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SOUFFLER LE VERRE.

SOUFFLER LE VERRE.

exemples que je choisirai suffiront pour mettre le lec-teur attentif en état d’exécuter lui-même les appareilsdont il pourrait avoir besoin.

La lampe A (fig. 2365) est en fer-blanc, elle repose

dans une cuvette B, destinée à recevoir l’huile quipourrait s’écouler et à l’empêcher de se répandre. Cettelampe est placée sur une table en bois (6g. 2366), au-dessous de laquelle est solidement fixé sur deux tra-verses un soufflet à double courant d’air, mis en jeupar une pédale. Le chalumeau C (fig. 2365), formé d’untube conique en fer-blanc, ou d’un simple tube de verreeffilé et convenablement recourbé, est fixé, au moyend’un bouchon de liège percé, dans le tube D qui apportele vent du soufflet et qui débouche près du bord de latable comme on le voit fig. 2366. On dispose dans un

petit tiroir, placé sous la table, des ciseaux, quelqueslimes, de petites tiges de métal, des bruxelles, et quel-ques morceaux de pierre à fusil qui complètent l’outil-lage de la lampe du souffleur

La mèche, formée d’un faisceau de fils de coton sanstorsion, passe à travers une ouverture circulaire, pra-tiquée dans le couvercle de la lampe et destinée à larecevoir. Le diamètre de la mèche dépend de la gros-seur du verre; il doit être à peu près égal à celui desplus gros tubes que l’on veut travailler, et varie, parconséquent, de 4 à 4 centimètres. L’ouverture du cha-lumeau doit être en rapport avec la mèche, il suffit delui donner de 0",0005 à 0*,0018 de diamètre pour lesmèches comprises dans les limites que nous venonsd’indiquer. On fait d’ailleurs varier, suivant le besoin,l’intensité du vent du soufflet en le chargeant d’un poidsplus ou moins fort. La hauteur de la mèche, au-dessusde l’huile, ne doit pas dépasser i ou 2 centimètres. Ondoit donc toujours entretenir la lampe à peu près rem-plie d’huile.

Toutes les huiles peuvent être employées dans lalampe. L’huile de colza épurée est cependant la plusconvenable. Quelques ouvriers trouvent avantageux debrûler un mélange d’huile -et de graisse, qui paraitdonner un feu plus chaud que celui fourni par l’huileseule.

Quand on veut se servir de la lampe, on allume la

mèche après l’avoir imprégnée, pour plus de facilité,d’un peu d’essence de térébenthine ; on la mouche avecdes ciseaux pour enlever les flammèches, on la partageen deux parties par une ligne située dans le prolonge-ment du bec du chalumeau, et enfin on met le souffleten mouvement. Si la mèche et le bec du chalumeausont bien disposés, l’un par rapport à l’autre, ce quel’on obtient facilement après quelques tâtonnements, ilse produit un jet de flamme, dirigé dans le prolonge-ment du chalumeau et au milieu duquel on expose lestubes que l’on veut travailler. La flamme doit être vive,pas trop longue, et produit dans ce cas un bruit carac-téristique que l'on reconnaît bientôt.

Avant de décrire la construction des instruments,nous devons indiquer quelques précautions que l’on doittoujours observer et parler des opérations les plus or-dinaires du travail qui nous occupe.

Les tubes que l’on emploie doivent être, autant quepossible, bien réguliers, sans bulleg ni nœuds. On lesplace par ordre de grosseur 6ur des tablettes horizonta-les, et non pas, comme on le fait quelquefois, deboutou supportés seulement par leurs extrémités sur deschevilles en bois; car, dans ces deux dernières posi-tions ils prennent à la longue, par l’action de la pesan-teur, une courbure sensible, qu’il est ensuite assez dif-ficile de leur faire perdre. On doit toujours essuyer etsécher avec soin les tubes avant de les chauffer, et neprésenter que peu à peu ceux d’un gros diamètre à l’ac-tion de la flamme,-qui les ferait briser sans ces précau-tions. Les tubes de cristal (verres plombeux), que l’onest quelquefois obligé d’employer, noircissent quand onles expose longtemps à l’action du feu. On rend cettealtération moins rapide en mettant sur la mèche, avantde l’allumer, un peu d’eau de savon.

On peut employer, pour couper les tubes, un grandnombre de moyens. Nous en signalerons quelques-uns.On coupe les tubes d’un petit diamètre en y faisant untrait avec une lime tiers-point, ou un morceau de pierre& fusil; en appuyant à faux dans l’endroit où on a faitle trait, on détermine facilement la rupture. Les tubesplus forts présentent un peu plus de difficulté : on estobligé de prolonger le trait de lime sur une partie de lacirconférence et de déterminer la rupture en approchantun charbon incandescent, ou bien un anneau de ferrouge, avec lequel on touche le tube, légèrementmouillé d’avance, au point où l’on veut produire lacassure. Quelquefois on se borne à entourer le tubeavec un fil imprégné d’essence de térébenthine qne l’onallume, et on le touche avec le doigt mouillé au mo-ment où la flamme s’éteint. Les moyens que nous ve-nons d’indiquer sont les plus simples et nous n’en indi-querons pas plusieurs autres de même espèce, qui peu-vent être également suivis. Nous dirons seulement quepour les tubes gros et épais, les cols de matras, etc., laméthode la plus sûre consiste dans l’emploi d’une rouede graveur sur verre, ou, à son défaut, dans celui d’unfil mince de cuivre ou d’acier, monté sur un archet, etauquel on imprime un mouvement de va-et-vient, aprèslui avoir fait faire un tour sur le tube, et avoir déposésur ce dernier un peu d’émeri, mouillé avec de l’huileou de l’essence de térébenthine.

Quelle que soit la méthode employée pour couper lestubes, leurs extrémités ouvertes ‘doivent presque tou-jours être bordées , c’est-à-dire adoucies et légèrementfondues par l’action de la chaleur ; on y parvient faci-lement en présentant à la flamme de la lampe le borddu tube. Quelquefois on évase légèrement l’ouvertured’un tube, en appuyant et en tournant dessus une pe-tite tige métallique a (fig. 2367).

Pour courber les tubes d’uu petit diamètre, on leschauffe à la lampe, au rouge sombre, sur une certainepartie de leur largeur et on les plie alors avec la plusgrande facilité suivant la direction voulue. Cette opé-