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SOUDE.

SOUDE.

chaux doit être employée. Les uns veulent que la chauxsoit éteinte à l’avance, les autres disent que la chauxvive doit être préférée, en ce sens que placée dans ladissolution du carbonate alcalin elle s’y éteint en aug-mentant singulièrement la température du mélange etapportant nécessairement une économie de combustible.Les savonniers trouvent un avantage à faire le mélangede la potasse ou de la soude avec la chaux vive en mêmetemps que l’énorme chaleur dégagée facilite la désagré-gation des morceaux de salin dont quelques-uns sonttrès durs.

La quantité d’eau employée joue un granl rôle dansla réaction ; la chaux n’agit en effet sur le carbonateen dissolution que si elle est en dissolution elle-même,et on sait qu’elle est très peu soluble. Voilà du moinsl’opinion de plusieurs chimistes. Mais U serait peut-êtreplus exact de dire que la quantité d’eau influe surtouten ce que la dissolution du carbonate est moins forte etque la chaux n'agit pas facilement pour décarbonatersi cette dissolution marque plus de 40 à 42 degrés aupèse-sel. Nous trouvons aujourd’hui dans les réactionschimiqncs un assez grand nombre d'exemples de corpsqui agissent sans être en dissolution, pour croire qu’ildoit en être de même de la chaux.

Quoi qu’il en soit, le rôle de l’eau en certaine quan-tité est incontestable et on admet généralement qu’ilfant de 7 à 8 parties d’eau pour une de carbonate àcaustificr. Il faut aussi qu’il y ait agitation dans lemélange, car le carbonate de chaux déposé empêche-rait le contact delà chaux et de la dissolution. C’est àDescroizilles, le j»ère, qu’on doit cette remarque im-portante du rôle de l’eAU dans la caustification. Il pré-tendait lui que la chaux doit être en dissolution pouragir.

Pour obtenir de la soude caustique pure, il faut, aulieu de sel de soude, employer des cristaux et suivred’ailleurs la marche qui a été indiquée pour la prépara-tion de la potasse caustique (voyez potasse).

Veau seconde de la soude n'est autre chose qu’unelessive caustique de sel de soude. Pour la conservercaustique, on met dans le vase bien bouché qui la con-tient un peu de chaux vive qu’on met de temps en tempsen suspension dans la liqueur par agitation. On regardesouvent l’eau seconde de potasse comme préférable en cequ’elle décrasse plus facilement et qu’elle attaque moinsles pinceaux, car c’est dans les nettoyages de peintureque ces eaux sont surtout employées.

Il y a aussi de l’eau seconde colorée ; on lui donnela couleur avec de la sciure de bois.

Dans les premières années de la fabrication de lasoude, on songea à remplacer dans beaucoup d’usagesla potasse par la sonde; mais la routine s’opposant àcette substitution, on dut tromper ses injustes préven-tions. Pour cela on fabriqua des potasses factices , quin’étaient autre chose que de la soude préparée de manièreà imiter la potasse pour l’aspect et la couleur; c’estainsi qu’on donnait la couleur rouge avec de l’oxyde decuivre. Aujourd’hui le bon sens et les connaissances plusavancées du public dans les arts chimiques, rendentpresque nulle la fabrication de la potasse factice; nousn’en parlerons donc pas.

Nous avons à parler maintenant des procédés nou-veaux qui ont été conseillés depuis une dizaine d’annéespour la fabrication du carbonate de soude.

Nousn’avons qu’à citer pour mémoire deux procédésqui n’ont pas reçu d’application. Le premierconsistantàamener le sulfate de soude à l’état de sulfure de sodiumqui, en dissolution dans l’eau, est décomposé par l'acidecarbonique ; le deuxième mettant à prolit l’action réci-proque à l’état liquide du chlorure de sodium et du ses-qui-carbonate d’ammoniaque. En faisant dissondre duswqui-carbonate d’ammoniaque dans une solution satnrée de sel marin, il se précipite du carbonate de

soude et il reste dans la liqueur de l’hydrochlor&'ed’ammoniaque, qu’on utilise pour préparer du nouveaucarbonate d’atnmoniaque. Un inconvénient principalde ce procédé, c’est qu’il ne peut y avoir double décom-position complète entre les deux sels employés, l’unétant un sel neutre, l’autre un sesqui-carbouate. Il yavait par cela même et ensuite par la transformationdu chlorhydrate d’ammoniaque en carbonate un déchetd’ammoniaque assez considérable qui, vu le prix élevédu carbonate, rend le procédé trop coûteux pour êtreappliqué avec avantage.

M. Becquerel, de l’Institut, a tout récemment com-muniqué à l’Académie des Scienoes une note très in-téressante dont nous extrayons ce qui suit.

« Essayer de retirer la soude et la potasse de leurssels respectifs en n’employant seulement que le fer oula fonte, l’eau et l’air à la température ordinaire, estun problème qui au premier abord présente des diffi-cultés ; mais pour quiconque connaît toute la puissancede l'action chimique de l’électricité, ces difficultés nesont pas de nature à arrêter longtemps.

« Schéele avait déjà reconnu qne le fer décomposaitle sel marin en donuant naissance à de l’alcali minéral.

« Lorsqu’un morceau de fer ou de fonte est plongé .en partie dans une solution de sulfate de soude ou dechlorure de sodium, il se produit des effets de transportdont nous allons faire connaître la cause. On sait queles actions combinées de l’air, de l’eau et du sulfate desoude, sur un morceau de fer qui plonge entièrementdans la solution, suffisent pour décomposer le sulfate;il se forme du protosulfate de fer qui est immédiate-ment décomposé par la soude mise à nu, et il se préci-pite de l’oxyde de fer qui passe peu à peu à l’état d’hy-drate de peroxyde ; mais il n’en est plus de même quandle fer n’est plongé qu’en partie : il se forme alors duprotosulfate de fer qui reste en dissolution, tandis quela soude sort de celle-ci pour sc placer sur la partie nonimmergée du métal, où elle se combine immédiatementavec l’acide carbonique de l’air ambiant; de là il ré-sulte du carbonate de soude qui cristallise en houppessoyeuses très près de la surface du liquide. Au bout depeu de jours on a des masses assez volumineuses qu’onenlève facilement. Les réactions ont lieu à peu de dis-tance de la surface dn liquide, là où le métal s’oxyde laplus facilement. Aussi la quantité de carbonate de soudeformée dans un temps donné est-elle la même que lapartie immergée du métal, soit égale à un décimètre ouà un centimètre, b

Quant à la oanse de la décomposition, M. Becquereldit, « qu’il y a là un phénomène de transport analogueà celui qui a lieu sous l’influence des forces électriques ;il suffit pour cela de considérer la partie immergée et lapartie non immergée du métal, l’une comme le pôlepositif, l’autre comme le pôle négatif d’un couple vol-taïque, et rien n’est plus simple que de justifier l'exi-stence de ce couple ; la partie immergée est attaquée parla solution, celle qui ne l’est pas est en dehors de cettesolution, elle est recouverte d’une couche d’eau hygro-métrique qui sert à constituer le circnit électro-chimi-que, de sorte que l’on a les mêmes effets que ceuxproduits lorsqu’on plonge une lame de métal dans deuxliquides superposés, dont l’un attaque le métal et l’autrene l’attaque pas : le phénomène est donc purementélec tro - ch i mique.

« L’expérience a été faite sur une assez grande échellepour savoir jusqu’à quel point il était possible d’appli-quer à l’industrie le procédé dans le but d’obtenir de lasonde par la décomposition, soit du sulfate de soude,soit du chlorure de sodium. J’ai fan construire à ceteffet six cylindres crenx en fonte, ouverts par les deuxextrémités, de 33 centimètres de diamètre, 23 centi-mètres de hauteur et 3 centimètres d’épaisseur. Cescylindres ont été mis dans des baquets renfermant une

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