SOUDE.
SOUDER
Tour extraire avec économie le salin des mélasses,il faut charger de mélasse le liquide à fermenter demanière qu'il rende 4 ou 5 p. 400 d'alcool. On le distilleet on se sert du résidu pour une nouvelle fermentationavec égale quautité de mélasse, et on distille de nou-veau. De cette manière, la liqueur est plus riche ensels, on l’évapore; le résidu calciné au rouge pour brû-ler les matières organiques fournit lui-même, danscette véritable combustion, une chaleur assez considé-rable pour se passer de combustible dans les fours àréverbère de calcination, une fois l’opération bien miseen train.
M. Robert de Massy, de Saint-Quentin , a voulu perfec-tionner le mode d'évaporation de ces vinasses. 11 a îaitétablir une tour d'une assez grande hauteur, dans la-quelle sont empilées des espèces de rigoles en tôle,présentant une immense surface d’évaporation aux vi -nasses qtii viennent s’y répandre uniformément ; desventilateurs aspirant les produits de la combustiondans tous les fourneaux de l’établissement, fours à ré-verbères de calcination et autres, lancent l’air chauddans la tour de manière à ce qn’il traverse le liquide quitombe goutte à goutte d’une rigole à l’autre, cl enopère rapidement l’évaporation. C’est un bâtiment degraduation d’une nouvelle espèce, sur lequel on re-monte les vinasses jusqu'à ce qu'elles aient atteint uncertain degré de concentration. Alors, en sortant de latour, elles se rendent dans des chaudières d’évapora-tion, chauffées elles-mêmes par la flamme des fours àréverbère, dans lesquels le liquide évaporé est projetéau moment où il va cristalliser.
Nous ferons seulement, sur ce nouveau système, quelques observations. D’abord, disons que les vinasses dedistillation étant acides à cause de l’acide sulfuriquequ’on ajoute dans les cuves pour faciliter la fermenta-tion, on les neutralise avec de la chsux qu’on ne doitemployer qu’avec précaution. La tôle dont M. Robertde Massy fait usage dans sa tour de graduation s’al-tère avec une grande rapidité ; de plus, le 1er ainsioxydé est entraîné en partie par le liquide,'soit mé-caniquement, soit même à l’état do coinbiuaison, cequi prés3nte un inconvénient ainsi que nous le verronstout à l’heure, outre la dépense assez grande occasion-née par le remplacement des tôles mises hors do ser-vice. Le bois ne pourrait pas être employé, car il estbientôt carbonisé par la haute température qui règnesurtout dans le bas de la tour. Peut-être la terre cuiteou le grès résisteraient-ils mieux que le fer ou le bois.Enfin, il paraîtrait que le liquide, en se graduant, peutabsorber des gaz sulfureux provenant de la décomposi-tion des sulfates dans les fours à réverbère et de lahouille employée, ce qui contribue à rendre la potassesulfureuse.
La concentration est poussée jusqu’à 25 degrés dansles chaudières évaporatoires ; et la cuite a lieu dans lesfours à réverbère ; lorsque la masse de\ ient pâteuse, ilfaut la retirer rapidement, car elle se vitrifierait, etdeviendrait très difficile à lessiver. C’est dans cettecuite que la présence du fer est nuisible ; car avec lui setrouvent tous les éléments nécessaires à la formationd’un cyanoferrure qui rend presqu’impropres à la fabri-cation de l’alun les sels de potasse, sulfate et chlo-rure, qu’on va extraire pendant le raffinage.
Le salin est lavé méthodiquement dans une série defbacs en plomb, où l’on fait barboter de la vapeur. Onsoutire lé liquide lorsqu’il est arrivé à une concentra-tion de 20 degrés, et on le filtre. Cette lessive est ame-née dans une chaudière en fer battu, ayant une formeun peu conique, où elle est concentrée jusqu’à 45 degrésenviron. On a soin de touiller, pour empêcher d’adhé-rer à la chaudière, les sels qui se déposent et qu’on en-lève d’ailleurs avec un chaudron. Ces sels, sont le sul-fate de potasse, le chlorure de potassium, et sur la fin
de la concentration des carbonates de potasse et do60 ude. Ces sels sont séchés et vendus séparément.
La lessive arrivée à 45 degrés est versée dans desrefroidissoirs et y reste 24 heures, là s’achève le dépôtdu sulfate de potasse et du chlorure de potassiumqui cristallisent sur les parois. Ainsi débarrassée d’unegrande partie des sels étrangers, la lessive dépotasse estconcentrée de nouveau et empâtée dans un jeu de bassinesde fonte; c’est dans celle la plus rapprochée du foyerqu’a lieu la calcination à feu nu, calcination qui exigedes précautions pour éviter la formation de ' ^ûtes,qui, eu se brisant, occasionnent des projections très dan-gereuses pour les ouvriers. La potasse ainsi calcinéeestlivrée au commerce au titre de 62à63°. Elle contientde la potasse caustique, des carbonates de potasse et «lesoude (ce dernier en assez faible quantité), du sulfatede potasse, du chlorure de potassium, un peu de fer etdu sulfure de potassium. Ce sulfure de potassium, quinuit beaucoup à la qualité de la potasse, provient évi-demment en partie de la réduction des sulfates pendantla cuite et aussi de l’absorption par la potasse de l’acidesulfureux produit par la combustion de la bouille;enfin, il est très possible, comme nous l’avons dit plushaut, que la graduation donne aussi naissance à dusulfate de potasse, nécessairement plus réductible quele sulfate. Comme ou le voit, il y a encore des amélio-rations à réaliser dans cette fabrication. . a. mallet.
SOUDER. — fer a souder. Une petite masse decuivre, et quelquefois d’acier, fixée à l'extrémité re-courbée d’un manche de fer que termine à l’autre boutune poignée de bois, telle a été l’origine, et presque jus-qu’à ces derniers temps, l’outil désigné sous le nom defer d souder. Pour la plupart des métaux, tels que leplomb, le zinc, le cuivre mince, le fer-blanc, on rap-prochait et l'on superposait les parties à réunir ; puisavec le fer à souder, préalablement chauffé dans unbrasier de charbon, on fondait à l’endroit de la super-position un métal d’un degré plus fusible servant desoudure, et Von opérait ainsi ce qu’on pourrait appelerune sorte de*collage mécanique.
On comprend que tout au moins cette manière dechauffer le fer à souder était défectueuse. Le brasierportait avec lui des dangers, ainsi que le démontre,eutre autres exemples, l’incendie de la cathédrale deChartres . Les vapeurs de charbon ne sont pas des plusfavorables à la santé des ouvriers ; enfin, et surtout, lochauffage ainsi obtenu est inégal et imparfait, à ce pointque le refroidissement ayant lieu dès que l’on opère, lefer à souder n’est au degré de chaleur voulue que pen-dant l’intervalle d’une seconde, le temps de passer d’unetempérature trop élevée à une température trop basse.
M. Desbassayns de Richemont, l’inventeur de l’appa-reil que nous avons décrit et représenté à l’articlo Cha-lumeau aérhydrique, a obvié à tous ces inconvénients dela manière la plus heureuse.
Un dessin ne nous sera pas indispensable, si nousnous reportons à ce que nous avons dit du chalumeauaérhydrique. Qu’on imagine en effet que la tige N N N(voir la figure 397) soit remplacée par le manche creuxd’un fer à souder, et que la petite masse de cuivre quidoit le terminer soit fixée au-dessous de l’extrémité dogland par lequel sort le mélange enflammé. Dès lors,l’ouvrier, ayant réglé la flamme, tient dans ses mainsun fer à souder, chauffé précisément au degré désirable,et qui peut y être maintenu pendant des journées en-tières sans qu’il soit besoin de l’échanger ou de l’aban-donner un seul instant; de là résulte une triple écono-mie de main-d’œuvre, de combustible et de difficultésdans le travail. A l’heure du repos, on ferme les robi-nets, et toute dépense cesse en même temps que dispa-rait toute cause de danger d’incendie. Four le chauffagedes fers à souder dans les ateliers, la flamme du cha-lumeau aérhydrique peut même être remplacée, le plus