-que cesse, on retire la masse de l’appareil, on la délaiedans une petite quantité d’eau, on fait égoutter celle-ci ; enfin on comprime le sel et on le sèche à l'air.
Aujourd’hui la presque totalité du bicarbonate desoude est préparée au moyen de l’acide carbonique na-turel qui se dégage en abondance de certaines sources.A Vichy , entre autres, on en fait des quantités assezconsidérables au moyen d’un appareil imaginé par M.Bmsson, appareil qui a la plus grande analogie aveccelui que nous avons indiqué tout-à-l’heure.
Ce qui fait la valeur du bicarbonate, c’est la quan-tité d’acide carbonique qu’il renferme ; il est facile d’enfaire l’essai, puisque ce sel, étant bien saturé, doit parla chaleur dégager un équivalent d’acide carbonique,soit en poids 275 pour 4053, on 26 p. 4 00; et, commele litre d’acide carbonique pèse 4^ ,980, il s’ensuit que4 h de bicarbonate doit dégager un peu plus de 4 30 li-tres d’acide; mais jamais on ne rencontre le bicarbo-nate à cet état de saturation d’acide.
Le bicarbonate de sonde est spécialement employédans la préparation des liqueurs rafraîchissantes, sur-tout aujourd’hui qu’on a mis dans les mains du publicdes appareils où l’eau gazeuse se forme facilement san9contenir de bitartrate de soude. Dans les laboratoires,il sert de réactif ; les teinturiers l’utilisent quelquefois àcause de sa faible réaction alcaline pour neutralisercertains acides, celui de la garance par exemple. En-fin, il est employé dans la préparation des pastilles di-gestives de d’Arcet qui facilitent la digestion et imitenten quelque sorte les effets des eaux de Vichy.
Soude ou lessive caustique. Bien que le carbonate desoude jouisse de propriétés alcalines, son action n’estpas à beaucoup près aussi énergique qu’elle le serait,si l’acide carbonique ne venait pas saturer, neutraliseren partie les propriétés des bases. L’acide carboniqueest heureusement de tous les acides celui qui prive lemoins les alcalis de leur énergie et celui ou’on leur en-lève le plus facilement. Caustifier un alcali, c’est luienlever son acide carbonique, et pour arriver à ce but,on fait, depuis un temps immémorial, usage de la chauxqui, en se combinant avec l’acide carbonique, formeun sel complètement insoluble. Généralement on faitréagir la chaux sur l’alcali dans l’eau que l’on main-tient en ébullition pendant nne benre; la soude reste endissolution tandis que le carbonate de chaux se dépose.On s’aperçoit que la dissolution est caustique quandelle ne fait plus d’effervescence avec les acides ou quandelle ne trouble plus l’eau de chaux. Nous disons quegénéralement on porte à l’ébullition, et non pas tou-jours, car pour certains usages l’emploi de l’eau chaudepourrait nuire.
Le poids de chaux à employer pour caustifier com-plètement le carbonate de soude, dépend évidemmentde la quantité d’acide carbonique qu’il renferme. Ensupposant la soude combinée exactement avec l’acidecarbonique, il y aurait dans le carbonate 44,43 p. 400d’acide; la théorie iudique que pour absorber cettequantité d’acide carbonique il faut 53,57 de chauxvive supposée pure. Mais jamais la chaux n’a cet étatde pureté absolue, et il vaut mieux dans tous les casen employer un peu trop, ce qui est sans inconvé-nient, que pas assez; d’un autre côté il faut considérerqu’il y a toujours dans le sel de soude un peu de selsétrangers. Eu égard à ces diverses considérations, ilest sage d’employer au moins 60 p. 400 de chaux viveet partant une quantité proportionnelle de chaux éteinte.
On n’est pas bien d’accord sur l’état dans lequel la