SOUDER.
SOUFFLER LE VERRE.
souvent avec avantage, par une flamme produite avecle gaz de l’éclairage public, au milieu de laquelle estinsufflé un jet d’air. Il faut pour cela modifier la con-struction intérieure du manche creux, qui se composealors de deux tubes excentriques. Tout Paris a pu voirdans l’atelier de fabrication de lampes de MM. Leva,vasseur, rue Montmorency, la première application dece dernier procédé. L’épreuve a été décisive, et l’impos-sibilité d’avoir à Paris le gaz pendant le jour, et parconséquent U nécessité d’un emplacement pour les ga-zomètres alimentés de nuit par les compagnies, a seuleretardé l'adoption générale de ce mode de chauffage desfers à souder, dans toutes les industries qui ne peuventencore se servir de la flamme directe.
soudure autogène. M. Dôsbassayns de Riche-mont a nommé ainsi la soudure d’un métal par lui-même, obtenue avec le seul intermédiaire de la chaleur,sans le secours d’un autre métal ou alliage plus fusible.
La soudure autogène du plomb, par exemple, consistedoue dans la réunfon du plomb à lui-même, de tellesorte qu’il n’y a pour ainsi dire plus soudure dans l’ac-ception ordinaire du mot, mais bien reconstitution deplusieurs pièces de plomb en une seule et même masseparfaitement homogène, et dont aucune partie ne peutêtre distinguée du reste par l’analyse chimique. Ce ré-sultat est facile à obtenir à l’aide du chalumeau aérhy-drique. Au besoin, le lecteur peut recourir à la descrip-tion que nous avons faite de cet instrument, page 629,et nous prendrons pour point de départ Y outil de feu ,le dard de flamme, intense, mobile, réglé à volonté, quenous a donné l’appareil dont nous avons indiqué le facilemécanisme. Pour souder le plomb sur lui-même, l’ou-vrier place bord à bord les parties à réunir, il les dé-cape avec le grattoir, en appuyant sur l’arête de ma-nière à enlever un peu plus que la partie salie ouoxydée *, et, tenant d’une main une mince lanière ou ba-guette de plomb décapé et de l’autre main le dard deflamme, il opère, en avançant assez rapidement, la fu-sion simultanée des deux parties rapprochées et de l’ex-trémité de la baguette, si bien que celle-ci rétablissantce qui a dû être enlevé sur les arêtes par le grattoir, laréunion se trouve complète et ne saurait même, si l’ou-vrier est adroit et si on y attachait d’ailleurs quelque im-portance, être reconnue par des yeux exercés. Avecquelques dispositions particulières et certains tours demain, difficiles à décrire, pour les soudures verticales,les soudures d’angles, les nœuds, etc., il n’est pas dedifficulté qui, au moyen du chalumeau aérhydrique, nedevienne bientôt un jeu d'enfant.
De la simple définition que nous avons donnée dessoudures autogènes, il résulte nécessairement qu’ellessont à l'abri des chances de pertes, qui, dans l’anciensystème, avaient pour causes les différences de dila-tation du plomb et de ses alliages avec l’étain, diffé-rences qui se font particulièrement sentir dans lesgrands froids ou à des températures élevées ; les actionsélectro chimiques qui se développent dans certainescirconstances, par suite du contact de deux substancesmétalliques hétérogènes^ les réactions extrêmementénergiques qu’exercent sur les alliages de plomb etd'étain une foule d’agents chimiques qui n’attaquent pasle plomb ; la grande fragilité de ces mêmes alliages,qui, à chaud surtout, se brisent’quelquofois au moindrechoc ; la difficulté de faire bien prenare et adhérer l’an-cienne soudure à la surface du plomb, oit elle n’est par-fois qu’à peu près scellée sans que l'ouvrier puisse le sa-voir; enfin l’emploi de la résine, qui si souvent masquepour un temps des fuites très prononcées.
Mais c’est surtout pour les arts chimiques, et notam-ment pour les chambres de plomb servant h la fabrica-tion de l’acide sulfurique, que la soudure autogène estd*un usage indispensable. Avec elle plus de difficultéspour la confectïou en plomb pur des cornues, flacons,
bassines, chaudières, bacs à dérocher, cristallisoirs,serpentins, vases ou barriques pour le transport desacides, etc. Vent-on avoir réunies la résistance chimi-que du plomb et la résistance mécanique du fer, ducuivre, du boiB ? un simple recouvrement en plombsoudé sur lui-même sur un vase quelconque fait avecl’une de ces matières, présente ce double avantage.Aussi toutes les fabriques de produits chimiques ont-'elles trouvé un précieux secours dans l’emploi de l’ap*pareil aérhydrique. Les fabriques d’acide sulfurique,surtout, lui ont fait bon accueil. On sait que les éta-blissements dans lesquels cet acide est fabriqué sfccomposent d’appareils ou séries de chambres en plomb,qui présentent habituellement une capacité de 750 à4500, et quelquefois de 6000 à 7500 mètres cubes, et iln’est aucune de ces fabriques dont la construction n'em-ploie plusieurs milliers de kilogr. de soudure à l’étain. Lecontact constant du plomb et de la soudure avec l’acidesulfurique, et surtout avec les vapeurs nitreuses, pro-duit des réactions tellement énergiques, que peu detemps suffit pour déterminer de nombreuses fuites, quifinissent par mettre hors de service sinon l’intégralitédes appareils, du moins une partie des chambres qui lacomposent. Aussi les fabricants étaient-ils obligés cha-que année à des réparations ou à des reconstructionspartielles, d’autant plus coûteuses qu’elles entraînentavec elles tous les frais de démolition, échange deplomb, chômage et remontage des appareils. Tout celaa disparu avec la soudure autogène, et la moindre fuite,s’il s’en déclarait une, pourrait être réparée à l’instant,fut-ce même pendant le travail des chambres.
SOUDUBE DU PLATINE, DE L ? OR, DE L’ARGENT,du cuivre. Ce que nous venons d’indiquer pour lesréparations instantanées des chambres de plomb dans lesfabriques d’acide sulfurique, s'applique également àucas où une perte se déclare dans la chaudière de platineà concentrer. Au lieu d’arrêter les travaux, de démonterla chaudière, de l’envoyer à l’atelier de réparation, etde perdre ainsi beaucoup de temps et d’argent, l’ou-vrier peut à l’instant même où une fuite se déclare, laréparer sur-le-champ avec un 61 d’or et la flamme aé-rhydrique. Les soudures des objets d’or et d’argent offrent en général la même facilité d'exécution. Mais iln’en est pas toujours ainsi pour ce qui regarde le cui-vre, à cause des fortes épaisseurs des objets à souder.Le chauffage étant ralenti d’autant, la conductibilitédu métal fait perdre une grande partie du calorique.11 faut donc, quand il s’agit de faire sur place uneréparation à une forte pièce, à une locomotive parexemple, ou à des charnières à sucre, appareils dechauffage à la vapeur, etc., prendre de très grandesprécautions pour concentrer d'abord, par l’emploi decharbon allumé et de terres réfractaires, une certaineélévation de température sur un même point. Un dardde flamme puissant et bien alimenté peut alors déter-miner d’une manière sûre la parfaite fusion de l’alliagequi, dans les cas semblables, sert de soudure. Des re-cherches utiles, en vue de faciliter les opérations de cegenre, opérations si coûteuses par suite du démontage,nous paraissent pouvoir être faites par les ingénieurs deschemins de fer. Cette, dernière partie de la questionvaut bien la peine qu’on y con-acre quelque attention,et nous la croyons de nature à récompenser dignementun succès définitif. J. delbruck .
SOUFFLET , SOUFFLERIE. YoyezMACHiNE soufFLANTE.
SOUFFLER LE VERRE. On a déjà parlé de lalampe d’émailleur, page 4 318, mais sans entrer dansaucun détail sur la construction des instruments enverre, et le travail des petit» objets d’ornement en ver-res colorés ou en émail. L’importance de ce sujet nousoblige à y revenir ici pour expliquer avec soin la mar-che à suivre dans quelques-unes de ces opérations. Les