Band 
G-Z.
JPEG-Download
 

SOUDE.

SOUDE.

solution de sulfate de soude marquant 44 degrés. Leniveau de la solution se trouvait à 2 centimètres encontre-bas de l'extrémité supérieure.

« Pour recueillir le carbonate de soude, on a placésur la partie supérieure du cylindre un plateau de cuivreévidé au milieu et dont les bords étaient rabattus avecpression sur les parois intérieures et extérieures du cy-lindre et ne faisaient que toucher la solution ; on avaitainsi des couples voltaïques bien établies composées defonte, de cuivre et d’une solution de sulfate, mais lecuivre n’était là, je le répète, que pour recueillir ducarbonate de soude au fur et à mesure qu’il se formaitsans être coloré par la rouille. 24 heures après on acommencé à apercevoir des cristaux de carbonate desoude sur le cuivre, lesquels ne tardèrent pas à recou-vrir toute la surface annulaire du plateau. Au bout de45 jours ou a pu recueillir sur chaque cylindre unecinquantaine de grammes de carbonate de soude trèspur, très blanc et privé sensiblement de sulfate de sou-de. L’effet n’était pa3 plus marqué que quand on n’em-ployait seulement que la fonte.

« Au lieu d’un plateau annulaire évidé au milieu,j’ai employé un plateau plein qui n’a pas tardé à serecouvrir de carbonate de soude. Bien que ce procédétrès simple ne puisse être l’objet d’une exploitation engrand à cause du développement considérable de piècesde fonte qu’il exigerait, cependant on peut l’employeravec succès sur le bord de la mer et presque sans fraispour des besoins personnels ou de petites exploitations,puisqu'il ne faut que des morceaux de vieille fonte, desbassins et un abri. J’ajouterai encore qne dans les lo-calités où le combustible manque et où il est impossiblede se procurer de l’alcali par l’incinération du bois, onpourra utiliser ce procédé. Un autre motif m’a encoreguidé daus mes recherches : le développement incessantde la civilisation diminuant de jour en jour nos res-sources en combustibles, nous devons nous attacher,comme je l’ai déjà dit en exposant le traitement électro-chimique des minerais d’argent, de cuivre et de plomb,à chercher les moyens de former un jour une foule deproduits indispensables aux besoins de la vie sans l’em-ploi de la chaleur. »

Nous arrivons à un procédé dû à M. Balard, procédéqui a pour but non pas de faire du carbonate de soude,mais d’extraire des eaux-mères des marais salants lamatière première du carbonate, c’est-à-dire le sulfatede soude.

On sait que les travaux de Green et de M. Berthieront indiqué le moyen d’extraire des eaux-mères dessalines une quantité plus grande de sel marin en fai-sant agir le sulfate de soude sur le chlorure de calciumobtenu lui-même en traitant par un lait de chaux leseaux-mères riches en chlorure de magnésium. M. Ba-lard a pris pour ainsi dire la contre-partie de ce pro-cédé. Cet habile chimiste, connaissant par les travauxqui l’avaient mené à la découverte du brome la com-position exacte des eaux-mères des marais salants,songea au moyen de transformer en sulfate de soudele sulfate de magnésie qu’elles contiennent et cela parl’intervention du chlorure de sodium (sel marin) qui setrouve nécessairement aussi dans ces eaux-mères.

Les analyses de Bouillon-Lagrange et de Vogel, qnesemblait corroborer une analyse récente des eaux de laMéditerranée, indiquaient que ce sulfate de magnésiesupposé transformé en sulfate de soude, devait être le4 fi du chlorure de sodium contenu dans l’eau de mer.M. Balard a trouvé lui que ce 4 fi devait être réduit au4/7; de plus, qu’on devait encore restreindre cette quan-tité à 4 /8 à cause de la présence dans lesdites eaux-mères de sels calcaires solubles qui par la concentrationdonnent lieu à un dépôt de sulfate de chaux aux dé-pens des sulfates solubles; ainsi restreinte cotte quan-tité est encore considérable, car pour une saline du

Midi d’une contenance de 200 hectares elle représenteannuellement une masse de 2.500.000 kilog. de sul-fate (4).

A priori la transformation du sulfate de magnésie ensulfate de soude paraissait facile ; la réfrigération doces eaux-mères donne lieu en effet au dépôt d’une cer-taine quantité de sulfate de soude, quand elle a lieu àquelques degrés au-dessous de zéro; mais 4° cet abais-sement de température est très rare dans le midi de laFrance , 2° il ne se dépose, même à la faveur de cettecirconstance, qu’une petite quantité de sulfate de soude.

Kn recherchant les causes qui pouvaient s’opposer àla formation du sulfate de soude dans ces circonstances,M. Balard a remarqué qne le chlorure de magnésiumnuit à la solubilité du sulfate de magnésie et du chlo-rure de sodium, sels entre lesquels la décomposition'doit avoir lieu, et favorise au contraire celle du sulfatede soude qu’on veut précipiter. Le chlorure de magné-sium doit donc être éliminé autant que possible. Le selmarin au contraire nuit à la solubilité du sulfate desoude et favorise sa précipitation : il faut donc en ajou-ter et heureusement on en a à discrétion.

Eliminer le chlorure de magnésium, ajouter du chlo-rure de sodium en excès, toute la question est là.

Ainsi préparée cette solution complexe qui fournitdéjà du sulfate de soude à 40 degrés au-dessus de zéro,en donne à 0? les 0,8 de ce qu’on pourrait obtenir parla décomposition complète des sels en présence; aussiquand, faite en été et conservée jusqu’à l’hiver à l’abride la pluie, elle e-st étendue sur les immenses cristalli-soirs du salin, en couches d’un décimètre de hauteur,il suffit d’une nuit pour faire déposer sur ces grandessurfaces quelques centimètres d’épaisseur de sulfate desoude cristallisé.

L’eau-mère est coulée rapidement, car elle contientdu chlorure de magnésium, et redissoudrait beaucoupde sulfate, si la température venait à s’élever. Desouvriers nombreux ramènent en tas une masse consi-dérable de snlfate de soudée. Par des froids rigoureux,l’eau de mer à 4 6 ou 4 8° B fournit aussi des quantitésconsidérables de ce produit.

Le sulfate de soude ainsi recueilli est hydraté, cequi est un inconvénient pour son emploi ; mais il necontient pas de sulfate de magnésie, et il est sansexcès d’acide et sans fer, substances qui nuisent à saqualité.

Le mode d’exploitation proposé par M. Balard n’estpas seulement uu annexe de la fabrication du sel ma-rin dans les localités bien disposées, où les niveaux etl’imperméabilité du terrain permettent d’évaporer l’eaude mer aux moindres frais; l’évaporation de ces eaux-mères peut être exécutée industriellement avec beau-coup de fruit, abstraction faite du sel marin lui-même.Le sel servirait à niveler le terrain, en même tempsqu’il saturerait les eaux-mères et servirait de sol ausulfate de soude, que de cette manière on obtiendraitexempt de matières terreuses, ce qui serait un doubleavantage.

M. Balard a trouvé, par l’application de son procédé,que, dans une saline de 200 hectares, on obtenaitfacilement 600.000 kilogrammes de sulfate de soudeau lieu de 2.600.000 qu’indique la théorie. Or, commela consommation de la France est de 50 millions de kil.de sulfate, il suffirait d’employer à l’évaporation de l’eaude mer 20.000 hectares environ. Ce n’est qu’une petitefraction de ce que, depuis Hyères jusqu’à Perpignan ,la France possède en étangs peu profonds, eu plages

(O La saline citée par M. Balard produit annuellement20 millions de kil. de sel. Or, comme Peau évaporée ne con-tient que 25 kil. de sel par mètre cube, il en résulte qu'enune année il s'évapore sur la surface de cette seule salinela quantité énorme de 800.000 mètres cubes d'eau de mer.soit 40 centimètres de hauteur.